‹ L'avenir de l'intelligenceChapitre 56 sur 61 · FORMULES POLITIQUES ET MORALES D'AUGUSTE COMTE · texte numérisé non relu

FORMULES POLITIQUES ET MORALES D'AUGUSTE COMTE

L'esquisse générale du positivisme n'a pas permis de développer le détail de certaines idées politiques et morales, qui ont beaucoup contribué, ces dernières années, à l'influence et au succès croissant d'Auguste Comte. Il me paraît utile de détacher un certain nombre de passages qui déterminent assez bien le caractère de sa doctrine sur quelques points controversés.

1° LE POSITIVISME DANS SON RAPPORT AVEC LES CATHOLIQUES ET LES PROTESTANTS

« Je dois spécialement approuver, et même encourager, le projet de publication que vous me soumettez, et qui, s'il est bien exécuté, pourra beaucoup seconder notre propagande. Peut-être^ au lieu du mot « Anarchy », vaudrait-il mieux, dans votre triple titre, mettre < Protestantism », surtout en vue de votre milieu, mais sans altérer l'équivalence radicale des deux termes. Le moment est venu de réaliser le vœu que je formais en 1841, dans une note de ma Philosophie positive (t. V, p. 327), de concentrer les discussions philosophiques et sociales entre

les «atholiques et les positivistes, en écartant, d'un commun accoi'd, tous les métaphysiciens ou négativistes (protestants, déistes et sceptiques), comme radicalement incapables de coopérer à la construction qui doit distinguer le xix" siècle du xviii^. IL faut maintenant presser tous ceux qui croient en Dieu de revenir au catholicisme, au nom de la raison et de la morale ; tandis que, au même titre, tous ceux qui n^y croient pas doivent devenir positivistes.

« Quoiqu'on ne puisse pas espérer que cette netteté de situation se réalise dans la milieu britannique ou germanique, nous devons pourtant faire toujours sentir combien le protestantisme, sous tous ses modes, est contraire au siècle de la construction. Si, comme je l'espère, la France se débarrasse du budget ecclésiastique, il sera bientôt facile de combiner les catholiques avec les positivistes contre les négativistes quelconques. » (Lettre à John Metcalf, 1856.)

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