Voir Delbos, op. cit
autre », « la pure conscience de soi est clairement décrite dans sa vraie nature. On la retrouve la même dans toute conscience; aucune modification accidentelle de la conscience empirique ne saurait l'atteindre. En elle, le moi se détermine par lui-même et d'une manière absolue. Kant ne peut par cette pure aperception entendre la conscience de notre individualité, ni mêler la seconde avec la première, car la conscience de l'individualité est nécessairement accompagnée de la conscience d'un autre objet, d'un tu, et possible seulement sous cette condition '. » Le je pense de l'aperception pure devient donc le moi absolu de l'intuition intellectuelle. Il atteint une réalité substantielle comme le cogito de Descartes ^ Mais la loi morale chez Kant, le je dois, tendait à ne faire qu'un avec le je jjense : le moi absolu de Fichte sera le moi moral, la Liberté; et c'est dans la conscience de notre liberté que nous connaîtrons le moi absolu. Voilà le cogito de Descaries enrichi. — Fichte fait tomber le dualisme des deux raisons en même temps que celui du phénomène et du noumèue; et c'est par la psychologie qu'il résout le problème. Mais cette psychologie, se transformant peu à peu, finira — d'une autre façon que celle de Descartes et pourtant comme celle de Descartes — par absorber le moi dans le Tout. Il y a donc une science de la science qui remonte au principe de toute connaissance humaine. Ce principe, c'est l'activité du moi qui se pose. Le moi pose primitivement et absolument son propre être; il est agent et il est produit, et, en tant qu'agent, il est principe '\ Or, pour se poser, le moi s'oppose un non-moi qui le limite. Le seul moyen de se réfléchir est de se déterminer : il produit donc « un déterminant ». Le monde sensible provient de ce dédoublement du moi absolu en sujet et objet : sans objet pas de sujet, mais sans sujet pas d'objet. Dans la connaissance, en