JUIF-ALLEMAND FOURMILLE DANS LA RÉGION DE DOUAI
En Seine-et-Marne,
Près de Coulommiers, à ChaufTry, s'élève une fabrique de celluloïd qui a des succursales à Villetaneuse {Seine) et à Geilles (Ain). La manufacture
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générale est à Oyonnax [Ain). Cette société serait judéo-allemande. Klle aurait pour directeurs effectifs MM. Neuuiann et Marx. Comme par hasard, à Chauffry, l'usine se trouve proche de la lit^ne stratégique de Paris à Vitry-le-François par Coulommiers, Ferlé- Gaucher et Sézanne. Pas plus que pour Siemens Scimckert, je ne dis que Neumann et Marx ont comme unique pensée la destruction de nos voies ferrées au jour de la mobilisation. Mais j'affirme, avec la dernière viirueur, que des forteresses électro- chimiques allemandes ou judéo-allemandes, dans des points vitaux au point de vue de la Défense Nationale, font courir à notre pays un grave péril.
Dans VEure.
Tout près de la gare de Serquigny se serait installée récemment une fabrique allemande de nitrates de serium.
En Champagne.
Poursuivant, au cours de ces dernières années, leur envahissement méthodique et tenace de la France, les Allemands ont inondé la Champagne. Après avoir d'abord fabriqué chez eux, à l'aide de mixtures innommables, uneffroyablejus, élégamment ba[)tisé par eux « Champagne allemand », ils ont compris que cette falsilication trop sommaire n'aurait pas de succès, même auprès de leurs compatriotes. Et Dieu sait cependant si l'Allemand est ignorant en matière de vins ! C'est même lorsqu'il a la prétention
de s'y connaître et de déguster, qu'il est de beaucoup le plus drôle... Aussi de grandes maisons allemandes se sont-elles, depuis plusieurs années, installées en Champagne même, pour y faire le commerce de ces crus célèbres, jadis richesse de la région.
Il est bien clair que les maisons de Champagne allemandes songent surtout aux nécessités de leur commerce et que leur but ne saurait être l'espionnage. Mais il est évident aussi qu'au moment d'une crise internationale et en cas de mobilisation, le gouvernement allemand utiliserait ces prises commerciales et industrielles, qu'il possède en territoire français, comme centres de surveillance et d'espionnage. C'est en ce sens que lesdites installations font partie du système de l'Avant-Guerre.
Les très rares personnes qui m'ont écrit en faveur des forteresses industrielles allemandes campées chez nous, n'ont eu que ces deux pauvres arguments :
1" La preuve que cette maison allemande n'est pas dangereuse, c'est que j'ai mis de l'argent dedans. Or, je suis aussi patriote, aussi bon Français que quiconque;
2" En faisant travailler l'autochtone, cette maison allemande collabore à la richesse, au bien-être du pays.
Le premier argument prouve seulement la légèreté ou la cupidité de celui qui l'emploie. Le second est une mauvaise raison d'esclave qui préfère l'acceptation à la révolte. La rançon de cinq milliards en 71 — on exigerait le quadruple aujourd'hui — a-t-elle collaboré aussi au bien-âtre du pays de France ?
Ce sont là de misérables défaites.
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Donc, la maison allemande IIenkell de Biehrich Wiesbaden, vient d'acquérir à Reims, pour son commerce de Champagne, un terrain dont je dirai qu'il est trop bien placé. Il se trouve, en effet, à quelque» mètres du point le plus important de la voie ferré<k entre les ponts Huet et de la Hussette. Des fenêtres de l'entrepôt en voie d'achèvement, les employcs
HABITUELS OU OCCASIONNELS POURRONT SURVEILLER TOCS MOUVEMENTS DE TRAINS MILITAIRES SUR LES TROIS DIRECTIONS DE ReIMS A ChALONS, A ChARLEVILLE ET A
Laon. C'est le professeur Paul Bonaltz, de Stuttgart, qui a fourni les plans de cette « kolossale » installation.
A quelques pas de là, se trouvent les Docks Rémois, où seraient, en cas de mobilisation, concentrées les ressources et denrées de toute la ville. Un peu plus loin et en allant, sur la carte, circulairement de gauche à droite : le parc d'artilleriey les casernes Drouet d'Erlon et de NeufcMtel, le chaynp d'aviation militaire, les m^agasins de fourrages m.ilitaires, les lits militaires et enfin les docks de concentration militaire.
En résumé, LES ENTREPOTS HeNKELL OCCUPENT LE NŒUD VITAL ET STRATÉGIQUE DE ReIMS. Si CCtte Situatiott
unique est l'effet du hasard, on peut dire que le hasard, en cette circonstance, a bien servi les intérêts allemands. Les docks Henkell vont constituer, en. effet, le meilleur observatoire militaire de Reims.
Je n'ai pas entendu dire que M. IIenkell, de Biebrich, soit en instance de naturalisation française; mais, au cas où cela serait, mes observations ne s'en trouveraient pas modifiées d'un iota. J'estime qu'il y a là une situation susceptible d'alarmer tous les patriotes, et je ne vois pas sans frémissement l'illustration réclame de la maison allemande dans Das Erho,
organe des Allemands en pays étranger. Cette vignette représente le cours du Rhin : sur une rive, les magasins Henkell, à Biehnch. Sur l'autre, les docks Henkell, à Reims. Un gigantesque compas, sur lequel est écrit Henkell Trocken, rejoint, par ses deux branches chevauchant le fleuve, la maison-mère en terre allemande et la filiale en territoire français. J'ajoute que la fabrication du vin se fait à Reim^s et la mise en bouteilles à BiebHch. D'où un va-et-vient perpétuel de matériel et de personnel.
Toujours à ReimSj près du canal, au sud de la ville, on me signale une autre installation allemande, dont le directeur, M. Max Haenlé, passe pour avoir le grade de lieutenant-colonel de uhlans. Je n'ai eu aucune confirmation directe de ce fait qui n'a pas non plus été démenti, malgré la vente intensive do V Action Française à Reims.
Passons maintenant de Reims à Châlons.
Il y a deux ans, un Allemand du nom de Ullrich, demeurant à Annweiler (Palatinat), a transporté de Nancy, 35, faubourg Stanislas, à Châlons, sa fabrique de mesures linéaires. Il a construit à Châlons, Chaussée du port, une usine où travaillent des Français, mais aussi des Allemands et que dirige un Allemand, M. Schulté.
Cette usine est à deux kilomètres environ de trois ponts qui se touchent presque, sur la Marne, le canal et un autre petit cours d'eau. La ligne de chemin de fer de Châlons-Batilly-Metz, par Verdun, passe sur ces trois ponts. Cette usine est aussi a un kilomètre DU quai militaire d'embarquement.
Je ne dis pas que MM. Ullrich et Schulté feront sauter eux-mêmes ces trois ponts ; mais la situation de leur usine allemande n'en serait pas moins une
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menace en temps de mobilisation. Car, l'un de ces
PONTS DÉTRUIT, CE SERAIT l'iMPOSSIBILITÉ ABSOLUE DE
diriger des troupes, par chemin de fer, sur Verdun bt la frontière, vbrs Briey, Tuionville ET Metz.
En Franche- Comté
Le long' de la voie ferrée qui va de Montbéliard à Besançon, à Colombier- Foyitainej se trouvent les Fonderies de VEst, autrement dit l'usine allemande Schwiedesse-n et Krehs. Il y a là, dans un site des plus importants au point de vue de la mobilisation, UN certain nombre de cités ouvrières, construites
PAR les fonderies, HABITÉES ET PEUPLÉES, EN PARTIE, PAR DES OUVRIERS ET DES CONTREMAITRES ALLEMANDS.
Les personnes qui s'intéressent à ces études n'ont qu'à se procurer la carte 114 d'état-major (type 1889) pour Montbéliard. Elles y trouveront, en bas, à gauche, la situation de Colombier-Fontaine.
Peu de jours après que j'avais signalé dans l'Action Française la redoutable installation allemande de Schwiedessen et Krobs à Colombier-Fontaine, je reçus deux lettres bien naïves et qui prouvent l'aveuglcment de très braves gens sur la question de l'espionnage. On m'y assurait que M. Schwiedessen était en instance de naturalisntion etqu'il faisaitbeaucoup <le bien dans le pays. Et puis après? La naturalisation est le truc habituel des Allemands installés en F'rance et des juifs allemands ou polonais, qui ont besoin de ce papier, délivré par le juif Grumbach, ponr conduire en paix leurs manigances.
La naturalisation laisse à rAlieinand ses droits
allemands, son cœur allemand, son instinct allemand, et au juif étranger sa juiverie, sa propension ethnique à trahir. Que M. Schvviedessen soit un très bon Allemand, je n'en disconviens pas; qu'il adore la France, c'est encore possible. Mais en quoi cela empêchera-t-il un contremaître allemand ou un officier allemand habillé en contremaître de l'usine de Colombier-Fontaine d'être tout porté, le jour de la déclaration de guerre, grâce à la fonderie Schwiedessen, pour faire sauter une partie de la voie ferrée et paralyser le transport de nos troupes ?
Le 17 janvier 1913, nous avons reçu de M. J. Maître, conseiller général de Morvillars et « principal intéressé dans l'usine de Colombier-Fontaine», la lettre suivante.
Bien que M. J. Maître ne nous en eût point demandé l'insertion dans V Action Française, en raison de l'importante personnalité de son auteur nous avons tenu à la publier intégralement.
Morvillars, 17 janvier 1913.
Monsieur Léon Daudet, Action Française.
Je suis informé que vous avez publié il y a quelque temps deux ou trois articles extrêmement violents contre une alTaire industrielle de la région, la Société des Fonderies de l'Est, Schwiedessen Krebs et €*•, à Colombier-Fontaine.
Je n'ai pas vu ces articles, mais il paraît que cette affaire est représentée comme une entreprise exclusivement allemande, ayant eu pour but d'installer au voisinage de points stratégiques des Allemands prêts à faire sauter nos ponts et nos voies ferrées.
En qualité de principal intéressé et seul commanditaire de cette affaire, je tiens à vous dire que vous avez
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été très mal renseigné et qu'un journal est coupable de foncer aceuylément^ sans savoir ce qu'il avance, sur des travailleurs qui ont apporté l'activité et l'aisance dans un coin de France.
MM. Sc/iwiedessen et Krebs sont bien réellement sujets allemands, mais libérés de toute obligation militaire et depuis longtemps en instance de naturalisation française, ayant aujourd'hui tous leurs intérêts en France. Ils y ont été amenés par une vieille maison française..., pour y exploiter des procédés spéciaux de fabrication de moulage d'acier. C'est cette maison qui a fourni tous les fonds et qui a créé l'usine. Je me suis trouvé amené par la suite à prendre sa place comme coinmanditaire. avec le concours d'une grande maison de banque française, e* il ny a pas 10 0/0 d'argent étranger dans lajj^aire. La proportion d'ouvriers étrangers est à peine aussi forte, malçré le voisinage de la frontière. Toutes les affaires se font en France, et je me demande vraiment ce que la France a à perdre à voir cette industrie spéciale vivre et prospérer sur son sol au profit de capitaux et d'ouvriers presque exclusivement français, au lieu de se développer à l'étranger comme tant d'autres.
Je me crois aussi bon patriote et d'aussi bonne souche française que qui que ce soit, et je trouve absolument grotesque et déplacé que vous présentiez cette entreprise purement industrielle comme une trahison nationale.
J'ajoute que j'ai été pendant assez longtemps un lecteur de r Action Française : je l'ai quittée à cause de viole nce de ses poloiniques personnelles inconsidérées. Je constate à regret qu'elle a encore fait des progrés dans la voie du parti pris et des attaques injustes. C'est un étrange moyen de propagande {lour ses idées.
Veuillez agréez, ^Ionsieur, mes sincères salutations.
J. Maître, conseiller général.
Je répondis à M. Maître, conseiller général do
Mormllars :
!• Qu'il eût bien fait de lire préctlablement les ar-
ticles au sujet desquels il emploie des épithètes « grotesques et déplacées ». Il faut une singulière légèreté d'esprit pour tenter de réfuter des critiques dont on n'a pas pris connaissance. C'est là « foncer aveuglément, sans savoir ce que l'on avance ».
2** Que l'instance de naturalisation de MM. Schwiedessen et Krebs, motivée si évidemment par l'intérêt de leur entreprise, comme celle de Lucien Baumann, des Grands Moulins de Corbeil, n'était pour moi qu'une raison de plus de me méfier. M. Maître, conseiller général, ne connaît certainement pas la loi allemande, en particulier Vartiendcment Delhrucky qui fait de la naturalisation un simple artifice au bénéfice de l'espion envahisseur, laissant à celui-ci tous les avantages de sa nationalité allemande. Qu'il lise à ce sujet ledit amendement dans le texte, et il sera édifié.
3" Que la faible proportion d'ouvriers étrangers -^ proportion qui ne fera sans doute que croître et embellir — était encore beaucoup trop forte aujourd'hui, à Colotnbier- Fontaine, eu égard à la défense nationale. M. Maître serait sans doute bien embarrassé pour me citer, en Allemagne, le paradoxe équivalent d'une Société française de ce type, dirigée par des Français, avec une partie du personnel française, et occupant un emplacement important le long d'une voie de mobilisation. Le Grand État-Major allemand aurait tôt fait d'y mettre bon ordre.
4* Que M. Maître, conseiller général, puisqu'il était dans ;ces sentiments, avait eu joliment raison de se séparer de l'Action Française. Il nous est tout à fait agréable de songer que nous n'avons plus parmi les nôtres quelqu'un qui met aussi manifestement son intérêt personnel, dans une affaire allemande, — doni
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il serait, d'ajprès ses dires, le principal intéressé et le seul commanditaire y — au-dessus de l'intérêt national. M. Maître était fourvoyé parmi nous. Sa vraie place est chez Schwiedessen et Krebs. Qu'il y reste!
Les commentaires qui accompagnaient la publication dans notre journal de cette première lettre de M. Maître furent médiocrement appréciés par lui et le 24 janvier dernier je recevais cette nouvelle lettre de M. Maître, de Morvillars, « principal intéressé » des Fonderies Schwiedessen et Krebs et défenseur de ces Allemands. Cette lettre fut naturellement insérée dans VAction Française. J'en supprimai seulement, conformément à la loi, le passage final concernant un tiers. La voici :
Morvillars, 24 janvier.
Monsieur Lôon Daudet,
Action française.
Vous avez jup:é bon de publier sans prendre même la peine do m'en informer, ma lettre de renseignements du 17 janvier : je vous prierai do publier également ma réponse à vos ûbser\'ation9 bienveillantes. Je vous serais même oblij;é de m'adresser le numéro correspondant do votre journal.
Si je ne me suis pas préoccupé de me procurer vos premiers articles, c'est simplement la preuve du peu d'importance que /attachais à cos critiques. J'ai tenu néanmoins à vous renseigner un peu mieux que vous ne semblez l'être dans toute cette campagne. Vous confondez en effet deux cboses qui ne se réassemblent guère : d'un côté une maison fabriquant en France la totalité de ses produits, avec une main-d'œuvre presque exclu sicement française, et sans le moindre lien avec aucune maison étrangt^re; de l'autre, les succursales fondées en France par nombre de maisons allemandes pour donner une étiquette française à des produits
fabriqués en Allemagne au profit des ouvriers et des capitaux étrano:ers.
S ai la prétention^ en acclimatant,, en maintenant en France une industrie étrangère, de rendre service à mon pays et à la population ouvrière.
Je sais bien qu'il est de bon ton, dans certains milieux intellectuels et mondains, d'accabler de dédains les gens d'esprit assez vulgaire pour chercher à gagner de l'argent par le travail. Le malheur est que ceux qui méprisent le plus les moyens honorables de gagner cet argent sont généralement ceux qui tiennent le plus à en avoir pour le dépenser sans compter, vivant ainsi de la prospérité générale créée par les travailleurs. Les vertueux anathèmes qui sembleraient à leur place dans la bouche d'un chartreux détonnent légèrement dans celle d'un habitué du boulevard.
J'ajoute, enfin, pour ce qui est de l'espionnage, que Colombier-Fontaine n'a pas plus le caractère d'un point stratégique que tout autre endroit situé prés d'une voie terrée dans une zone de 100 kilomètres le long de la frontière. La même maison..., qui y a installé MM. Schwiedesseu et Krebs, a fondé à Moiitreux, à 40 ou 50 mètres de la grande ligne de Mulhouse à Belfort, une petite succursale avec atelier de montage, sans que les Allemands s'y soient aucunement opposés.
C'est que l'état de guerre n'est pas l'état normal et que la première condition qui s'impose à une nation pour être en mesure de se défendre en cas de guerre, c'est de prospérer dans la paix.
Vous m'engagez, en terminant, à rester en compagnie de ceux que vous avez si violemment pris à partie. Je me trouve en très bonne société avec tous ceux que vous avez attaqués et injuriés...
Recevez, je vous prie, Monsieur, mes salutations.
Maître.
Je répondis à M. Maître, conseiller général de Morvillars :
i** Que s'il n'attachait aucune importance à mes
critiques, il était bien bon d'essayer de les réfuter :
2* Que la locution e presque exclusivement » ne signifie rien. Une main-d'œuvre est « exclusiv^ement française » ou elle ne l'est pas. De l'aveu même du défenseur des Allemands, la proportion d'ouvriers étrangers dans la boîte Schweidessen et Krebs est d'environ 10 0/0. C'est 10 0/0 de trop ;
3* Que je ne voyais pas du tout en quoi cette colonie allemande, le long d'une voie ferrée importante, était capable de rendre service à la France. En revanche, je distingue très bien en quoi elle est capable de rendre service au « principal intéressé » ;
4" Que l'allusion de l'honorable M. Maître aux « habitués du boulevard » qui mé|)risent les honnêtes travailleurs, ne saurait s'appliquer au rédacteur en chef de Action française, lequel travaille de son métier et n'est pas un habitué du boulevard ;
5" Que M. Maître n'était pas juge du plus ou moins d'importance des voies stratégiques, que j'avais fondé « ma critique » sur des jugements plus autorisés et compétents que le sien, et n'envisageant, eux, que l'intérêt national ;
6" Qu'il n'est pas juge davantage de la façon dont je conduisais une polémique, et que je me moquais de ses avis, dont la niaiserie n'a d'égale que la débilité de ses raisonnements.
J'ajoutai :
Et maintenant, quelqu'un qui me paraît bien renseigné sur l'affaire de Colombier- Fontaine me prie de poser à mon tour à M. Maître les deux questions que voici, et auxquelles il aura certainement à cœui de répondre :
Première question : quand MM. Schwibdbssen et
établissbmbnts industriels allemands 257
Krebs sont venus s'installer a Colombier-Fontaine,
étaient-ils liberes du service militaire allemand ?
Deuxième question: MM. Schwiedessen et Krebs
AYANT fait UNE DEMANDE, AFIN d'aVOIR DBS FOURNI- TURES de l'armée FRANÇAISE, POUR QUEL MOTIF LEUR DEMANDE n'a-T-ELLE PAS ÉTÉ AGRÉÉE ? n'eST-CE PAS A PARTIR DE CE REFUS, ET DE CELUI-LA SEULEMENT, QU'iLS ONT DEMANDÉ LEUR FAMEUSE NATURALISATION ?
Lebruitcourt, à Colombier-Fontaine, que le terrain, sur lequel est bâtie l'usine, aurait été concédé par la municipalité aux Allemands pour une somme dérisoire. Pourrait-on connaître le chiffre d'achat ?
Enfin, le 31 janvier dernier, je recevais encore de M. Maître, une lettre qui fut reproduite dans V Action Française du 6 février suivant, après que j'en eus supprimé encore, conformément à la loi deux passages concernant un tiers.
Morvillars, 30 Janvier 1913.
Monsieur Léon Daudet, Action française.
Dans les commentaires dont vous faites suivre la publication de ma dernière lettre, vous protestez contre tout emploi d'étrangers dans une usine si elle veut garder le titre de française.
Si vous habitiez le voisinage de la frontière, vous sauriez qu'il est matériellement impossible à une industrie, même aux plus anciennes, d'y vivre et de s'y développer sans avoir recours aux ouvriers étrangers. La proportion de 10 0/0 est très faible ; dans les professions touchant aux industries du bâtiment, la proportion est considérablement plus forte. C'est tout naturel avec notre faible natalité : il faudrait arrêter à moitié toutes les mines de la zone frontière, supprimer toute entreprise de travaux publics et couper court à tout
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essor industriel, si les Belges, les Allemands, les Polonais et les Wallons ne venaient pas faire les travaux pour lesquels il ne se présente plus de Français.
Vous ne voyez pas le service rendu à la France par une industrie qui fait vivre 80 ou 100 familles françaises et apporte son contingent aux impôts et au commerce français, par suite aussi aux professions libérales qui en vivent toutes, à commencer par le journalisme. Libre à vous de nier l'évidence ; on ne peut que plaindre les aveugles.
Quant aux considérations sur l'espionnage, il me suffit de constater qu'après m'avoir mis au défi de vous citer une usine française installée le long d'une voie ferrée, vous vous gardez bien de me répondre lorsque je vous cite une succursale française à ^lontreux, près de la plus importante des voies stratégiques allemandes, et non pas, comme à Colombier, sous la surveillance directe de la gare et du village.
Vous me demandez enfin si MM. Schwiedessen et Krebs étaient déjà libérés du service militaire allemand quand ils sont venus en France. Je n'ai pas eu à m'en inquiéter puisque la question n'avait plus d'intérêt quand je les ai connus...
Je me suis simplement assuré... que mes futurs associés étaient non seulement libres de toute obligation en Allemagne, mais encore désireux d'acquérir au plus tôt la nationalité française.
Recevez, je vous prie, Monsieur, mes salutations.
Maître.
P, S. — Malgré le peu d'intérêt de cette correspondance j)our vos lecteurs, je suis obligé de réclamer de nouveau l'insertion de ma réponse à vos commentaires désobligeants. — M.
Je répondis derechef à M. Maître :
!• Sur la question de la main-d'œuvre : qu'il y avait lieu de distinguer entre un personnel étranger occasionnel suppléant au innnque de l»ras autochtones
— cas des Belges aidant aux moissons en France, par exemple, — et un personnel étranger installé à demeure, constituant, comme à C olorabier- Fontaine ^ une enclave allemande en terre française. Je sais parfaitement que la main-d'œuvre étrangère est moins exigeante quant au salaire. C'est qu'elle a moins de charges aussi ;
2' Que M. Maître ne parlait plus du capital étranger, existant cependant dans l'affaire, si j'en croyait sa première lettre, et fructifiant avec le sien propre, ce qui empêchait, même au point de vue de l'argent engagé, ladite affaire d'être « exclusivement française » ;
3* Que le vieil argument de l'avantage de Tenvahisseur étranger au point de vue de la prospérité nationale avait été réfuté mille fois et qu'il avait tout juste la valeur de la fine plaisanterie f{ui suivait, sur le journalisme tributaire de cet envahissement. L'esprit étant un luxe qu'on ne peut guère s'offrir quand on manque de logique et de persi)icacité ;
4* Que le fait exceptionnel allégué par M. Maître d'une succursale française près d'une voie stratégiipie allemande — fait dont je n'ai pas vérifié les conditions — n'amoindrissait en rien la valeur de mes observations touchant le très réel danger des installations allemandes à Colombier-Fontaiyie et ailleurs. Chacun sait, du reste, que la surveillance d'État allemande est mille fois plus rigoureuse que la française. J'en ai fourni d'innombrables exemples;
5** Que je donnais acte à M. Maître de son assurance que Schwiedessen et Krebs étaient libres de toute obligation militaire en Allemagne, mais que ma deuxième question demeurait entière, à savoir :
MM. SCUWISDËSSEN ET KrEBS AYANT FAIT UNE DE-
260 l'avànt-ouerrb
MANDE, AFIN d'aVOIR DES FOURNITURES DE l'aRMÉB FRANÇAISE, POUR QUEL MOTIF LEUR DEMANDE n'a-T-ELLE PAS ÉTÉ AGRÉÉE? N*EST-CE PAS A PARTIR DE CE REFUS, ET DE CELUI-LA SEULEMENT, QU'iLS ONT DEMANDÉ LEUR FAMEUSE NATURALISATION?
Quant à cette naturalisation elle-même, je ne puis que renouveler mon conseil à M. Maître, de se mettre au courant de la loi allemande {amendement Delhruck) qui fait de la naturalisation des Allemands un simple artifice au bénéfice de l'espion envahisseur. L'instance en naturalisation des protégés de M. Maître ne doit être pour nous Français qu'une raison de plus de nous méfier. L'Allemand m'inquiète beaucoup plus quand il est naturalisé que quand il ne l'est pas.
Pour terminer, M. Maître me permettra de lui faire remarquer qu'il a mené cette longue et vaine contestation du point de vue de ses intérêts personnels et que, pas un instant, il n'a semblé envisager l'intérêt national, le seul qui fut en cause dans ces études.
Dans la même région :
Un ligueur me signala Taffluence insolite de wagons-citernes à pétrole allemands, garés à Besançon, sur la voie ferrée allant de Dijon à Belfort, en octobre dernier et jusqu'au milieu de novembre. La structure de ces wagons-citernes était telle qu'il eut été extrêmement aisé de les vider, en quelques minutes, de leur liquide, lequel, enflammé à sa sortie, eut communiqué inmanquablement le feu à la voie et aux wagons ou ouvrages voisins. La gare de Viotte, où ceci se passait, est zone militaire, et c'est pourquoi la Compagnie du P. L. M. n'y a construit que des baraquements provisoires entièrement en
bois. Si Ton rapproche ce fait de ce que nous allons raconter, il y a là matière, ce me semble, à sérieuses réflexions et aussi à sérieuses précautions.
En effet, transportons-nous à Délie, ville française frontière sur la ligne Belfort-Bàle, par Delémont. Il est inutile que j'insiste sur l'importance militaire de la gare de Délie. Elle est connue de tout le monde. Cette gare est construite au pied d'une colline. Sur les flancs de celle-ci s'est établie la société Oesterreisché Petroleum Aktien-Gesellschaf t. Elle vend énormément dans l'Est où elle fait une concurrence acharnée au Syndicat des pétroliers. Chose étrange, elle livre son pétrole trois, quatre et même six centimes meilleur m,arché au litre que les maisons de ce syndicat, de sorte que Von se dem,ayide comment elle parvient à faire ses frais et même à réaliser des bénéfices. Mais le plus paradoxal demeure l'installation de ses cuves.
Un de mes correspondants m'a envoyé un schéma de cette entreprise que je regrette de ,ne pouvoir reproduire ici. Les trois immenses cuves de pétrole, reliées par des canalisations souterraines, aboutissent à une pompe aspirante et foulante, auprès de laquelle est le remplissage des fûts. De ce point part une
NOUVELLE CANALISATION SOUTERRAINE QUI ABOUTIT AU QUAI DES VOIES DE GARAGE DE LA GARE DE DeLLB.
La destruction de cette gare, au jour de la mobilisation, par une coulée de pétrole en flammes suivant la pente de la colline, serait donc terriblement facile. Il n'y faudrait qu'une allumette. En supposant même le conseil d'administration de V Oesterreische Petroleum animé de sentiments très français, il suffirait d'un ouvrier ou d'un faux ouvrier de ciroonstance
L AVANT-OUERRE
pour paralyser complètement le transit de la gare de Délie.
La région de Nancy.
La région de Nancy * doit plus particulièrement attirer notre attention.
1. Voici un exemple saisissant et sinistre de la pénétration allemande dans nos provinces de l'Est : c'est une affiche bilingue {françait et allemand), concernant la vente d'un terrain SIS EN Meurthe-et-Moselle. Ladite affiche a été apoo^sée en octubrc 1912 sur les murs de Nancy, ej?acfefnent comme ti la grande cille lorraine était déjà annexée à U Allemagne :
Etudes de M* Marc, notaire à Repistraturen des Herrn
Nancy, rue Saint-Dizier, n« 20, et de M* Barthélémy, avoué près le Tribunal civil de Nancy, y demeurant, rue de la Monnaie, n* 5.
Marc, Notar in Nancy, 20, Saint-DizierStr., und des Herrn Bartlielemy, Rechtsanwall am Civilf^'erichte von Nancy, 5, Munz-Slrasse.