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A Chambley, un sujet berlinois du nom de KraU

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mande une partie de la position du défilé de Saint- Benoit. Allez causer avec le propriétaire. Vous serez vite édifiés sur la nationalité des fermiers.

Si vous continuez jusqu'à Vigneullcs, où débouche la trouée de Spada, au pied des côtes, à un endroit où l'on peut atteindre à couvert les hauts de la Meuse, se trouve, à la lisière nord des bois de Creue, la ferme de VaUen-Dois. C'est encore une famille parlant allemand qu'elle abrite.

Plus au sud, à la lisière ouest des bois de la Belle- Ozière, une famille allemande possède la ferme très importante de Buocières-au-Dais. Cette ferme commande, outre un grand nombre de passages qu'il me semble inutile de spécifier, la route de Buxières à Heudicourt et la route d'Heudicourt à Nousard. Je donne ces détails précis pour les ofliciers en particulier qui voudront bien les vérifier, comme je l'ai fait moi-même, sur les quatre cartes d'état-major de la ré;iion de Commercy. Une de celles-ci manquait, il y a quelques mois, mais je p nse (ju'elle est aujourd'hui remplacée.

Depuis plusieurs mois, la ferme du Crioty sur la route stratégique entre Chaillou et Heudicourt, est f occupée par une famille que Ton dit allemande. Le pire, c'est que le réseau se resserre, et qu'on pourra bientôt dresser une carie des fermes alleinandes de la Woëvre qui montrera aux plus aveugles le plan d'investissement de l'ennemi.

loué la poche des étangs de Saint-BenoU, de la Chaussée, de la Parroi, de Doncourl, et en général de tous les étangs de la région. Cela lui donnera toutes les facilités pour se documenter minutieusement sur les points itiiéres.sants de la topo^'^a• phie p'pionale. Kratz a fait con>li une à Chanibley de vastes réserroirs où le poi.s.son attend son départ en wagons spéciaux pour l'Allemagne.

LES FERMES ALLEMANDES DANS l'jLST 287

La ferme de Méraucourt.

En plein camp des forts de Verdun^ exactement au nord des forts de Douaumont et de Vaux, se trouve la ferme de Méraiicourt que la rumeur publique prétendit longtemps appartenir à l'empereur d'Allemagne sous le couvert d'une personne interposée. Depuis le fait a été formellement contesté et Ton conçoit combien il est difficile en pareille matière de se reconnaître au milieu des affirmations contradictoires qui parviennent à l'enquêteur de tous côtés.

Ce qui est notoire c'est qu'à la suite d'une enquête tenue fort secrète, — mais pas si secrète que les conclusions ne nous en soient parvenues — le fermier de Méraucourt fut l'objet d'un arrêté d'expulsion. La Sûreté générale avait eu la main forcée par l'autorité militaire française.

Or, sur une simple démarche auprès du ministre de l'Intérieur, cet arrêté d'expulsion fut rapporté.

Certains journaux de l'Est, et notamment le Petit Montm^édien, ayant reproduit cette information, le Courrier de la Meuse ajoutait, sous la signature de son rédacteur en chef :

Méraucourt est un écart de la commune de Bezonvaux du canton de Charny. Cette ferme est située à proximité des forts de Tavannes, de Douaumont et des principaux ouvrages de la défense de Fleury et de Souville.

M, Bidon, qui l'habite avec son père, est, en effet, un Allemand très distingué et qui semble de pure race. Le service de la Sûreté me disait récemment que jamais ce monsieur n'écrit en Allemagne, ce sont ses sœurs qui font constamment le voyage entre Metz et Eix- Abaucourt et lui servent sans doute de facteurs.

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Au dernier banquet de la Société d'Agriculture à Verdun, je me trouvais à côté de ces deux messieurs Bidon qui échangèrent ensemble leurs impressions sur les convives, à plusieurs reprises en allemand, si bien que je jugeai utile moi-même d'ajouter au dessert quelques reflexions en la même langue à leur adresse, ce qui n'eût point l'air de leur plaire.

Je me demande, sans pouvoir comprendre, pour quelles raisons secrètes la Société d'Agriculture }uf;eaL. bon de donner, à ces MM. Bidon, son premier prix d'améliorations culturales, le 13 octobre dernier. Ces sujets de Guillaume sont depuis très peu de temps sur cette ferme. En tout cas, la mesure a été très commentée par tous les bons Français qui m'entouraient ce jour-là à Verdun.

A quoi le mystérieux fermier de Méraucourt répondit par la lettre suivante, qu'il importe de lire avec soin, elle en vaut la peine :

Méraucourt, le 5 novembre 1912.

Monsieur Malou,

directeur du Courrier de la Meuse ^ 16, place Chevert, Verdun.

Monsieur,

Dans le numéro de votre journal du 2 novembre 1912, première page, 4* et 5* colonnes, vous reproduisez un article de V Action Française et du Petit Montmédien^ dans lequel vous prétendez que :

1*> La ferme de Méraucourt appartient à l'empereur Guillaume II ;

2* Que cette ferme est gérée par un officier allemand en activité de service ;

3° Que mes sœurs font constamment le voyage entre Eix-Abaucourt et Metz, et me servent de facteurs dans un service d'espionnage ;

4* Que j'ai été l'objet d'un arrêté d'expulsion rapporté sur les instances de l'ambassade d'Allemagne;

LES FERMES ALLEMANDES DANS l'eST 289

5" Que mon père et moi sommes des Allemands distingués et de pure race.

Je pourrais m'adresser à la justice française pour obtenir contre vous une condamnation à des dommagesintérêts pour votre article diflamatoire. Mais cet article est rempli de telles erreurs et inexactitudes que sa portée en tombe d'elle-même.

Que M. Léon Daudet, un polémiste ardent et passionné, écrive de telles bêtises à mon sujet, cela m'importe peu! Mais qu'un journaliste local, qui devrait connaître les gens et les choses de son pays, reproduise ces bêtises, sans les contrôler, cela dépasse les bornes de l'information sérieuse.

Permettez-moi de vous dire que :

1* La ferme de Méraucourt n'appartient point à l'empereur d'Allemagne, mais à un citoyen français honorablement connu à Verdun : M. Jules Sponville, propriétaire à Vaux-devant-Damloup, dont je ne suis que le fermier ;

2» Je ne suis point officier prussien et n'ai jamais servi dans l'armée allemande, même en qualité de simple soldat. Je vous mets au défi de prouver le contraire ;

S'* Mon père et toute ma famille habitent Metz, et si mes sœurs viennent à tour de rôle à Méraucourt, c'est parce que je suis célibataire et qu'elles viennent faire mon ménage et m'aider dans la gestion d'une ferme de 200 hectares comme celle de Méraucourt ;

4'*Sifai été V objet d'un arrêté d'expulsion, c'est à

la suite de renseignements erronés donnes sur mon

: compte à la Sûreté générale. Il m'a suffi d'une simple

démarche personnelle^ sans le secours de l'ambassade

d^ Allemagne, au ministère de l'Intérieur français, pour

ifaire rapporter purement et simplement cet arrête

\d^expulsion.

A l'examen des renseignements et du dossier que Je

lui ai transmis, le ministère de Vlntérieur a reconnu

lu'il avait été trompé par des renseignements erronés

tendancieux sur mon compte provenant de concur»

\ents intéressés;

5" Si je ne suis point Français de nationalité, je le

lis de cœur. Mon père est né à Sierck (Alsace-Lor-

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raine) en 1850, et si, au lendemain de la guerre, il est resté en Lorraine annexée, c'est que des intérêts matériels et pécuniaires considérables ne lui ont point permis une émigration en France qu'il désirait vivement.

Aujourd'hui, tous les Français intelligents, et avec eux Maurice Barrés, reconnaissent que les Alsaciens- Lorrains commirent une grosse faute, au lendemain de 70, en éinigrant en France, et qu'il aurait mieux valu maintenir les traditions françaises et s'opposer à la germanisation à outrance dont la France e^t victime en Alsace-Lorraine,

Alsacien-Lorrain! voilà ce que je suis, avec toute ma famille, Monsieur! et il est profondément regrettable de voir un journaliste français traiter des Alsaciens- Lorrains d'Allemands distingués et de pure race. J'ai perdu la nationalité française à la suite de la guerre de 1870 et les Français devraient être les seuls à ne point le reprocher à leurs frères d'Alsace-Lorraine et à ne point leur adresser gratuitement de telles injures.

Je suis venu à Méraucourt pour y gagner ma vie et non pour y faire de l'espionnage.

Si, au lieu de ramasser dans votre journal des potins et des ragots, vous aviez pris la peine de faire sur mon compte une enquête sérieuse, vous sauriez que je m'occupe en ce moment de rassembler les papiers qui me sont nécessaires pour demander aux autorités compétentes ma réintégration dans la nationalité française.

Mais il ne me plaît point, pour le moment, de me défondre plus avant contre des accusations aussi grossières et aussi injustifiées et je vous somme d'insérer, confoimément à la loi, ma réponse dans le plus prochain numéro de votre journal aux lieu et place de l'article dans lequel vous m'avez si légèrement accusé.

Veuillez agréer. Monsieur, mes salutations.

Alphonse Bidon.

Je ferai d'abord remarquer à M. Bidon qu'il est bien mal venu à invocjuer la thèse de Barrés puisqu'il fait précisément tout le contraire, puisqu'il

LES FERMES ALLEMANDES DANS L'eST 291

occupe une ferme en France au lieu de demeurer en Lorraine annexée.

Mais, en outre, il est clair que, si l'empereur allemand avait acquis une ferme en France, cVût été sous un prête-nom et qu'il ne serait pas venu en personne à Verdun signer chez le notaire.

Enfin, il reste acquis, de l'aveu même de M. Bidon :

1* Qu'il n'est pas Français ;

2" Qu'il a été l'objet d'un arrêté d'expulsion;

3* Que ledit arrêté a été rapporté.

Les explications de M. Bidon au sujet de cet arrêté d'expulsion sont embarrassées, confuses et obscures. S'il s'était contenté de labourer son champ, la Sûreté générale n'aurait pas eu à s'occuper de lui. D'autre part, il fera difficilement croire qu'une mesure aussi grave qu'un arrêté d'expulsion ait été rapportée sur ime simple démarche de sa part au ministère. Il s'est sûrement fait appuyer. Pourquoi ne donne-t-il pas les noms de ses protecteurs?

Enfin, il est au moins singulier que M. Bidon éprouve tout à coup, après un si long temps écoulé, le besoin de demander aux autorités compétentes sa réintégration dans la nationalité française et que cette demande coïncide avec nos révélations concernant la ferme de Méraucourt.

La lumière devra être faite sur tous ces points.

Cette question de la ferme de Méraucourt a eu son écho à la Société d'Agriculture de Verdun, ainsi qu'en fait foi l'entrefilet suivant paru dans le Courrier de la Meuse :

Discussion très vive à la Société d'agriculture ce matin mardi à dix heures à propos d'une /w^re da

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M. Letrique, de Watronville, demandant à la Société d'exclure de son sein les étrangers. Cette motion vise évidemment le cas Bidon et passionne de suite les mem^ bres présents.

M. Lieutaud expose les avantages et les services rendus à Tagriculture par les cultivateurs belges dans notre région et, avec le jury mis en cause pour le prix des améliorations culturales attribué à M. Bidon, défend les étrangers.

M. Malou riposte aussitôt qu'il ne s'agit pas du tout d'exclure nos amis les Belges, mais les Allemands et que l'on peut très bien faire des catégories parmi les étrangers. M. Delandre, maire de Gincrey et M. Hennequin, l'aimable fermier de Renonvaux, près d'Etain, appuient énerglquement le dire de M. Malou.

M. Lecourtier intercient avec plusieurs autres membres en faveur de M. Bidon et dit qu'il faut s'en prendre aux parrains de ce membre.

M. Lieutaud dit que l'on ne peut créer des règlements nouveaux sans modifier les statuts.

Eoân tout le monde se met d'accord pour décider qu'au mois de mai, on proposera la modification du règlement, afin que les étrangers ne soient pas admis dans la Société avant un an de présence dans l'arrondissement, afin quon les connaisse. On invite ensuite les parrains à être très circonspects dans le patronage qu'ils accordent quelquefois bien à la légère et on prie les membres de reclamer le scrutin secret quand ils le veulent, pour l'élection d'un candidat.

De ce compte rendu on pout facilement conclure combien les déclarations de M. Bidon ont paru peu convaincantes à ses collègues de la Société d'Agriculture.

Au dire d'un journal républicain local, à la date du !•' décembre dernier, la police tolérait, à Verdun, 165 sujets allemands des deux sexes établis en ville! Sans préjudice des juifs, naturalisés et nomades qa' fourmillent dans la région.

LES FERMES ALLEMAiNDES DANS l'bST 293

L'on m'écrit à ce sujet :

« ... Quantité d'étrangers s'installent ainsi comme fermiers le long de la frontière, et tous se disent natifs du Luxembourg. Ces individus sont tous en relations; jamais ils ne s'écrivent, et c'est en voiture qu'ils se rendent visite. Comme exploitants, ils ne sont nullement des lumières et, bien qu'ils fassent tous de maigres récoltes, ils paient bien et vivent encore mieux... Il n'y a aucun doute, la plupart de ces fermiers sont des espions, et il est urgent que les secteurs des camps retranchés soient occupés en temps de paix par les troupes de forteresse, afm d'éviter le sabotage des points stratégiques importants (lignes télégraphiques aériennes et souterraines), à la première heure de la mobilisation. »

Mes correspondants s'accordent à me dénoncer des conciliabules fréquents, entre ces fermiers d'Avant- Guerre. Même depuis quelque temps, ils présideraient la nuit à des échanges de signaux optiques. Il faut bien reconnaître, du reste, que cette occupation du sol français dans cette région de la Woëvre est singulièrement facilitée par l'exode des autochtones. Les habitants abandonnent peu à peu ces terres occupées jadis par leurs ancêtres. C'est un des pires effets de la centralisation républicaine. Elle fait le vide dans les campagnes et l'étranger en profite pour venir s'installer chez nous.

Un de nos amis qui a fait l'automne dernier un stage militaire dans cette région m'écrivait :

« Durant l'été de cette année, nous n'avons guère manoeuvré qu'en Woëvre : nombreuses manœuvres de un jour, manœuvre de trois jours, en avant du mont See, manœuvre de trois jours, contre Toul, vers Minorville et Tremblecourt ; enfin manœuvres

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d'automne, à la frontière même, vers Briey, Batilly, Mars-la-Tour, Chambley. Dans toute cotte réi^ion, la terre est à qui veut la prendre. A Limey, où nous avions cantonné un jour, la vieille femme chez laquelle j'étais logé me disait :

« Un tiers du village est complètement abandonné; un autre tiers n'est habité que par des gens de mon âge, sans enfants. L'autre tiers tient encore debout. Depuis deux ans, il n'y a pas eu de naissance dans ce village. Dès que les jeunes gens atteignent dixhuit ans, ils s'en vont aux mines. »

« Notez que le fait est général dans toute la Woëvre, sauf peut-être sous les côtes, où les villages vivent encore à peu près de la vigne. Alors, on

VEND, ET vous SAVEZ QUI EST ACHETEUR.

« A Monaville, à quinze kilomètres à l'est d'Etain, je causai avec le propriétaire qui nie logeait. J'ai quarante hectares, me disait-il, je m'en occupe seul avec ma fem.yne, mais je ne sais si je pourrai aller longtemps comme cela, et il faudra que je vende. La plus vieille maison du village, que l'on appelle encore « le château », est occupée par des Allemands et leurs domestiques, allemands, bien entendu. Une ferme très importante, qui se trouve sur la route de Chambley à Gorze, m'a été signalée comme occupée par des Allemands. Je n'ai pu toutefois vérifier le fait... »

La ville de Saiut-Mihiel est entre les mains des juifs. Le maire est un nommé Pliassmann. Tous les bouchers, ou presque, sont juifs. Le commerce est réparti entre deux tribus juives, qui louent aussi des meubles à l'année, au mois, à la semaine. Un certain M... a fait le trust des logements. Pour louer, tout of-

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ficier de la garnison doit avoir affaire à lui, directement ou indirectement.

Mais continuons notre énumération.

La ferme allemande de Saint-Barthélémy était située aux environs du fort de la Chaume et du fort du Regret. Non loin de là, les fours à chaux d'Haudainville appartiendraient à une compagnie allemande. Leurs produits, en tout cas, sont expédiés en Allemagne, généralement par la gare d'Amanvilliers.

On sait que, dans la nuit du 26 novembre dernier, eut lieu , à Arraitcour^, une alerte bizarre et encore mal expliquée de mobilisation. Or, cette alerte coïncida avec un certain nombre d'épisodes, incendies de fermes, disparitions de fermiers très caractéristiques.

C'est ainsi que la ferme de Saint-Barthélemij ^ que nous venons de signaler, fut détruite par le feu. Le 25 novembre, à huit heures du soir, l'alarme était donnée à Verdun. Comme il n'y avait pas d'eau, tout fut brûlé. La quantité anormale des foyers d'incendie fait qu'on a arrêté le patron de la ferme, nommé Vendick et son domestique du nom de Daïhiès. Vendick est d'origine luxembourgeoise (?), il était à la ferme depuis peu de temps.

Faute de preuves, Vendick ainsi que son domestique furent relâchés.

Dans cette même nuit du 26 novembre, un des plus gros fermiers de Villers-la-Montagne, village de huit cents habitants, situé à dix kilomètres de Longwy- Haut, sur la route nationale de Longivy à Metz et à six kilomètres de la frontière, fermier allemand exploitant une ferme modèle appartenant à un Français de la localité, a passé la frontière avec tous

SES biens, SB6 troupeaux ET SES DIX-HUIT OBBVAUX.

Ajoutons que cet Allemand est sous-officier de la landwehr. Les autorités, afin de pallier le fait, ont raconté qu'il avait pris la fuite pour éviter une saisie imminente.

Mais son départ aurait-il eu lieu sans l'alerte du mois de novembre? N'avait-il pas été renseigné? Le certain, c'est que cette coïncidence a vivement ému les autorités de la région. On n'avait pas encore de nouvelle de ce fugitif le o décembre dernier. Le plus ennuyé dans cette affaire serait le propriétaire de la ferme, un fort brave homme, proche parent de Texministre Lebrun, auquel son fermier devait, dit-on, une grosse somme.

Le fermier allemand de Montmeiise aurait également disparu et serait recherché par la maréchaussée.

Cette ferme est située entre Bislée et Saint-Mihieî, à cinq cents mètres du quartier du 12' chasseurs à cheval. Ses fermiers ne travaillaient guère et venaient chaque jour à Saint-Mihiel chercher des journaux de toute sorte.

Une lettre datée du 10 décembre dernier, et venant de la frontière, m'a rapporté qxïAUondrelle, village situé au nord de [jonguyon, près de la frontière belge, faillit avoir son alerte comme Arraucouri et dans la môme nuit. L'erreur venait d'un receveur des postes, lequel téléphona à l'officier des douanes d' AUondrelle que la guerre était déclarée. Ce dernier heureusement tint conseil avec le maire, et l'on décida d'avertir simplement les hommes mobilisables d'avoir à se tenir prêts à partir, en attendant confirmation officielle de la mobilisation. Cet incident prouve l'insuffisance de préparation des fonctionnaires Je l'administration des P. T. T. à l'éventuahté

LES FERMES ALLEMANDES DANS l'eST 297

d'une guerre, ou du moins aux mesures de précaution qui peuvent la précéder.

Mon éminent ami de Boisfleury a signalé, dans V Action Française, le contre-coup immédiat provoqué chez les Allemands, par notre mobilisation partielle. Voici sur ce point un nouveau détail : à Amanvilliers, frontière allemande, sur la ligne de Conflans à Metz^ nos adversaires éventuels avaient dirigé, avec une remarquable célérité, outre une cinquantaine de gendarmes, un assez fort contingent de troupes ei de l'artillerie. De plus, sur toutes les routes, la gendarmerie allemande questionnait avidement les gens venant de France.

Il y eut là un ensemble de faits qui décidèrent le ministère de la Guerre, par l'intermédiaire de l'État-Major du 6" corps, à ordonner à la gendarmerie locale — je citerai notamment les trois cantons de Longwxjy de Longuyon et d'Audun- le -Roman — db s'informer des Allemands suspects exerçant les

PROFESSIONS de FERMIERS, INDUSTRIELS, INGÉNIEURS, ENTREPRENEURS, CONTREMAITRES, ETC. 11 en fut Signalé un grand nombre. En voici un de plus, qui prouvera à l'autorité militaire que nous sommes exactement renseignés et qu'il est grandement temps pour elle d'ouvrir, comme on dit, l'œil et le bon.

Il s'agit d'un entrepreneur de camionnage, — j'ai entre les mains son dossier complet, — protégé du maire juif d'une ville importante de garnison dans l'Est. Cet individu s'est fait naturaliser à trente-six ans, après avoir accompli, en Allemagne, toutes ses périodes d'instruction militaire. C'est exactement, on s'en souvient, le cas de Lucien Baumann, des Grands Moulins de Corbeil. Ce camionneur est le fils d'un financier allemand qui fit de mauvaises affaires.

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Lui-même ne vit que d'expédients. Il demeure tout PRÈS d'un pont, dont l'importance stratégique est

CONSIDERABLE, DANS LA MÊME MAISON QUE DEUX OFFI- CIERS FRAN(^'Ais, qui feront bien aussi de se mélier, si ces lignes leur tombent sous les yeux. Il est l'intime ami du propriétaire d'un château des environs, sur lequel on me communique par ailleurs des renseiirnements fort impressionnants. Il a plusieurs frères officiers dans l'armée allemande. Avant d'habiter LA VILLE de garnison EN QUESTION, NOTRE HOMME OCCUPAIT UNE FERME DE LA WoBVRB. Munie dô

ce signalement, l'autorité militaire n'aura pas beaucoup de mal à découvrir de qui je veux parler et à faire son devoir.

Autres fermes allemandes.

La ferme de VAm,érique, située entre Chonville et Lérouville, à deux kilomètres du 154* d'infanterie, serait occupée par des étrangers.

Seraient allemandes aussi les fermes de Dricourt et de BricJiawiaud, situées à 4 kilomètres du fort de Liouville et à 3 kilomètres de la batterie d'Apremoni» On y garderait toujours deux récoltes de grains. Seraient-elles destinées au ravitaillement de l'envahisseur?

L'année dernière un oflicier français, allant en reconnaissance de trois jours aux environs de Marsla-Tour, coucha dans deux fermes, sous le portrait de Frédéric-Guillaume et de Guillaume II! Comme il demandait au fils d'un de ces fermiers ce que sa famille et lui feraient en cas de mobilisation : t Nous

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rentrerions en Allemagne », répondit sans hésiter ce petit soldat d'Avant-Guerre,

Un de mes correspondants attire mon attention sur la situation toute particulière du chàteau-ferme de Martincourt, situé, celui-ci, en pays annexé, mais à une portée de fusil de la frontière et de la forêt de Parroy {consulter la carte d' état-major). Martincourt appartient à un propriétaire prussien qui y entretient, comme cultivateurs (?) des vétérans de l'armée allemande parmi lesquels des sous-officiERS, AU NOMBRE d'une TRENTAINE. Ccs vétérans circulent fréquemment et librement dans le pays français et notamment en forêt de Parroy. Ils seront, en cas de guerre, d'excellents guides à travers ces bois très marécageux, impraticables sans leur concours à une armée d'invasion.

Or, la forêt de Parroy permet d'arriver jusqu'à Lunéville^ en deux heures, achevai, et de surprendre cette importante garnison (2" division indépendante de cavalerie, 2° bataillon de chasseurs). La connaissance de cette forêt permet en outre d'amener des troupes, au besoin de l'artillerie de siège, à deux kilomètres nord-est du fort de Manonviller^ lequel couvre notre voie ferrée d* Avricourt-Nancy et constitue le seul ouvrage avancé à l'est de Toul.

Quelqu'un, dont l'intelligence et l'activité égalent le patriotisme, m'écrivait au sujet de tous ces suspects :

Qu'en fera-t-on au moment de la mobilisation ?

J'estime qu'il sera à peu près impossible à nos gendarmes de les arrêter à temps ou de les expulser. A ce moment, en etïet, les gendarmes auront à s'occuper de quantité de choses. Il leur faudra d'abord porter dans toutes les communes les aftiche* de la mobilisation et en coller un certain nombre eux-mêmes. Et Tinvasion des troupes allemandes se fera peut-être si rapidement.

sar certains points, qu'ils en auront à peine le temps. Alors, que deviendront les suspects? C'est un premier problème à résoudre.

Et il y en a un second: que fera-t-on de la masse des étrangers non suspects, dont un grand nombre demeurera certainement sur place? Je crois que la présence d'une quantité d'étrangers sans travail et bientôt sans pain pourra devenir fort dangereuse pour les populations indigènes.

C'est bien mon avis, et je transmets la question à M. le Ministre de la Guerre, afin qu'il en fasse son profit. Ces études sur l'espionnage juif-allemand ont un but suprême qui est le renversement d'un régime de trahison : mais elles ont aussi une portée immédiate, ({ui est la sauvegarde, en cas de guerre, de certains points vitaux, essentiels. Mes correspondants le comprennent à merveille. Eux et moi, leur modeste porte-parole, faisons de notre mieux notre devoir. Au Ministre de la Guerre de faire le sien.

Me voici arrivé au terme, non de Texposé de toute l'Avant-Guerre allemande en France, certes, mais de la première partie de cet exposé. Jusqu'à ce jour les écrivains patriotes, civils ou militaires, qui avaient traité ce grave sujet, étaient demeurés dans des généralités intéressantes, peu capables cependant de soulever l'opinion. C'est pourquoi j'ai cru nécessaire de citer les noms et les faits, d'être aussi concret qu© possible. 11 est très possible que, malgré ma vigilance, quelques erreurs de détail se soient glissées dans cet amas de documents que j'accumule depuis le mois de septembre 1911 et qui ont été publiés successivement dans V Action FrançaUe quotidienne. Il est égament possible que ces révélations aient amené ici et là des transformations de l'entreprise allemande, soit que certaines des sociétés citées aient renforcé leurs masques par prudence, soit que sur quelques points l'envahisseur ait reculé et cédé la place à l'autochtone. Non seulement j'accepte par avance, mais encore je sollicite toutes les rectifications dûment

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motivées et dont il sera tenu compte dans les éditions ultérieures. Je préviens toutefois les protestataires que je contrôlerai rigoureusement leurs dires et références, car il est sous la République plus d'une façon de se prétendre français alors qu'on est bel et bien juif et métèque. EnQn je ferai remarquer qu'au cours d'une campagne de dix-huit mois je n'ai pas recueilli plus de deux ou trois démentis catégoriques, s'il m'est parvenu, directement ou indirectement, une demi-douzaine de protestations d'ailleurs confuses et embarrassées, scrupuleusement reproduites dans ce volume.

Après une longue période de silence, la presse parisienne — asservie par tant de contraintes — a dû faire écho à nos révélations, alors que la presse provmciale, beaucoup plus libre, les accueillait et les commentait dès le début. Quelques journaux tentaient, sur le terrain purement commercial et industriel, une diversion qui devait bientôt échouer de la façon la plus piteuse. Cette « guerre aux poupées » — ainsi baptisée à cause de la part démesurée faite à l'importation des jouets germaniques — ne doit pas nous détourner de l'Avant-Gucrre, pas plus qu'il n'est permis aux enfants tapageurs d'interrompre la conversation des grandes personnes. Il s'agit ici non d'un thème de polémique, mais d'une question vitale.

Je ne reviens pas sur Tinstallation de la République en France, à la suite de nos désastres de 1^70-1871 par la volonté du prince de Bismarck, ni sur le parallélisme de la ])oliti(iue anti-cléricale, poursuivie chez nous par Gambetta, et du Kulturkampf. Les travaux de nos amis Jacques Bainville et Marie de Roux ont fait la lumière sur cette question. Il suftit de s'y reporter. Je n'insiste pas davantage sur

la période de tâtonnements, de sursauts nationalistes, de dérivation coloniale et de petits abandons qui va de 1871 à 1896, à la veille de TalTaire Dreyfus.

A partir de l'affaire Dreyfus, de l'assaut de trahison du peuple juif et de la suppression du bubkau des RENSEIGNEMENTS, — but avoué de la campagne dreyfusarde, — les Allemands ont estimé qu'ils n'avaient plus à se gêner. Ils avaient, au ministère DE l'Intérieur, un homme a eux, Jacques Grumbach,

CE QUI EXPLIQUE, d'aPRÈS LES PLUS RÉCENTES STA- TISTIQUES, QUE LE NOMBRE DES NATURALISÉS AIT PASSÉ

DE 38.000, EN 1896, A 120.000, en 1911. Les Allemands avaient à la Chambre et au Sénat un groupe de politiciens français tout dévoués à leurs entreprises, ce que j'ai appelé le clan des Ya. Ils tenaient, ils tiennent encore pour des raisons demeurées mystérieuses, un certain nombre d'organes de pressse. Bref, uniquement bridés dans la République de Bismarck- Gambetta (1871-1897) par l'élément militaire français, ils avaient réussi, grâce à la complicité juive, à basculer complètement cet élément militaire dans la République Bismarck-Dreyfus (1897-1912). Les voies étaient libres, les ministères ouverts, les pots-de-vin aussi. Il n'y avait qu'à acheter et à marcher.

L'immense essor commercial, industriel, économique de l'empire allemand était là. Il était facile de l'utiliser. Un des plus grands et des plus clairvoyants ournalistes français, le plus clairvoyant de tous, quant à la politique extérieure, notre ami Jacques Bainville a maintes fois signalé la misère de l'argument fondé sur la prétendue infériorité financière de l'Allemagne. En dépit de notre bas de laine, absurdement évoqué et invoqué par les libéraux et les conservateurs, c'est la finance allemande qui, par deâ voies obliques et

304 l'avant-oubrrb

même en utilisant le marché français [ — la collaboration Thyssen-Le Chàtelier en est le plus récent exemple — ], a soutenu de toutes ses forces les entreprises allemandes dans notre pays. Elle a fait tous les sacrifices nécessaires. Elle a acheté et corrompu ceux qu'il fallait acheter et corrompre, dans ce monde taré des politiciens républicains où tout est à l'encan. Là où le pot-de-vin ne marchait pas, c'est le jeton de présence, ce pot-de-vin déguisé, qui a fonctionné. Notre sous-sol, notre sol, nos nœuds vitaux ont été conquis ainsi en quatorze ans, à la muette et par échelons. Le courtier de publicité allemand est un des plus habiles du globe ; et la diplomatie allemande le soutenait, comme c'était son devoir, de ses froncements de sourcils, quand le défroncement de la bourse ne suffisait pas.

L'Allemagne s'est installée ainsi, sans coup férir, principalement :

— En Normandie, où elle tient partiellement Cherbourg, où, demain, elle aura le port de Diélette et le port de Caen, où ses enclaves sont déjà nombreuses.

— Dans la vallée de l'Oise, où ses établissements, usines, hangars, dépôts, ne se comptent plus.

— Dans la région du Nord, à Douai et environs, notamment.

— Dans la région de l'Est, Lorraine et Champagne.

— Dans les environs immédiats, dans la grande banlieue et la banlieue de Paris.

— Sur les boriis de la Méditerranée, parages de Toulon, d'Ilyères et de Nice.

Je rappelle, à ce sujet, que les deux centres d'espionnage effectif allemand sont Bruxelles et la principauté de Monaco. Le prince de Monaco est un

agent allemand (intervention dans V Affaire Dreyfut et la loi de Séparation).

De ses forteresses et enclaves industrielles et commerciales en France, installées autant que possible aux nœuds vitaux, aux points stratégiques, l'Allemagne a essaimé dans nos ports (compagnies allemandes de navigation) f dans nos forts (charbon allemand, wagonnet» allemands), dans nos campagnes [compagnies d*automobiles judéo- allemandes) ^ dans notre réseau électrique et de télégraphie sans fil (Allgem^ineElectricitàtsGesellschaft) y daLïïs notre minoterie (trust des Moulins de Corbeil et d^ailleurSy par Lucien Baumann), dans nos parcs d'aérostation militaires (VElektronf à La Motte -Breuil), dans tous les budgets locaux, départements, arrondissements, communes (agence d'espionnage Schimmelpfeng et ses similaires).

Une fois installée, munie, équipée de U sorte, l'Allemagne s'est dit :

t Si la paix continue, je fortifie et j'augmente mes € prises. J'exproprie peu à peu, en France même, le « Français de ce qui a fait autrefois sa richesse et sa « grandeur. Je lui impose mon état-major d'ingé- « nieurs et de techniciens, campés aux bons endroits, f qui me renseignent et sont prêts à agir.

c Si la guerre éclate, c'est la perturbation automa- « tique, par abstention ou par sabotage, d'un grand c nombre d© services publics chez mon adversaire. « Lucien Baumann affame Paris. Orenstein et « Koppel, Hansen et Neuerburg, les mines de la « Houve éteignent les forts de l'Est. Une légion d'of- « ficiers chimistes, d'officiers électriciens, d'officiers « aviateurs allemands détraquent les voies de communication, font sauteries viaducs et les aqueducs,

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c crèvent les dirigeables. Le décret de mobilisation « allemande mobilisera du même coup tous les bons c serviteurs de l'Allemagne qui travaillent en t France, aux postes dangereux, à la gloire aile- « mande. Il y aura sans doute du déchet, car les « choses humaines ne marchent pas toujours comme « un grand étatrmajor et un empereur prévoyant les « ont conçues. Cette première guerre, sur les travaux t d'art et les ressources économiques, n'en sera pas € moins un fameux atout. »

En cas de défaite de la France, tout ce peuple d'Allemands, vivant en France et vivant sur la France, se trouverait ensuite tout porté pour germaniser à fond un pays dont il connaît et emploie les ressources, où cohabiteraient désormais deux races : la vaincue, c'est-à-dire nous ; la victorieuse c'est-à-dire l'allemande, avec le juif comme compère et garde-chiourme : le juif qui, depuis 1870-71 , qu'il s'appelle Alfred Dreyfus, Rothschild, UUmo, Emile Weyl, Joseph Reinach, Jacques Grumbach, Berthold Frischauer, Grùnebau- Ballin, Cahen, Kohn, Kahn, Pereire, Camondo, Bamberger, Merzbach, etc., etc..., n'a jamais cessé de servir l'intérêt allemand.

C'est afm de contribuer, dans la mesure de mes forces, à éviter un pareil désastre que j'ai écrit le présent ouvrage. Il aura une suite, s'il plaît à Dieu.

Quelques-uns, voulant donner à leur silence une raison décente, m'ont accusé de jeter l'alarme, de semer le doute dans les cœurs, à la veille d'une conflagration qui apparaît de jour en jour moins évitable. Est-il besoin de me défendre contre un reproche aussi absurde? Reprocherait-on de jeter l'alarme à l'éclai* reur qui explore la région oii tout à l'heure on se battra, signale les embuscades et les pièges et permet

ainsi de les déjouer? La vérité est que tout républicain a senti la force et la portée d'un réquisitoire fondé sur des faits visibles et tangibles. Le républicain de bonne foi s'est tu, cherchant à sortir sans trop de dégâts de l'alternative inéluctable : Patrie ou République. Le républicain de mauvaise foi s'est jeté dans la première impasse venue.

D'autres ont murmuré : « Exagération chauvinisme étroit. . .nécessités financières et industrielles. » Un avenir prochain montrera aux plus récalcitrants si j'ai exagéré le mal, dont chacun peut contrôler dans sa sphère les effrayants progrès ... Je ne connais pai de nécessité industrielle ou financière, qui doive nous obliger à contribuer de notre fer et de notre or à l'armement intensif de nos mauvais voisins de l'Est. Il est insupportable de songer que, par le jeu combiné de la coulisse juive, de la Bourse de Paris, et de quelques sociétés d'exploitation minière, les deux métaux de notre futur asservissement sont hvrés en proportions énormes à notre ennemi éventuel. Il est criminel que le fer français serve à fondre les canons, les obus, les mitrailleuses, les coques de cuirassés de l'armée et de la marine allemandes I

Aux Français avertis, de juger, maintenant, s'ils veulent conserver un régime qui a instauré cette trahison et qui entend la continuer. Car la plus eiïarante réponse à mes accusations a été faite par M. Joseph Caillaux, livreur du Congo à l'Allemagne en pleine paix, par M. Caillaux ex-président du Conseil, déclarant sans sourciller qu'il entendait, pour la première fois, parler de l'installation de Diélette! Ces chefs de l'Etat républicain seraient ainsi capables de livrer, sans s'en apercevoir, une nouvelle province au roi de Prusse.

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Quant aux quelques rares Français qui, ayant partie liée avec l'industrie allemande, ont essayé d'infirmer ma campagne au nom de leurs intérêts personnels, ils sont assez punis par l'aveu public qu'ils ont dû faire de leur attitude. Je les abandonne à leur inconscience ou à leurs remords. Leur excuse, c'est que jusqu'au coup de tonnerre de 1905 — alerte de Tanger — ils avaient pu croire bénévolement à un rapprochement entre les deux pays, rapprochement que rendent difficile la spoliation, l'expropriation de 70-71, un naturel antagonisme de race, la concurrence économique et que rendent impossible la faiblesse et la discontinuité inhérentes à notre constitution. Ces esprits faibles n'ont pas compris que nous ne pouvions \âvre en paix durable avec l'Allemagne sous la République, qu'en scellant notre abaissement historique, qu'en acceptant une situation de vassalité.

L'étranger de l'intérieur, le juif s'est tu. Il n'avait pas autre chose à faire en attendant son châtiment. Fourrier de l'Allemagne il est demeuré dans son rôle ethnique, qui consiste à trahir le vaincu au bénéfice du victorieux. Issue du clairvoyant génie de notre maître à tous, Charles Maurras, mon étude très imparfaite sur l'Avant-Guerre continue à sa façon la Urance Juive du grand Drumont et en constitue en quelque sorte le corollaire. Le lecteur se rendra compte que la trahison d'Alfred Dreyfus, mise en œuvre par Joseph Reinacli, allait encore plus loin qu'on ne l'imaginait, qu'elle fut le signe de la livraison de notre pays à l'Allemand par une horde orientale et le point de départ d'un des envahissements les plus audacieux, les plus méthodiques, qu'aient connus les temps dits civilisés. L'Avant-Guerre, s'il en était besoin, justifierait l'antisémitisme comme une néccs-

site de la Défense Nationale. Happelez-vous le mot de Bismarck: t Pourquoi donc aurait été créé le juif, si ce n'est pour servir d'espion? »

Je remercie de tout cœur les nombreux collaborateurs anonymes, ou connus de moi, qui ont bien voulu me seconder dans ma tâche. Sans eux, sans leur zèle incessant et minutieux, je n'aurais pu mener à bien mon dessein d'avertir mes compatriotes et de les mettre en garde. Militaires de tout grade, prêtres, employés et voyageurs de commerce, chefs d'industrie, marins, mineurs, fermiers, forestiers, électriciens, que tous trouvent ici l'expression de ma reconnaissance émue. Ils m'ont prouvé, par leur ardeur, la survivance de cette énergie française qui, demain, sous l'égide indispensable du Roi, étonnera le monde. Grâce à eux, j'ai senti la flamme et vu danser la victoire dans son reflet. Je dois une mention spéciale à mes nobles amis les camelots du Roi, toujours au premier rang pour le semcc de la Patrie. Mais ils m'en voudraient d'insister.

En terminant, je m'excuse encore d'avoir été forcément incomplet.

C'est ainsi que je n'ai pas même fait allusion dans ce premier volume à un espionnage d'approvisionnement qui demeure, en prévision de l'envahissement des campagnes françaises, une des grosses préoccupations et des plus secrètes de notre en-iemi. Si les événements nous en laissent le temps, j'espère prochainement comj>léter cette lacune. Je ne désespère pas de pouvoir dresser, d'ici quelques mois, un plan de l'Avant-Guerre en France qui ne devra pas être fort différent de celui que recèlent les arcanes du Grand État-Major allemand à Berlin

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