II
révolutionnaires ; les républicains vigoureux ne demandent pas au g^ouvernement de se montrer libéral et parlementaire, mais de rester à certains égards Jacobin. Fouché peut ajouter qu'à Paris même les royalistes affichent plus hautement leurs espérances, qu'ils profitent de l'espèce de vacillation qui s'est produite dans l'institution établie pour s'enhardir contre elle; le peuple doute, beaucoup de gens recommencent par habitude à crier contre le gouvernement. Dans la dernière crise, les journaux de droite ont singulièrement dépassé la note. Et Bonaparte trouve décidément que de ce côté on prend trop de licences : « Je ne veux pas, aurait-il dit, gouverner en chef d'État débonnaire (1) », et il semble que subitement des griffes lui aient poussé.
Avec la Révolution, il ruse, il rusera toujours; mais il juge que les menées du parti adverse, par leur caractère ouvertement rebelle ou factieux, méritent moins de ménagements. Durant toute la seconde partie de nivôse, ses insidieuses rigueurs contre les chefs de l'opposition parlementaire se doublent de mesures déclarées contre la Chouannerie et ses alliés à l'intérieur. Par moments, en face de la réaction montante, il se retrouve l'homme de Vendémiaire; contre l'Ouest en armes, contre les agitateurs et manifestants royalistes, contre la presse de droite, contre toutes les formes de la contre-révolution militante, il se retourne impétueusement.
(1) Mcinoires de Fouclie, t. I, p. 170. Un sait le» icservcs |tartiellcs qu'il convient de faire sur l'authenticité de ces Mémoires.