‹ L'avant-guerreChapitre 55 sur 59 · UNE PRAIRIE · texte numérisé non relu

UNE PRAIRIE

dite • Le* Allieuw •

Swe ban de Moncet-i.-Srille [Meurthe-et-Moselle) , d'une contenance de 21 h. 27 a. 21 c.

environ.

Mise à prix : 25.000 franc».

Les enchères s'ouvriront sur

LICITATI0N8-VKRKAUP

Am Donncrstag dcn 24 Oktobcr 1"J12, um 3 Lhr Narhmiltag.s, im Saale des Gemeindehauses von Moncel-sur- JSeille wird durch œffentliche Vcrstcigerung verkauf :

BINE WIESB

« Le» Allieux » genannt

wclche sioh auf dem Gebiete von Monccl-sur-Seille (M.-et- M.) befindet und 21 Hekiar, 27 Ar und 21 Centiar gros»

ist.

Netto-Prcis : 25.000 fr.

Die Versteigerung wird voi

élABLISSEMBNTS INDUSTRIELS ALLEMANDS 263

Si dramatique qu'elle soit, en raison des circonstances que nous traversons et des détails qu'elle donne, je veux vous citer ici les principaux passages de la lettre d'un « Toulois » bien renseigné et que sa profession met à même d'exposer nettement l'Avant- Guerre :

« Nancy, ville ouverte, ne peut offrir de résistance à l'armée allemande. La « division de fer » se fera héroïquement hacher pour couvrir la mobilisation ; le fort de Frouard retardera quelque temps peut-être le flot ennemi, venu de Metz et de Château-Salins; puis, tout de suite, les Allemands se heurteront aux forts de Toul. Le Saint-Michel domine la ville, puis,

la mise à pnx ci-dessus fixée par le Tribunal, aux clauses et conditions du cahier des charges dressé par M* Marc, notaire, et déposé en son étude où toute personne peut en prendre connaissance sans frais.

Les frais faits pour parvenir à la vente sont payables par V acquéreur en déduction de son prix principal d'adjudication.

Pour tous renseignements, s'adresser: à M* Marc, notaire à Nancy, rue Saint-Dizier, 20 ; à M* Barthélémy, avoué à Nancy, rue de la RIonnaie, 5, ou à M* Jacops, avoué à Nancy, 7, rue Dom-Calmet.

L'avoué poursuivant, H. Barthélémy.

diesem Preise abgehen, welcher, vom Gerichte festgesetzt wurde und den Bedingungen des Submissions-Heftes entspricht. Letzteres ist inder Registratur des Herrn Notars Marc ohne Kosten sichtbar.

Die verursachten Kosten bis %um Verkaufstage icerden vom Ankaeufer betahlty und, vom Versteigerungspreise abgezogen.

Auskunft geben Herr Marc, Notar, 20,Saint-Dizier-!Strusse, Herr Barthélémy, Rechtsanwalt in Nancy, 5 Munz- Strasse, oder Herr Jacops, Rechtsanwalt, in Nancy, 7, Dom-Culmot-Strasse.

Der verfolgende

Rechtsanwalt.

H. Barthélémy.

Je tiens ce document écrasant à la disposition des incrédules, de ceux qui ne veulent pas croire que la République est le gouvernement de l'Étranger.

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tout à côté, la côte Barine. Ensuite, vers le sud, vers, Neufchâteau, ce sont les forts de Domgermain, d'Ecrouves, de Blénod, et, plus loin, Pagny -la- Blanche-Côte, Bourlémont, etc. Sur les flancs des collines croissent des vignes qui donnent un petit vin au bouquet discret et délicat.

« Hélas! là-bas aussi, la terre se meurt. On déserte les vignes. Des usines établies depuis peu à Foug drainent les paysans jusqu'à Barisey et plus loin : ils abandonnent leurs terres, et déjà telle côte de vignes, jadis fameuse, celle du Saint-Micbel par exemple, se transforme en friches. Mais cette terre qui meurt, comme une pauvre vieille mère qu'on abandonne, attire la convoitise des Juifs et des Allemands. Ils la possèdent; ils la violent, et demain ils la livreront, si j'ose dire, pieds et poings liés, aux armées teutonnes.

« Parlons d'abord des Juifs. Les plus puissants de la contrée sont les Bernheim. Il y a cinquante ans, ils étaient sordides et misérables. Leur mère allait dans les villages du Toulois porter quelques livres de viande sur sa hotte, et les fils y allaient chercher les peaux de lapin. La guerre de 1870, qui ruina tant de Français, fut le point de départ de leur fortune. Aujourd'hui, ils sont les rois du pays. L'un d'eux possède un ou même phisieurs hôtels au faubourg Saint- Germain! D'autres habitent à Toul, sur l'ancienne place Dauphine, — aujourd'hui place de la République, — un véritable petit palais. Pendant trente ans, on peut dire que pas une vente d'immeubles ne s'est faite sans eux. Ils tiennent des villages entiers par les dettes. Grands électeurs à Toul, ils ont fait nommer dans ce pays patriote le F.'. Chapuis, aujour d'hui sénateur, qui se prévalait de sa conduite en 1870,

ÉTABLISSBMENTS INDUSTRIELS ALLEMANDS 265

OÙ il fît le coup de feu (comme tout le monde, d'ailleurs), pour pouvoir sans trop de risques soutenir le « régime abject » des André et des Pelletan, et se faire l'apologiste de l'ignoble système des fiches. Ce F.*, s'est fait remplacer à la députation par un certain Denis, anticlérical borné, maire de la ville, dont un fait vous montrera la mentalité. Aux inventaires, cet ex-enfant de chœur, cet ex-habitué des sacristies, se conduisit en goujat, entrant dans les églises chapeau sur la tête et cigarette à la bouche, malgré les protestations des catholiques indignés.

« Placée ainsi sous le joug des Juifs et des Francsmaçons, comment voulez-vous que cette malheureuse région puisse se défendre contre l'ennemi de l'extérieur ? Aussi, continuellement, des affaires d'espionnage couvent dans le pays. L*an dernier, deux surtout firent du bruit : l'une se passa du côté de Trondes, l'autre à Toul même, dans un hôtel.

« L'audace des espions est extraordinaire. En voici un exemple. A Blénod-lès-Toul, il y a un fort très important, faisant partie du secteur sud de Toul : c'est la batterie de VEperon. L'accès, l'approche même du fort sont sévèrement interdits aux Français, aux gens du pays, mais la consigne n'existe pas pour les Prussiens. Je puis vous certifier que pendant plusieurs mois, cette année, un jeune homme, réseirviste allemand, peut-être m,ême gradé, pénétra dans le fort tous les jours sous prétexte d'y porter le pain. Ce scandale se poursuivit, encore une fois, une partie de cette année, jusqu'en juillet ou août, malgré les protestations des habitants. Le village est traversé par la route nationale qui va de Nancy à Orléans. Le long de la route s'échelonnent plusieurs moulins ou fermes. Parmi celles-ci, l'une, près des Quatre-Vaux, a^

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été achetée il y a quelque temps par des Prussiens. Ils viennent de la quitter pour s'installer plus près de Pag ny -la-Blanche- Côte, à Gibeaumeix. Une autre famille vient d'occuper non loin de là une laiterie à Rigny -la-Salle. Une famille d'anabaptistes habite la ferme de Saint-Fiacre, à proximité des forts de Bié/iodetde Domgermain. Les environs de la redoute d'UruffCy du fort de Pagny ^ de Vaucouleurs sont aussi occupés par les Allemands, qui ont acheté les grosses fermes de Gomhei^aux, de Septfonds et de la Biscotte.

« Une route conduit du fort de Blénod à la redoute d'Uruffe. Elle traverse des forêts, dont l'une, la forêt de Dumast ou bois Dumast^ a été achetée il y a quelques années par des Prussiens qui l'exploitèrent à blanc étoc. Ces barbares, dont presque aucun ne parlait notre langue, trouvèrent là le moyen de satisfaites leurs instincts .mticatholiques et antifrançais. Au fond d'une vallée boisée, dans une clairière fort pittoresque, s'élevait une antique chapelle dédiée à sainte Menne, sœur de Charlemagne. De temps immémorial, les villages voisins : Blénod, Vannesle-Châtel, Uruiïe, BuUigny, Allamps, etc., y venaient en pèlerinage. Les lendemains de preiuière communion, les lundis de Pâques, de Pentecôte, on y chantait les vêpres, puis sous les yeux de leurs parents, les jeunes gens du pays dansaient sur le gazon. La Séparation et les Prussiens ont passé par là : la chapelle fut désaffectée, puis les Prussiens en firent un abri pour leurs bûcherons. Et, après avoir tout le jour abattu les beaux arbres de la forêt de Menne, les vandales, le soir venu pouvaient chanter leurs lieds et pousser leur c hoch » dans la chapelle, entre ces murs où défi générations de paysans français étaient

venues prier la Vierge au jour de leur première communion. Il y avait des bas-reliefs fort curieux qui représentaient la Nativité. Les Prussiens s'en emparèrent pour les vendre à vil prix. Le curé de Blénod, un artiste, put soustraire à leur fureur et à leur rapacité une Vierge de Pitié extrêmement ancienne et quelques ornements. Le reste, que la Révolution elle-même avait épargné, que l'invasion de 1870 avait respecté, a disparu dans l'invasion actuelle...

« On dit que nous sommes envahis; on dirait plus justement que nous sommes déjà conquis. Ici, en Lorraine, nous avons l'impression d'être enfermés dans un immense réseau d'espionnage. »

Quel plus terrible réquisitoire contre le régime criminel qui nous vaut, en pleine paix, les horreurs de l'invasion?

A Saint-Mihiel,

Dans la région de Saint-Mihiel, la question des fours à chaux de Dompcevrin et de Billemont préoccupe un grand nombre de nos compatriotes, car la région fourmille d'espions juifs et allemands.

Cela s'explique si l'on envisage son importance militaire. En effet, la garnison de Saint-Mihiel compte environ de 12 à 15.000 hommes. A Sampigny se trouve le fO" chasseurs à cheval, venu récemment de Moulins ; à Lérouville se trouve le i54^ d'infanterie. Lérouville est tête de ligne, vers Sedan, sur la ligne Paris-Avricourt. Toute la région est sillonnée par la Meuse, canalisée ou non, par la ligne de Verdun-Sedan. Elle est hérissée de forts [Les Paroches — Camp des Romains) et, plus à l'est, Liouvillef

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avec la batterie de Saint-Agnantj Gironville. Ces forts rejoignent le système de Toul.

Donc, les fours à chaux de Dompcevrin sont situés au nord de ce village, à trois kilomètres environ du Fort des Parodies, c'est-à-dire aux portes de Saint- Mihiel. Les troupes manœuvrent constamment dans ces parages, puisque Chauvoncourt est le quartier général de l'infanterie {150^ et 161'' de ligne; 25* et 20* bataillons de chasseurs à pieds). Ces fours à chaux, qui ont peut-être déjà huit ou dix ans d'existence, se sont agrandis dernièrement. Ils appartiennent actuellement à la Société Aumetz Fried ou Lapaix, montée par actions (valeurs en banque). Les terrains, où l'on a pratiqué des carrières, ont été vendus à vil prix. Un nouveau four a été bâti, il y a quelque temps. Les

INGÉNIEURS ÉTAIENT DE MaYENCE ET LES MONTEURS DE

Francfort. Les machines et les dynamos sortaient DE Mannheim {marque Heininch Lanz). Les petites locomotives à essence vulgairement appelées « coucous » viennent également de Mannheim. Tout le matériel de traction, rails, wagonnets, épars dans les carrières et aux abords, sur un parcours de 3 à 4 kilomètres, est originaire d'Allemagne. Toutes les

POUDRES CO.MPRIMÉES, DESTINEES A FAIRE EXPLOSER LES blocs de PIERRE, VIENNENT d' ALLEMAGNE. ToutC la

houille (briquettes comprimées) vient de Sarrehrûck ou d'Esseri {Ruhr-Kohlen-Gebiet) . Enfin, quand il y a des réparations à faire aux fours à chaux, on n'emploie JAMAIS DE maçons FRANÇAIS, mais des maçons» plus ou moins alsaciens-lorrains, de Moyeuvre. Des convois de wagons allemands se succèdent devant les fours à chaux.

Le pont de Bislée fut saboté en août 1911, au momeût de l'affaire d'Agadir. L'importance strate-

gique de ce pont sur la Meuse est considérable, et ce n'est certes pas M. le président de la République Raymond Poincaré, possesseur d'une propriété située tout près de là, vers Sampigny, qui me démentira. Le pont met en communication Koeur-la- Grande et Bislée. Il est sur piles et culées en pierres. Parapets métalliques. Plancher en madriers. Dans son milieu, se dresse une pile en maçonnerie. A chaque extrémité de la pile se trouve une chambre de mine, où Ton peut descendre par une trappe fermée à cadenas. Un des cadenas avait été enlevé, au moment d'Agadir, si bien que les enfants jouaient à la cachette dans la cavité qui communique avec la chambre de mine. Bien mieux : les chambres de mines situées à hauteur du parapet avaient été détruites, com,me les chambres de mine situées au-dessous du même parapet. Le génie, averti dc|iuis quatre jours par le gardien du canal, fit enfin réparer le malheureux pont.

Par ailleurs, une Compagnie belge-allemande aurait mis la main sur les fours à chaux de Billem.onty situés entre Dugny et V'erdun, toujours dans la région des forts et près de la voie Lérouville- Sedan. Lesdits fours à chaux seraient prochainement transformés en hauts fourneaux pour l'exploitation du minerai (?).

Le fort de Dugny aurait à ses pieds une usine allemande — à façade belge — traversée par la conduite d'eau qui alimente le fort. Si bien qu'en temps de guerre, il serait on ne peut plus aisé de crever cette conduite et de mettre ainsi la garnison à la merci de l'ennemi. Tout se passe comme si cette usine de fours à chaux de Billemont n'avait comme destination que de gêner le fort. De l'aveu même du directeur

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Tentreprise ne rapporterait que du 2 0/0 à ses actionnaires. En effet, il faut faire monter la chaux DANS LES fours, alors qu'il est reconnu qu'un four à chaux doit toujours être installé dans le bas du gisement exploité.

On raconte qu'avant la guerre de 1870-71, les Allemands avaient ainsi envahi l'Alsace sous des prétextes industriels ou même de plaisance. C'est ainsi qu'un Badois avait fait construire un magnifique château près de Strasbourg. La guerre déclarée, un quartier général allemand vint s'installer dans ce château, où tout avait été prévu pour lui, jusquà la guérite de la sentinelle. Les Allemands n'ont pas, à beaucoup près, les qualités guerrières de» Français, mais ils ont au plus haut point le sens de l' Avant- Guerre. Depuis l'affaire du traître Dreyfus, grâce à la suppression du Bureau des Renseignements, ils ont tiré parti de toutes les ressources que leur offrait, quant à l'espionnage, le gouvernement de la République.

Dans les Ardenncs.

La ligne de chrmin de fer de Charleville à Reims doit servir, en temps de guerre, à transporter de ReimSf Épernay, Châlons- sur- Marne, Camp de Chà- Ions, des troupes sur la frontière, depuis Mauheu^e jusqu'à Longwy. Il était donc important pour les Allemands de s'en rendre maîtres.

Aussi existe-t-il à Rcthei une usine allemande « La Tbxtilose », dont les usines ne sont séparées de la voie ferrée que par un chemin départemental que bor-

dent, de chaç[ue côté, le chemia de fer et l'usine. Le chemin de fer passe, en cet endroit, à quinze mètres environ de l'usine. La gare de Rethel est à 200 ou 300 mètres. Enfin, dans un rayon de moins de 500 mètres, se trouvent plusieurs ponts.

Le directeur de l'usine est un juif venu d'Allemagne. De nombreux contremaîtres et ouvriers sont allemands. Du fait de cette installation, les querelles et bagarres sont devenues quotidiennes à Rethel, comme dans tous les endroits envahis. Je n'insiste pas sur cette conséquence forcée de l'Avant-Guerre, conséquence qui ne peut que s'aggraver de jour en jour.

La ligne de chemin de fer de Charleville sur le Nord, par Hirson, doit servir à transporter vers la frontière du nord une grande partie des troupes des 6^ et 20" corps, ou, inversement vers la frontière de l'est, les troupes venant du nord (l" corps, une partie du deuxième) et les vivres et munitions qui pourraient nous venir par mer (port de Dunkerque).

Or, il y avait autrefois à Charleville une usine d'agglomérés. Les bâtiments surplombent la ligne de chemin de fer Charleville-Hirson, Cette société fit de mauvaises affaires. L'usine fut rachetée par le Badois Himmelsbach, sous le prétexte d'installation d'une usine de créosotage.

Au cours de notre campagne contre l'espion-envahisseur dos renseignements fort intéressants ont été recueillis sur ce juif-allemand, marchand de bois, qui avait obtenu l'autorisation de déposer ses bois, comme par hasard, sur les quais militaires d'Andelot et de Riaucourt Haute- Marne) et qui, en temps de

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guerre, aurait entravé ainsi, toujours comme par hasard, les opérations de la mobilisation.

Les Himmelsbach sont de Fribourg-en-Brisgau. Le père, grand négociant en bois, a six ou sept fils, dont l'un surveille à Andelot l'exploitation à blanc des vastes forêts de M. X... Ces forêts (deux mille hectares) ont été vendues, en premières mains, aux fameux dépeceurs de bois Nathan et Bernheim, juifs soi-disant français, dont il a été fortement question à la tribune de la Chambre au moment des inondations. Nathan et Bernheim ont passé l'exploitation à un marchand de bois d'Epinal, qui aurait fait de mauvaises affaires, et ensuite, au Badois Himmelsbach*. L'exploitation dure depuis trois ans, avec une équipe de 300 bûcherons alleynands et italiens, sous la conduite d'un contremaître français nommé C... Aux dernières nouvelles, cette équipe allait se transporter dans un autre canton de la Haute- Marne, M. X... ne s' étant pas entendu avec Nathan pour la vente du dernier millier d'hectares qui lui restent.

Parmi ces biXcherons, il y avait des topographe$ qui, sous prétexte d'estimer et d'arventer les forêts à vendre, ont parcouru tout le pays levant des plans

1. Un de nos confrères a donné ces renseignements sur ce très bir.irre Himmelsbach :

« Ce M. Hinimcl9ba<h, qui parait avoir le droit perpétuel d'encombrer les quais stratégiques de France, est un indus* triel singulier qui, il y a deux ans, fit brusquement son apparition dans la Haute-Marne, et se mit à couper à tour de bras bois et forêts. Il n'emploie que de la main-d'œuvre étrangère : l'an dernier, c'étaient deb Allemands ; cette année, ce furent des Italiens. Cent dix ouvriers siciliens, qui ne savaient pas cent dix mots de français, arrivèrent cette année dans le pays. Ils débarquèrent le jour même de la fête d'Andelot ; c'était, sans doute, la participation qu'apportait aux réjouissancss \ocalss la maison Himmelsbach. •

sans se gêner. Il ferait beau voir qu'une telle organisation, composée de topographes et d'arpenteurs français, fonctionnât en Allemagne, sur les lignes de mobilisation qui font, comme on le sait, la préoccupation constante de nos voisins.

Les Himmelsbach avaient, aux environs d'Andelot, une grande usine pour injecter au sulfate et à la créosote les traverses façonnées par eux. Le gouvernement avait accepté ces étrangers comme fournisseurs exclusifs de VOuest-État et ynis à leur dispositioUj par traité, les quais militaires d'Andelot et de Rimaucourt et les gares de Manois et de Saint-Blin!.., Il serait intéressant de connaître les termes de ce traité et les noms des personnages qui avaient appuyé les Himmelsbach auprès du gouvernement. Depuis le tapage fait autour de cette effarante et scandaleuse concession et de l'encombrement des quais militaires, Himmelsbach a loué des champs à côté des gares, m,ais les quais étaient, il y a encore quelques mois, couverts de traverses et de bois en grume. Il faut donc que les protecteurs de Himmelsbach soient bien influents pour que ce Eadois n'ait pas immédiatement débarrassé nos quais militaires. Ajoutons que les juifs pullulent dans la Haute-Marne et sont en train d'accaparer littéralement le département.

Ces renseignements avaient été publiés dans V Action Française quotidienne du 14 octobre 1911, et quelque temps après on pouvait lire, dans le journal Le Bois, sous le titre « Avis au commerce », la note suivante :

On annonce que la maison allemande Himmelsbach frères va vendre son usine de créosotage et d'imprégnation des bois sise à Gudmont (Haute-Marne), à son représentant à Paris, M. Paradis, lequel forme à cet

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eiïei une société en commandite par actions sous la raison sociale « Société d'exploitation forestière et d'imprégnation des bois Paradis et C'" ».

Les Badois Himmelsbach, sentant la situation intenable, passaient donc la main. Néanmoins, avant de se réjouir de cette victoire du nationalisme français sur l'espionnaije juif-allemand, il importe de se méfier. S'agit-il d'une fin de système, d'un renoncement, ou d'une transformation pure et simple de Himmelsbach en Paradis ?

Quant à l'ancienne usine d'agglomérés de Charleville, qui, nous l'avons vu, surplombe la ligne CharlevUle-Ilirson et que Himmelsbach devait transformer en usine de créosotage, elle n'a jamais fonctionné.

Lorsque le Badois Himmelsbach eut ▲ créosoter

DES TRAVERSAS POUR LES CUEMINS DE FER DE l'EsT

ce qui d'ailleurs est un comble 1 — il le fit non pas à son usine de Charleville, mais bien à celle de Nouzon, QUI COMMANDE LA LIGNE CharlevUle-Givet, Celte usine de Nouzon est aujourd'hui transportée à Dijon.

Nul ne refusera au Badois HimmeUbach le choix judicieux de ses emplacements.

Himmelsbach continue d'ailleurs à s'oiïrir le luxe d'une usine inutilisée à Charleville. Il paie toujours ses contributions. On affirme même — mais ceci reste à vérifier — qu'il paye une redevance annuelle à l'octroi. Or, il ne peut pas prétendre que cette usine inutile en France lui serve à acquérir le droit, de fournir une administration, puisqu'il possède déjà celle de Dijon (autrefois à Nouzon). Enfin, et j'appelle sur ce point l'attention des autorités compétentes, je veux dire des autorités mifitaires, l'usine

HiMMELSBACH COMMANDANT LA LIGNE CharleVlUe-Hir' son, COMl ORTE CINQ OU SIX IMMENSES RÉSERVOIRS, NA- GUÈRE REMPLIS DE MATIÈRES INFLAMMABLES ET EXPLO SIBLES ET QUI POURRAIENT BIEN l'ÊTRE ENCORE. Cette

situation étrange rappelle ainsi celle de la gare de Délie, soumise à la fantaisie pétrolifère d'une compagnie autrichienne. Il y a quelques années, une pétition des habitants de ce quartier de Charleville, signalant le danger, fut déposée à la Préfecture. Inutile d'ajouter que la Préfecture la mit aussitôt au panier.

La ligne de chemin de fer de Charleville- Longivy vers Nancy doit servir, en temps de mobilisation, dans un sens ou dans l'autre, à un transport intense de troupes, selon les nécessités et circonstances delà première attaque.

Il y avait jadis à Douzy une sucrerie construite en 1867, par un Belge, M. L..., excellent homme, très travailleur, qui, plus tard, se fit naturaliser. Par suite du manque de main-d'œuvre, l'agriculture de la région se transforma; les pâturages et céréales succédèrent à la betterave. La sucrerie dut liquider en 1903. Le fils du fondateur racheta les terrains propres à la culture, tandis que les bâtiments nus de l'usine,

AINSI que le raccord A LA VOIE FERREE, FURENT

vendus A MM. FicHTEL ET Sachs, Kugellagerprœci-

SIONS FABRIK, A SCHWEINFURT (BaVIÈRE). Ccci 86

passait au printemps de 1907.

Notons immédiatement que les bdtiments de l'exsucrerie ne sont séparés de la voie ferrée que par la largeur de la route nationale (Paris-Metz), qu'ils sont à cent mètres de la gare et à proximité de nombreux pttits ouvrages d'art (trois ponts i moins de 200 mètres).

276 l'avant-qubrre

En 1908, plusieurs caisses lourdes et demeurées mystérieuses arrivèrent à l'usine. Des charpentiers requis furent même obligés de construire des chariots ad hoc pour les amener dans les bâtiments. Un peintre fut chargé de les tapisser de papier, aûn d'empêcher la poussière d'y pénétrer.

En 1010, un ingénieur allemand vint, muni des plans d'une nouvelle usine, fit ostensiblement effectuer des sondages, sous prétexte de prospecter la nature du sol, encore qu'on la lui eût indiquée. Il avait annoncé son retour comme imminent. Cependant, aucune suite ne fut donnée à ces travaux.

Entre temps, l'école d'aviation de Sommer fonctionnait à Douzy; on y faisait l'essai de nouveaux aéroplanes militaires. L'ingénieur allemand utilisait ses nombreux loisirs à suivre ces essais et à excursionner solitairement dans les environs. On le vit prendre des notes et de multiples photographies. Vers la même époque, une baronne (?) allemande, accompagnée d'une automobile, faisait aux officiers aviateurs maintes avances, accueillies fraîchement.

M. Fichtel, commanditaire de la société, est mort aujourd'hui, mais la raison sociale continue. Il n'est jamais répondu aux lettres adressées à Schweinfurt. Vu la belle situation industrielle de Douzy, des ingénieurs français ont fait aux Allemands des propositions de rachat très avantageuses. Les Allemands n'ont même pas daigné entrer en pourparlers. Ils ne consentent à louer leur usine à aucun prix. Les parties habitables sont concédées gratuitement ou à un prix dérisoire, à titre précaire avec clause d'éuacuation immédiate sur la demande du propriétaire. Us paient sans discuter et même avec gratification

les rares ouvriers qu'ils emploient pour le transport de leurs lourdes caisses mystérieuses. Ils ont conservé un abonnement téléphonique dont on ne voit pas bien l'utilité. Ils acquittent rubis sur Tongle leurs contributions. On en conclut qu'ils ont une raison de première importance pour conserver ces bâtiments et y immobiliser des capitaux improductifs.

En dehors de son importance stratégique quant à la voie ferrée, l'usine en question commande deux routes vers Bouillon et la Belgique.

Nous avons ainsi rapidement énuméré quelquesunes des principales forteresses industrielles allemandes installées sur notre sol et dont la position, au point de vue stratégique, présente incontestablement de très graves inconvénients pour la Défense Nationale.

Il ne viendrait à l'esprit de personne qu'une situation semblable pût exister chez nos susceptibles voisins ; ils auraient vite fait de faire déménager l'industriel français assez hardi pour aller s'installer près d'une gare importante, d'un pont, etc

Toutefois, si nous nous bornions à l'énumération précédente, on n'aurait qu'un aperçu fort incomplet de la situation qui nous est faite par les opérations allemandes d'Avant-Guerre.

Aussi devons-nous maintenant relever certaines fermes allemandes qui nous ont été signalées dans cette région comme resserrant les mailles de l'immense filet jeté par l'ennemi sur notre frontière de l'Est. L'énumération de ces fermes n'a donné lieu à aucune protestation de la part des intéressés, lors de sa publication réitérée dans V Action Française. Nous accueillerions néanmoins volontiers toute réclamation même tardive à ce sujet, à condition qiCdlc fiU accom-

l'avant-ouerre

pagnée de téynoignages positifs. Car il est trop facile île se dire « annexé » alors qu'on est en réalité d'origine et de sentiment allemands. Beaucoup des fermiers en question jouent volontiers de cette équivoque.

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