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CHAPITRE II

L'AGENCE SCiiliMMELPFENG

M. Henri Schoen, de la Revue Alsacienne, a qui nous avons emprunté quelques passaijes caractéristiques de son intéressant ouvrage sur « les Institutions allemandes en France », n'avait point cité l'agence Schimmelpfeng au nombre de celles dont le gouvernement républicain encourageait le déveloi)pement par sa coupable... tolérance.

En lliOO, en effet, l'existence de cette agence devait lui être inconnue. Au cas contraire, il n'eût certes pas manqué de manifester une fois de plus quelque étonnement de voir opérer en plein Paris un institut de ce genre. Comme nous le verrons au cours de cette étude, la t Schimmelpfeng » centralise tous les renseignements commerciaux, industriels, financiers, géographiques et militaires qui permettent aux Allemands et aux juifs allemands de s'aboucher entre eux, de s'entr'aider et aussi de s'installer là où il y a quelque chose de français à défaire, quelque chose {l'allemand à faire.

Ce n'est qu'en VJii) que l'existence d'une organi-

l'agence schimmelppeng 9 *

sation de ce genre fat révélée au public français par M. Pierre Mareuilles. A cette époque parurent en effet, sous sa signature, dans le Gil Blas d'Henri de Noussanne, trois articles des plus précis mais où l'institut n'était toutefois pas désigné par son nom, ce qui enlevait une grande partie de son intérêt à oette révélation.

Or à cette date l'agence avait déjà plus de vini?t ans d'existence.

D'aucuns s'étonneront qu'elle ait pu vivre ainsi rendant tant d'années à peu près ignorée, sauf des commerçants et industriels qui avaient affaire à elle. Il n'y a là pourtant rien de très surprenant. Pour des esprits non avertis et que n'avait pas encore mis en éveil la connaissance des faits indéniables d' « espionenvaliissement » dévoilés par la suite, son fonctionnement, la nature même de ses opérations ne devaient pas particulièrement attirer l'attention. Mais tout change à la lumière des faits et, en cette année 1913, la lecture du rapport de janvier 1901 publié à cette date par l'agence vSchimmelpfeng, et dont le contenu devait sembler alors assez terne, prend une saveur extraovdinaire.

C'est en quelque sorte un plaidoyer pro domo où sont entassés, non sans habileté, tous les arguments jugés susceptibles d'attirer à la boîte allemande les sympathies françaises.

il importe d'en étudier les grandes lignes, d'en dégager les idées directrices avant d'exposer le rôle réel de cette agence qui dissimule, sous le masque ingénieux du rtMkseigncmont commercial, de savants travaux d'espionnage.

Lorsque l'agence Sfhimmelpfeng s'est installée en France, elle ne possédait au<^nn do(^iiniont sur les

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commerçants français. Que fit-elle? Elle confectionna un questionnaire extrêmement complet qu'elle remit aux intéressés en les invitant à y répondre (un Qui êtesvous ?...). C'est la méthode habituelle aux Allemands. Plusieurs de nos industriels et commerçants se soumirent bénévolement à ce procédé et fournirent sur leur compte personnel des détails qui, bien entendu, furent enregistrés sans aucun contrôle.

Cette méthode permit à Schimmelpfeng de donner l'impression d'une organisation très importante et de s'imposer comme agence de renseignements commerciaux.

Ce sont ainsi des commerçants français, des industriels français qui ont, sans le vouloir, aidé l'agence allemande à s'implanter en France.

Une fois installée, elle s'y maintint et consolida sa situation encore peu définie. Elle adressa aux patrons et directeurs d'établissements, de comptoirs, de maisons de commerce, de bureaux de mines, de forges, le questionnaire suivant qui fait de chaque maisr.n française l'espionne, la dénonciatrice de ses concurrentes :

Messieurs,

« 11 résulte do nos recherches ^ue la situation de la rotuson sus-indiquée vous est connue. — [Une Jlche portant le nom et Cadresse de cette maison est jointe au questionnaire] — Nous prenons donc la liberté do vous questionner à ce sujet.

• Notre loyauté nous imposant le devoir de sauvegarder scrupuleusement les intérêts de ceux sur lesquels nous devons ren«^oigner, — en effof, Fagence Schimmelpfeng a une peur terrible des procès, comme nous le verrons par la suite, — nous espérons que vous vo" ;pn nous aidor, en nous ''• -Inircissant dans la

II! ,1 vniis iiMi'fl'itra p'^mx'f'iiatjV.

L AGENCE SCHIMMELPFENG 11

* En VOUS assurant de noire entière discrétion, nous vous remercions d'avance de tout ce que vous voudrez bien nous communiquer, et vous présentons, messieurs, nos salutations distinguées.

« Institut W. Schimmelpfeng.

« (Dép*. .)

« Prière de répondre, au verso de ce formulaire, ou sinon de rappeler dans les lettres la maison susnommée et son adresse exacte. »

Et voici, maintenant, le verso de ce « formulaire » :

« 1<* Que savez-vous sur les antécédents, la carrière commerciale et les qualités personnelles?

<" 2° Quel est votre avis sur la situation de fortune actuelle et les résultats qu'obtient la maison?

« 3° Pouvez-vous nous dire, d'après votre propre ex- [lérience, comment les paiements sont effectués?

« 4° Lorsqu'il s'agit d'un agent :

u Est-il apte et prudent dans le choix de la clientèle?

•< Est-il chargé de vos encaissements? »

Certains commerçants s'étonnèrent bien de la « hardiesse de ces enquêtes sur leur propre situation ». Chez les uns cela provoqua une colère violente, chez les autres un certain ébahissement qui se traduisait par la phrase typique : « Alors, vous enverrez à vos abonnés ce que nous vous dicterons? » Mais peu à peu ces difficultés s'aplanirent et c'est avec satisfaction que notre agence constatait, dans son rapport de 1901, que ces deux catégories diminuaient « dans une très heureuse mesure ». « Nous pouvons dire, aujourd'hui, » s'écriait-t-cUe, « qiie nous avons réussi à nous assurer la sympathie de tous les milieux sérieux et vraiment éclairés du commerce français, d

Et pourtant, dès cotte époque, les commer(;ants auraient dû trouver fort suspecte cette énergie avec laquelle l'airence repoussait une responsabilité matérielle « qu'il serait insensé d'exiger de nous », osaitelle écrire sérieusement dans son rapport. Et qu'y aurait-il là de si extraordinaire? Le iiouvernement républicain a toujours, il est vrai, montré une surprenante indulgence en faveur des étrangers ; mais il semblerait, pour le moment du moins, prématuré de vouloir les soustraire à toutes les conséquences de leurs actes.

L'institut Schimmelpfeng n'est j)as de cet avis et se demande avec une certaine indignation « comment il se fait qu'il ne se soit pas encore produit un mouvement réformateur dans la jurisprudence française en ce qui concerne le renseignement commercial honnête, dont le libre fonctionnement devrait jouir de la protection légale ».

Tout porte à croire que celte protection lui a été largement accordée depuis 1001, car l'institut Schimmelpfeng a pris aujourd'hui une extension colossale et il a maintenant en France des succursales à Bordeaux, Lyon, Marseille, etc.

A propos de t cette question si grave de la responsabilité » le rapport de 1901 précise, d'après l'exposé remis à la Chambre de commerce de Vienne (Autriche), les rapports essentiels sur lesquels doit porter l'activité de l'agence. Nous verrons par la suite avec quelle fantaisie ce programme est appliqué :

€ 1** Le renseignement est fourni en vertu d'un contrat (pii contient la condition expresse que l'institut n'est pas responsable des conséquences d'une dispositi(»n quelconque prise par l'abonné, et que ce dernier renonce à tout recours contre l'institut en

L'AGBNCË 3CUIMM£LPF£NG 13

cas de dommage provenant, selon lui, d'erreurs ou de fautes d'auxiliaires {clause de non garantie) ;

2** Le renseignement n'est pas fourni publicjuement ni dans le but d'être répandu au gré de celui qui le reçoit, mais est uniquement destiné à l'usage personnel de ce dernier et communiqué sous la condition expresse d'une discrétion absolue {clause de confidence) ;

o^ Nous fournissons seulement des renseigneynents sur la situation des personnes qui usent du crédit commercial et qui, par ce fait même, incitent à ce qu'on se renseigne sur elles;

4** Nous ne fournissons des renseignements que sur demande et contre la promesse cpxe la cause et le but de la demande ont un intérêt purement commer' cial;

5° Nous fournissons des renseignements en vertu d'un contrat dans lequel il est entendu que, pour des honoraires modérés payés par l'abonné, nous ne prenojis riullement rengagement de lui fournir une information connplète et encore moins que cette information soit composée de faits certains.

Nous ne faisons que transmettre ce que nous avons pu apprendre par nos recherches, forcément limitées, dans les milieux commerciaux. »

Il ressort donc de cet exposé que l'activité de l'agence devait se porter exclusivement sur le renseignement COMMERCIAL honnêtc. De l'étude de son fonctionnement il ressort, au contraire, que le renseignement commercial (quand il ne porte que sur des questions qui n'ont rien à voir avec un commerce quel qu'il soit), que le renseignement commercial, dis-je, soi-disant honnête est tout bonnement un prétexte malhonnête.

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Le rôle de l'institut Schimmelpfeng est double :

Le rôle avoué consiste à fournir au premier demandant, peur une somme assez modique, des renseignements commerciaux; mais l'autre, le rôle cache, consiste à fournir au peuple allemand deux ordres de renseii^^nements :

1° Industriels et commerciaux;

2° D'État, ou plus exactement d'éventualité de guerre.

11 semble bien du reste que quelques commerçants soupçonneux aient entrevu vaguement ce que dissimulait le renseignement commercial. On pourrait du moins le supposer si l'on en juge par l'âpreté avec laquelle le rapport de 1901 s'élève contre ceux qui s'entêtent à qualifier ses travaux « d'occultes, de ténébreux D. N accuF,e-t-on pas l'institut d'avoir presque des affinités plus ou moins avouées avec la police? Le monde est si méchant.

Aussi, pour se défendre contre tous les pièges que l'on veut lui tondre, l'agence Schimmelpfeng a-t-elle cherché des appuis soUdes, des garants et elle les a trouvés, sembLe-t-il, à en juger par les remerciements qu'elle adresse aux Chambres de Commerce, aux corporations industrielles et commerciales, à des commerçants et des industriels « dont le jirécieux concours ne lui a ]jas fait défaut ». Fort de ces appuis, l'institut allemand déclare « continuer son « œuvre, convaincu ([u'il est de servir loyalement les « intérêts du commerce intérieur et extérieur de la f France ».

Voilà, n'est-ce pu.-, lii uuble désintéressement. Faut-il que nous ayons l'esprit mal fait poui' ne pas nous sentir émus à la lecture de cette patriotique tirade! C'est que nous avons aujourd'hui le sentiment

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très net, la certitude que tout ceci n'était qu<5 mensonge, et, patriotes avertis, nous voulons jeter bas le masque de cette agence allemande dangereuse.

Située boulevard Montmartre, à Paris, l'agence Schimmelpfeng est en relations constantes, d'une part, avec ses succursales des principales villes de France, de l'autre, avec son siège central à Berlia. Si M. Van der Donk, — auquel on prête une origine hollandaise — est directeur du bureau de Paris, le directeur général pour la France est M. Bosschaertz *. D'ailleurs tout passe sous le contrôle directorial de MM. Hans et Richard Schimmelpfeng, seuls maîtres en droit et fait. Il y a quelques années, un M. Karl Klee était directeur du bureau de Paris. En 1907, il fut nommé, par le Ministère du Commerce français, conseiller du commerce extérieur de la France ! C'est ainsi que l'agence berlinoise Schimmelpfeng entra ouvertement dans les conseils du gouvernement de la République.

Comme nous le voyons, elle est solidement installée dans la place, et à l'ombre du pavillon français elle va pouvoir opérer en toute tranquillité.

De quelle valeur est donc le renseignement commercial fourni par cette maison ainsi privilégiée?

De toute évidence ce ne peuvent être que de vagues ragots et des racontars de quartier, de fournisseurs, (le domestiques ou de concierges. S'ils étaient sérieux et détaillés, ces renseignements « difficiles à se pro- (>Lirer », comme dit le traître Dreyfus dans le Borde-

1. M. Bosschaertz est lui aussi conseiller du commerce extérieur de notre pays. De sorte qu'il semble que ce titre soit attaché à la fonction môme de directeur de l'Institut Schimmelpfeng. 11 serait intéressant de savoir comment et par quelles relations, à la suite de ai^'^'''>s ^'-marches on obtient ce titre si envié.

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reau, coûteraient fort cher et le prix modeste de Tabonnement deviendrait aussitôt suspect. En outre, de semblables enquêtes, capables de nuire extrêmement si leur résultat était nettement défavorable à des firmes commerciales et industrielles, exposeraient à des réclamations, à des poursuites en dommages et intérêts parfois formidables et nous avons vu avec quel soin cette prudente agence tient à dégager complètement sa responsabilité matérielle. D'où nécessité de ne fournir à la clientèle que des espèces de devinettes, d'approximations qu'on aura ensuite à vérifier, parmi lesquelles on devra se reconnaître tant bien que mal.

Cette sorte de renseignement ne justifierait pas un pareil déploiement de comptoirs, de personnel très coûteux. Aussi est-il bien entendu que la Schimmelpfeng ne fait pas ses frais et que, limitée à ses seules ressources et à .ses seuls bénéfices, elle ne tiendrait pas longtemps. Kn effet, chaque renseignement oriiinaire obtenu cc'ûte en moyenne à l'agence 1,50 à 2fr. Je ne parle pas ici des renseignements importants et « difficiles à se procurer » qui peuvent être payés des 20, 30, et 100 francs et davantage. Le même renseignement ordinaire est vendu, aux abonnés, de 1 fr. 10 à 1 fr. 25, exception faite pour certains d'entre eux. On aura une idée de l'importance do Tagenr^e Sfhimmelpfeng quand on saura ([u'un établissement de crédit comme la Société Générale lui demande des renseignements par paquets de dix mille à la fois.

Cntnme nul n'ignore les facilités qu'ont les établissements de crédit pour se documenter directement sur la solvabilité de leur clientèle, on est en droit de se demander si de telles commandes ne constituent

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liAS une espèce de subvention à Schimmelpfeng, ou, si vous préférez, une sorte d'assurance, de garantie contre les risques de mauvais renseignements, concernant cette fois les établissements de crédit euxmêmes.

Mais la vérité est que la maison Schimmelpfeng est, au vu et au su de tout son personnel, subventionnée par les chambres de commerce allemandes, sinon par le gouvernement allemand. Il n'est rien de plus naturel. Les services qu'elle peut rendre, tant au point de vue commercial et industriel allemand qu'à un autre point de vue, sont certainement considérables.

Et c'est là, nul ne peut plus le nier, sa véritable raison d'être.

Nous venons de montrer, en effet, que le renseignement commercial n'est qu'un prétexte et l'on voudra bien nous accorder que ce n'est évidemment pas pour rendre service au commerce français que la Schimmelpfeng est ainsi subventionnée par une nation rivale et ennemie.

Son but réel et caché est de fournir aux maisons commerciales et industrielles allemandes le moyen d'envahir à bon escient et avec le moindre risque d'insuccès le marché français. C'est ici qu'intervient l'esprit méthodique et patient, le sens du développement particulier au Germain.

Chaque branche du commerce, de l'industrie, de la production agricole, des extractions minières, de la prospection du sous sol, a fait l'objoi d'une enquête approfondie et exacte portant sur :

1" Le lieu ; la description exacte do la région, de son climat, de ses moyens de communication, de sa [)opulation, de ses ressources pécuniaires, de sa

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teneur en éléments autochtones et étrangers, de ses représentants au Parlement, de leur situation de fortune et de leur entourage ;

2* Le nombre d'ouvriers et d'employés, que comporte le commerce ou l'industrie en question ; leurs aptitudes; leurs salaires;

3" Les frais généraux ;

4® Le mode de fabrication, d'extraction, les procédés nouveaux mis à l'étude, etc. ;

5" La production journalière, mensuelle et annuelle ; les hauts et les bas, la courbe en un mot de cette production;

6' Les matières premières ;

1" Les marqu«^s de fabriqua,;

8* Le prix d(i revient;

9° Le prix de vente, etc.

Un ancien employé de l'agencé Schimmelpfeng I ous a écrit à ce sujet : « Les fiches de renseignements sont collationnées dans des cartons, groupées par villes, et le simple dépouillement d'un de ces cartons, i^^ros comme un petit Larousse, vous donnera en une heure plus de renseignements qu'il ne vous en faut pour évaluer les ressources détaillées d'une ville de ilO.OOO habitants. Or, notez bien ceci, les doubles de ims 1rs renseignements établis sur des maisons de quelque importance sont expédiés immédiatement à BcrUn où ils sont groupés. » 11 y a lA en somme un service de fiches ethnographiques, régionales, commerciales et industrielles des plus ingénieux, qui correspond par certains points à Tadmirable système de fiches anthropométriques inventé par le grand Bertillon. ^>n peut s'imaginer facilement de quelle utilité seraient des renseignements si précis au cas où les

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armées allemandes pénétreraient à nouveau sur lo territoire français.

Ainsi sayamment documenté sur les ressources de toute nature du pays occupé par ses armées, l'envahisseur saurait où s'approvisionner de tous les produits convoités : grains, bétail, chevaux, fourrages, etc.

Et si par une fatalité que nous ne saurions envisager sans une profonde horreur, nous étions encore une fois vaincus, notre ennemi, exactement renseigné sur les ressources de l'épargne française, désormais n'hésiterait pas à nous imposer une indemnité de guerre formidable et cette fois savamment calculée, qui viderait dans ses fourgons tous les pauvres bas de laine de nos populations françaises si laborieuses et si économes. On sait quels regrets Bismarck ressentit de n'avoir, en 1871, exigé de la France qu'une indemnité de 5 milliards, qui lui semblait pourtant colossale au moment de la signature du traité de Francfort, et quelle fut sa stupéfaction de la voir si rapidement payée, tant nous avions hâte de voir notre territoire enfin délivré.

Grâce à la Scliimmelpfeng, les Allemands pourraient hausser à coup sûr leurs exigences. On pouvait lire, en effet, le 16 septembre dernier, dans le Figaro (enquête Bourdon) ces paroles sincères de l'Allemand Alfred Kerr, directeur de la revue Pan, un des polémistes les plus considérables d'Outre-Rliin :

« La perspective d'une nouvelle campagne ne < rebute personne. On s'en entretient sans émoi, on A suppute le profit : l'anéantissement de la France « une indemnité de guerre de vingt-cinq milliards (( car on se rappelle que la dernière fois, vous avez « vraiment payé trop facilement. Et l'on se frotte les

« iiiains. Vous souriez? C'est que vous ne c>ai!iai>.>cz u pas l'Allemagne d'aujourd'hui. C'est un pays de « marchands; ce ([ui y domine, c'est l'amour du « train; gagner de l'argent, être riche, on n'y a pas « d'autre idéal. »

Malheur au peuple qui ne comprendrait pas de tels avertissements. Je dis » au peuple», car le gouvernement de la Képuhlique, uniquement occupé do l'électoral et de ses dépendances, est incapable do les comprendre.

Pour en revenir à la Schimmelpfeng, nous dirons que le bureau des renseignements n'a pas disparu en France, bien qu'il ait été supprimé officiellement au ministère de la Guerre par les amis et protecteurs du traître Alfred Dreyfus. Il est tenu par Schimmelpfeng, voilà tout, et il fonctionne contre les Français.

En effet, il débarque chaquejour àParis des représentants de maisons allemandes qui vont tout droit à l'institut Schimmelpfeng et se font remettre immédiatement contre un bon prix — ils ne lésinent point — chacun selon sa spécialité, la liste de tous les clients de la concurrence française et la liste de ces concurrents français eux-mêmes. Fort de ces excellents tuyaux, le représentant allemand, très souvent juif, se présente à la clientèle avec une tranquille assurance, l'entortille et enlève l'alTairc à moins de frais. Ainsi se trouvent supjilantées et ruinées, sans même avoir eu le temps de faire « ouf ! », des maisons françaises, naguère prospères, et qui faisaient vivre un grand nombre d'ouvriers et d'employés français.

Voici un exemple t Miptuni'- aux articles de Pierre Marcuilles

l'agence scuimmelpfeng 21

« Il y a quelques années, il y avait à Troyes une industrie très prospère, celle des fabricants de métiers pour la bonneterie ; de l'aveu des gens de la partie, la concurrence étrangère ne pouvait lutter avec la production de ces fabriques. Un jour, deux ingénieurs allemands, agents d'une firme de Dusseldorf, s'engagèrent comme simples ouvriers chez l'un de ces fabricants de métiers, puis passèrent chez un autre, enfin firent un stage chez chacun des fabricants de la région. Un jour ils disparurent, mais alors^ chacun de ces fabricants s'aperçut que ses modèles, ses dessins avaient été copiés et l'on apprit alors la qualité de ces deux ouvriers si habiles. Bientôt la firme allemande pour laquelle ils avaient agi présenta dans la région troyenne, où l'industrie de la bonneterie est très répandue, des modèles de métiers copiés sur les modèles français, en un mot des contrefaçons habiles que la loi ne pouvait atteindre. Après cette firme, ce fut le tour d'autres maisons allemandes, en sorte qu'aujourd'hui, la presque totalité des métiers de bonneterie est fournie, dans la région troyenne, par les Allemands, et les fabricants français doivent se contenter des réparations. »

Voici donc dans une région bien déterminée, une industrie jadis très prospère et faisant vivre un bon nombre d'ouvriers qui, aujourd'hui, est en complet marasme.

Mais comment la Schimmelpfeng obtient-elle en France des renseiirnements si précieux?

A Taiae a une armée ae aemarcneurs nabiles, éprouvés, attachés les uns à la maison de Paris, les autres aux succursales des provinces, qui procèdent tantôt en démontrant aux enquêtes que c'est leur avantage de se soumettre à l'enquête, tantôt, suivant les têtes,

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par une demi-intimidation; et très rares sont les maisons de commerce qui osent envoyer promener les agents de la maison Schimmelpfeiig. La terreur d'une mauvaise fiche est pour elles le commencement de la sagesse. Mais la Schimmelpfeng ne se contente ])us de cela. Elle centralise tous les documents que lui fournissent en France, avec l'évidciite complaisance de l'État français :

!• Certains greffiers des tribunaux de commerce;

2® Certains greffes des justices de paix;

3* Certains huissiers;

4" Certains commerçants, espérant ainsi — par l'espionnage de leurs concurrents — s'immuniser contre les mauvais renseignements de Schimmelpfen^r;

;> Certains instituteurs et secrétaires de mairie.

C'est ainsi que les plus récentes enquêtes de l'agence Schimmelpfeng portèrent sur la production du blé en France, l'industrie des machines d'imprimerie françaises et, enfin, la soie et les tissages lyonnais.

Or, il est clair, qu*avec ces renseignements industriels et commerciaux, d'autres renseignements d'un autre ordre sont obtenus.

Il est avéré, en elTet, qu'il existe à l'agence trois ou quatre employés allemands ou juifs qui surveillent le travail de collationnement et de classement de leurs camarades et qui sont chargés de recueillir et de soustraire à la curiosité de ceux-ci les pièces particulièrement intéressantes, notamment celles qui concernent les officiers de l'armée française, surtout dans les garnisons de l'Est. Ces pièces, et en général tout ce qui a un caractère d'intérêt politique, sont immédiatement soumises à la direction de Paris, laquelle les transmet à la direction

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de Berlin, Ce qu'elles deviennent une fois à Berlin, il n'est pas nécessaire d'être grand clerc pour le deviner.

Nous n'étonnerons personne en disant que l'agence vSchimmelpfeng s'honore d'avoir ici même, à Paris, la clientèle allemande la pins sérieuse, la pins haut placée.

Comme, dans tous les sujets les plus graves, il faut toujours une note ironique, la voici :

On sait aujourd'hui, de source certaine, que, dans le même temps que l'agence Schimmelpfeng procédait à cette quête secrète de renseignements commerciaux, « militaires et sentimentaires », — comme eût dit le prinne de Ligne, — auprès de complaisants dresseurs de fiches, notre délicieux Vadécard recueillait, pour le ministre mouchard André et pour les Percin de son entourage, des renseignements analogues auprès des mêmes individus. Que ce soit pour le compte de l'Allemagne^ que ce soit pour le compte du Grand-Orient, ce sont toujours les mêmes, en effet, qui ont le goût et les aptitudes pour ce genre de travail occulte et discrédité. Le pire châtiment du mouchard, c'est qu'il est exposé à servir d'espion. Il lui est difficile de prévoir l'utilisation ultérieure de son mouchardage. C'est ainsi que, des mêmes officines radicales etjudèomaçonniques — ae 1900 jusqu'à aujourd'hui — s'envolèrent des fiches de délation militaire, établies en double, qui prenaient aussitôt deux directions : Vune, par Schimmelpfeng, vers Berliji; Vautre, par te Crraj^d- Orient, vers le ministère de la Guerre françaiSy rue Saint- Dominique, à Paris. Le « Corinthe et Carthage >i d'André avait ainsi sa réph'qus au cabinet prussien.

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Il est impossible d'imaginer rien de plus atroce, ni de plus complet. Cette collaboration de Scbimmelpfeng et de Vadécard dans la même besogne, — patriotique quant à Schimmelpfeng, anti-patriotique quant à Vadécard, — collaboration voulue do toute éternité par les affinités de la maçonnerie pour le juif et du juif pour l'Allemand, cette collaboration de l'espion et du mouchard définit et symbolise à jamais l'oeuvre de la République contre la Patrie.

Il est très intéressant de se rendre compte de la façon dont les délateurs des loges devenaient, plus ou moins sciemment, des espions au service de l'Allemagne. Les officiers français, leurs camarades, qu'ils mouchardaient ainsi sont bien vengés par cette constatation.

Au moment où fut dévoilé le scandale des fiches — grâce à l'énergie et à la ténacité de Gabriel Syveton — le personnel de l'Institut Schimmelpfeng ne fut qu'à moitié surpris de constater que les principaux informateurs de Vadécard étaient en même temps les plus zélés correspondants de Schimmelpfeng. Un grand nombre de ceux-ci, pris d'une frousse intense et prévoyant l'indignation de leurs compatriotes, le jour où le pot-aux-roses complet serait découvert, se hâtèrent d'adresser leur démission à l'agence du boulevard Montmartre, ce qui n'alla pas sans causer une perturbation profonde dans tous les services. Le directeur du bureau de Paris à cette époque, M. Karl Klec, depuis conseiller du commerce extérieur en France, n'était pas, lui non plus, très rassuré. On ne savait pas comment les choses allaient tourner. Si l'opposition prenait le pouvoir... Si on crdonnait des perquisitions chez les fichards et les francs-nouchards... Si l'on trouvait chez eux la preuve

l'agence schimmblppeng 25

de leurs relations avec l'agence Schimmelpfeng... C'eût été le désastre. Pendant deux mois, ce furent des alertes continuelles dans les bureaux du boulevard Montmartre. On saisit le prétexte d'un agrandissement pour entasser les archives — comprenant déjà plus de six cent mille dossiers (!) — dans de vastes caisses. Il n'y avait plus qu'à clouer et à mettre en lieu sûr.

De plus, il fut défendu expressément aux rédacteurs chargés du service de la province, et jusqu'à nouvel ordre, de continuer à demander leurs renseignements aux fonctionnaires, greffiers de justice de paix, secrétaires de mairie, huissiers, etc.. On ne devait plus s'adresser momentanément qu'à des commerçants choisis, de préférence abonnés de la maison.

Enfin, une circulaire confidentielle de 1905 interdit de répondre aux demandes de renseignements concernant :

!• Les officiers, même en congé;

2° Les fonctionnaires ;

'S"" Les journaux et les journalistes.

La circulaire spécifiait que les rédacteurs de l'agence ne devraient dorénavant tenir aucun compte des opinions politiques prêtées par les correspondants aux personnes sur lesquelles des renseignements seraient demandés. Un pareil luxe de recommandations et de précautions, à la suite du scandale des Fiches, prouve surabondamment qu'avant ledit scandale, les renseignements fournis par Tlnstitut Schimmelpfeng yi'éiaient pas exclusivement industriels et commerciaux.

L'eussent-ils été, le seraient -ils demeurés que leur nocivité, au point de vue français, n'en demeurerait pas moins redoutable. Témoin cette maison allemande

de la région lyonnaise avec qui on eut une petite difficulté et à. qui la Scliiminelpfeng écrivit : « J'espère t que nous marchons d'accord, sinon je serai forcé de « communiquer votre procédé aux bureaux de rent seignements belges et allemands qui me sont « connus. »

Un ex-abonné de Schimmelpfeng eut les yeux ouverts sur les agissements du fameux Institut par une campagne de discrédit, fort habile et sournoise, «; intre deux banques d'ailleurs très honorables qui avaient le tort de soutenir le commerce d'exportation locale. « On était en droit de se demander s'il n'y t avait pas, dans ces menées, une tactique voulue dont t les résultats, désastreux pour nos maisons d'export tation, eussent largement profité aux maisons « d'exportation allemandes. »

Un autre m'exposa comment Schimmelpfeng invite sc.>5 abonnés à jouer le rùle de guillotinés par persuasion : « J'étais abonné, comme beaucoup de mes € confrères, depuis plusieurs années, quand je reçus c une circulaire m'invitant, dam mon intérêt^ à « envoyer moi-même ma propre fiche boulevard c Montmartre, avec détails sur ma personne, ma t situation de f-rtune, mon industrie, ses résulUits, • les capitaux dont je disposais, le nombre de mes « ouvriers... Naturellement je n'ai rien envoyé du t tout et je n'ai pas tardé à cesser mon abonnement. •

Quelques commerçantset industriels, ainsiamorcés, puis tra<iués, cèdent à la crainte, soient qu'ils aient uii naturel enclin à la timidité, soit qu'ils aient entendu parler des représailles et vengeances possibles de l'institut Schimmelpfeng.

Je connais l'histoire d'un faln'icani <i<ii; «ir. jiiui\ais rcnseigueiuciils avaient pre:><pie acculé à la ruine,

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qui, d'abord, s'était fâché, puis composa et préféra, en fin décompte, devenir l'abonné de sespersécuteurs.

Dans une autre occasion — il s'agissait, cette fois, d'un commerçant des environs de Paris, — comme celui-ci exigeait une forte indemnité, on lui dépêcha un concurrent allemand qui s'installa à côté de lui et lui copia ses modèles. Les histoires comiques ou dramatiques, de soumission ou de révolte des industriels et commerçants français sont si nombreuses, que le chapitre Curiosités du rapport annuel de l'Institut, eût-il cinq cents pages de petit texte, ne suffirait pas à les contenir. Ajoutez à ceci que les dossiers concernant les personnes — et même leur vie privée — en dépit de la circulaire de 1905, ne manquent pas à l'agence et qu'un de ses directeurs, il y a une dizaine d'années, pouvait se targuer publiquement d'êti^ mieux documenté sur la plupart de nos hommes politiques que le Préfet de Police lui-même. Ce n*est pas beaucoup dire, il est vrai.

Cependant qu'elle procède ainsi vis-à-vis des commer çants et industriel français^ l'agence Schimmelpfeng a un questionnaire encore plus précis, qu'elle met à ladisposition des commerçantsetindustriels allemands installés en France et notamment du juif allemand, décoré de la Légion d'honneur, Lucien Baumann, directeur des Grands Moulins de Corbeil. Ce Baumann est, bien entendu, un des principaux clients de l'agence Schimmelpfeng.

Chaque fois qu'un employé de l'agence Schimmelpfeng prend un renseignement pour Lucien Baumann, il pose les questions suivantes sur chacun des boulangers que ses moulins fournissent

1** Combien occupe-t-il d'ouvriers ?

2** Travaille-t-il lui-même au fournil ?

28 l'avant-ouerrb

3° Combien emploic-t-il de sacs de farine par jour?

Il est bien entendu que les Grands Moulins de Corbeil ne sont pas les seuls à recevoir des renseignements de la Schimmeipfenç^^es moulins Vilgrain et Simon, de Nancy, sont <'£;-alenientses clients. (Jeuxci, demeurés français, n'ont toutefois rien de commun avec l'^s sociétés judéo-allemandes que nous poursuivons, par mesure de salubrité nationale. Il importe de ne pas confondre. Nous extrayons du numéro de l'Achon Française du mardi 19 novembre 1012 les lignes parues sous la signature de notre collaborateur F... et qui corroborent ce que nous avons essayé de dégager ici, à savoir qu'en dehors de l'intérêt commercial il est un motif plus puissant qui pousse Schimmelpfeng à se faire le fournisseur de certaines maisons de commerce et on particulier des grands moulins de Nancy.

Nous venons de voir que Lucien Baumann, de Corbeil, recevait des fiches de renseignements de Schimmelpfeng. 11 les payait à raison de 3 fr. 50 l'une.

t Eh bien, les moulins de Nrn^y, également abonnés de l'agence Schimmelpfeng. reçoivent des renseignements établis exactement comme ceux adressés à Lucien Baumann, mais eux, ne les paient que un franc dix.

« (Test cette difTérence de prix qui nous a donné l'éveil, car si, des deux clients de Schimmelpfeng, l'un devait être privilégié, c'était évidemment Lucien Haumann, compatriote de Schimmelpfeng, et non la maison française n'ayant aucune attache avec la clicpie juive-alleman<le.

<• Comment cxpli(p.er cela?

« On no peut l'expliquer que d'une seule façon :

l'agence schimmrlpfeno 29

t'estque schimmelpfeng, ayant un intérêt puissant a se renseigner sur la situation de tous les bou- LANGERS DE LA RÉGION FRONTIÈRE, c'eST-A-DIRE DES DÉPARTEMENTS DE LA MeURTHE-ET-MoSELLE, DES

Vosges et de la Meuse, devait, pour justifier ses

RECHERCHES ET SES ENQUÊTES, s'aSSURER, n'iMPORTE A QUEL PRIX, LA CLIENTELE DE LA SEULE MAISON SE TROUVANT EN RELATIONS d'aFFAIRES AVEC TOUS CES BOULANGERS.

« Cette explication est la seule logique et acceptable ; nous avons tenu, cependant, à nous procurer de? preuves indéniables de son exactitude. D'abord, il sera très facile de montrer qu'en fournissant au prix de 1 fr. 10 l'un ses renseignements, Schimmelpfeng fait, au point de vue commercial, une afiaire désastreuse.

« Premièrement, cette somme minime de 1 fr. 10 n'entre pas tout entière dans son coifre-fort, pui.squ'il accorde au courtier qui a traité avec la maison Vilgrain et Simon, une commission de dix pour cent; ce courtier reçoit en outre un traitement fixe de 200 francs par mois.

« D'autre part, nous avons démontré naguère que chacun des renseignements établis par Schimmelpfeng, lui revient, l'un dans l'autre, à 1 fr. 75 ou 2 francs.

« Comment, dans ces conditions, peut-il s'en tirer ?

« Pour résoudre ce problème, il n'y avait guère qu'un moyen : pénétrer dans Tantre de Schimmelpfeng et étudier, dans ses archives mêmes, quelques-uns des dossiers qui y sont sévèrement gardés et surveillés. Nous avons pu accomplir cette tâche et nous venons aujourd'hui mettre sous les yeux de nos lecteurs un des renseignements types de l'agence

Schimmelpfeng. Ce sont les copies de ces renseignements qui sont adressées aux clients.

« Voici, à titre d'échantillon, un de? nombreux rcnseiicnements adressés aux moulins Vilirrain et Simon :

« X..., boulanger à S... (Fosses)

« X... a repris de son père, il y a une dizaine d'années, cette bonne petite boulangerie de campagne qui, depuis plus de cinquante ans, a toujours été tenue par des membres de la famille.

tt II est honnête, intelligent et travailleur; il est bieii secondé par son fils, qui travaille avec lui au fournil ; sa femm^, aidée par un domestique, s'occupn des livraisons.

« La maison possède une bonne clientèle rurale; elle emploie en\nron dix gros sacs de farine par semaine.

« X... passe pour posséder une bonne aisance en dehors de son commerce et ses paiements s'effectuent correctement.

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