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EXPLOITATION DES MIN£S DE FBR

MIE QUI EXPOSE A DB GRAVES DANGERS BT QUI EST FOR- MELLEMENT INTERDITE PARTOUT AILLEURS. Cc dernier fait prouverait que les visites d'inspection ne sont pas fréquentes dans les mines de M. de Poorter ou qu'elles sont conduites de façon plutôt sommaire. Ajoutons que M. de Poorter, tout à fait incompétent dans les questions minières — puisqu'il est, de son métier, armateur — emploie, bien entendu, des machines étrangères, lesquelles, au dire de personnes compétentes, ne seraient pas de première qualité. Si, dans ces conditions, la mine de Jurques fonctionne longtemps sans aléa et sans accident, c'est que M. Jos. de Poorter aura pour lui une heureuse étoile.

On se soucie aussi peu à Bourberouge qu'à Jurques de se conformer aux règlements concernant les mines.

Pas plus qu'à Jurques, il n'y a ici de société de secours mutuels réellement en vig^ueur, ni de cités ouvrières, ni d'écoles, ni de coopératives d'aucun genre. La mine, éloignée pourtant de tout centre industriel, ne possède même pas un atelier de réparations mécaniques, absolument nécessaire, quoique le directeur, le maître-mineur et les ouvriers ne cessent, depuis le début, d'en réclamer un. Les marteaux pneumatiques — outils indispensables au mineur — sont ici en nombre insuflisant. Dans toute exploitation bien conduite, on possède non seulement les outils immédiats, mais encore des outils de rechange, afin de parer à toute éventualité et d'éviter le chômage inutile.

Chose plus forte, Bourberouge nb possède même

PAS de tuyaux de rechange pour LES CANALISATIONS d'eau, de telle SORTE QUE SI l'uN DE CEUX-CI VENAIT ▲ SE ROMPES, LA MINE COURRAIT LE RISQUE d'ÂTRB

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INONDÉE. Les ouvriers se sont plaints maintes fois de ces dangereuses conditions de leur travail. Il y a eu des grèves, des renvois et il y a toujours de nombreux mécontents. Je demande ici, comme pour Jurques, à quoi pensent les inspecteurs des mines quand ils font leurs visites réglementaires à Bourberouge. Je le demande aussi au ministre des Travaux publics, auquel il est évidemment très facile de vérifier les détails ci-dessus, et aussi de savoir si, à Jurques, les soupapes des machines sont calées ou NON. Jean Dupuy me répondra peut-être qu'en sa qualité de membre d'un cabinet « national » , il est d'avis, comme son compère Fernand David, que le service de l'Allemagne et les intérêts de la maison Krupp passent avant tout. Je lui objecterai aussitôt qu'il ne devrait pas s'étonner le jour prochain où un épouvantable accident viendrait le rappeler au sentiment des réalités et à l'observation des règrlements, même quand il s'agit de l'envahisseur étranger. En tout cas, il ne pourra pas alléguer l'ignorance. Le voilà prévenu.

Cette situation tranche avec celle des exploitations vraiment françaises en ces mêmes régions, chez lesquelles tout se passe de la façon la plus correcte, la plus normale et la plus humaine.

Il est bon de faire remarquer, enfin, qu'en dehors des actionnaires français éventuels — car M. Jos. de Poorter daijne faire appel, dans les journaux spéciaux, à notre crédit public, et c'est même à ce titre que je le mets en cause — tout est étranger dans l'entreprise de la Société Française des Mines de fer^ et pas un sou ne peut en revenir à notre pays. En effet, j'ai dit que M. de Poorter était armateur. Ce «ont se» bateaux qui em{)ortent de Caen notre mine-

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rai de fer, pour le livrer à l'excellent Krupp. Ce sont ses bateaux qui apportent à Caen le charbon de grillage nécessaire à son exploitation. La municipalité de Gran ville est ainsi prévenue de ce qui l'attend, le jour où M. de Poorteraura obtenu d'elle l'amodiation du port, et ce serait une illusion de croire que la vieille cité maritime retirera de cette opération le moindre profit. J'insiste sur ces points qui paraissent secondaires, afin de bien montrer la fausseté de l'argument d'après lequel l'exploitation intensive par l'étranger serait une source de richesses pour les régions ainsi exploitées. Des magistrats ou fonctionnaires locaux malhonnêtes peuvent, à l'occasion, tirer profit de cet envahissement, si dangereux au point de vue national. Mais les habitants eux-mêmes, les autochtones n'ont à en attendre que des déboires et de graves déceptions. On l'a déjà vu, on le verra encore de plus en plus. Les Thyssen, les de Poorier, les Lucien Baumann traitent la France — sol et habitants — comme le chercheur d'or traite la région sur laquelle il s'est abattu, plein de convoitise et de hâte. Leurs entreprises peuvent avoir, derrière la visée financière, une seconde visée métallurtri({ue, politique ou militaire. Elles sont exhaustives et gaspilleuses. Elles ne comportent point ce caractère de modération, de solidité, de précision et de durée qui n'appartient, dans chaque pays, qu'aux natifs de ce pays, auxquels sont permis les longs desseins et la longue sécurité, qui n'ont rien à dissimuler ni à taire.

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société des minbs de diéletth et de flama.nv1llb

(Mamchb)

L'exploitation des Mines de Diélette et de Fiamanville appartient au chef d'indastiie allemand Tliyssen, lequel figure en nom propre au conseil d'administration et alimente en minerai la maison Krupp, avec laquelle Auguste Thyssen a passé toute une série de contrats.

De VAnnuaire des Sociétés par actions nous extrayons ce qui suit :

SOClIiTÉ DES MINES ET CARRIÈRES DB FLAMANVILLB (MANCHE)

Société anonyme. Siège social : C, rue Blanche.

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