‹ L'avenir de la philosophieChapitre 145 sur 265 · Laplacc, Dalambre, Arago, Ijiot, V^'. Ilerschell, Gauss · texte numérisé non relu

Laplacc, Dalambre, Arago, Ijiot, V^'. Ilerschell, Gauss

4. Rumford, Young, Faraday, Carnol, Fresnel, Fourier, Ampère: Niopce.

5. Fourcroy, Bertliollet, Vauquelin, (iay-Lussac, Thénard, Chcvreul, Dumas, Gerhardt; Davy, Dalton, WoUaston; Liebig, Avogrado, Berzélius. Voir Wurtz, lu The'orie atomique; Bcrthelot, la Synthèse chimique.

G. Mohr(l837J, Seguin (183'J), Mayer (1842), Colding, Joule. Voir Tait, Conf. sur quelques progrès récents de la physique.

apparaître la diversité, et au xix" elle a cherché surtout à y introiluirc l'uuité *. La géologie, la paléontologie -, — en attendant que naisse l'anthropologie préhistorique ', — la zoologie, — avec l'étude des animaux inférieurs et du développement de l'embryon, avec les progrès de l'anatomie comparée \ — non seulement s'enrichissent, mais se systématisent et travaillent à formuler des lois de délail à l'aide desquelles on contrôle de plus près la g-rande hypothèse de l'évolution et du transformisme ^.

En même temps, les applications industrielles de la science ^ des inventions diverses et sans nombre, développent, surtout en Angleterre et en France, la production, les échanges, par suile la richesse et le bien-être — dans les classes privilég'iées, du moins : la « transformation économique », commencée au xvm" siècle, se manifeste avec éclat. — Or l'imporlance croissante des phénomènes économiques devait se traduire par un avancement de cette science neuve, l'économie politique. Partout l'idée de progrès semblait se vérifier dans les faits : « Par un admirable synchronisme, toutes les découvertes contemporaines nous révèlent le changement continu et la création incessante de l'univers, comme elles nous révèlent la perfectibilité indéfinie de l'humanité. Ici, c'est l'école des anatomistes qui devance depuis longtemps la divination philosophique, en prouvant la continuité des progrès dans la série des êtres. Là, c'est une science presque nouvelle, la

1. Le mécanisme carlésien avait été, dans une certaine mesure, battu en brèche par la renaissance de nombreuses forces occultes : au xix° siècle, il y a tendance à ce que la malhémalique et la force restent seules en présence. Voir Janet, la Phil. dynamisln (Revue des Deux Mondes, V' mai 1874).

2. Éiie de Beaumont, Guvicr (voir son Discours sur les rcvolutions du ijlobe), Humboldt, Lyell; Brongniart, Buckland, Lindley.

3. Thomsen, Boucher de Pciihes (voir de Morlillet, le Prehistorkjue; Topinard, l'Anlhropoloqie).

4. LamarcU, Cuvier, Et. GeolTroy Saiut-Hilaire, Henri Milne Edwards, Dugès, Flourcns, Sars, Ehrenberg, von Bacr.

3. 1830, débals de Cuvier et d'El. Geoffroy Saint-Hilaire (voir Terrier, la Phil. zoolof/ique avant Darwin).

6. Watt, Jacquard... (voir Thurslon, Histoire de la machine a vapeur; Bourdeau, Histoire des arts utiles';.

géologie, qui tous les jours renonce à ses théories de cataclysmes et de bouleversements pour expliquer par un développement continu la formation de notre globe. Assurément, elle préexistait à nos formules, à nos essais métaphysiques, cette belle synthèse scientihque, à l'aide de laquelle les naturalistes philosophes de l'époque actuelle essayent avec tant de succès d'expliquer l'animalité '. » Les économistes, en général, acceptent donc le progrès comme loi suprême, en même temps qu'ils commencent à démêler des lois particulières parmi les phénomènes sociaux. Seulement il faut faire ici une importante distinction : les uns, résolument optimistes, confiants en l'harmonie naturelle des choses, concluent au « laissez faire, laissez passer »-; les autres sont frappés, au moins autant que du progrès de la richesse, de l'inégalité des fortunes. Ceux-ci, sans doute, dans l'enthousiasme des conquêtes accomplies, font de 1' « exploitation du globe », de l'industrie, le but même de l'activité humaine; mais en même temps ils veulent remédier au contraste intolérable de « producteurs » et de « non-producteurs », d'oisifs (]ui jouissent et de travailleurs qui soufrent ; ils conçoivent que la vie économique n'est point quelque chose d'isolé et de réglé par d'immuables lois qui produiraient d'inévitables etïcls, mais que les phénomènes économiques, liés à l'état social tout entier, s'ils ont des conséquences fâcheuses, peuvent être modifiés par la société. Le travail philosophique du xvm*^ siècle avait aboutit à proclamer les droits de l'homme, le libre contrat, la liberté : mais la liberté ne suffit pas, ni le droit théori(|ue et l'égalité abstraite, si

1. Pierre Leroux, De la doctrine des prorjrds con/inus, ciLés par Perrier, le Transformisme, p. 40.

2. Voir Espinas, Histoire des doctrines économiques. École de Mancliester, dans une certaine mesure; orUiodoxes allemands; éclectiques français : l'école spiritualistc qui, avec des principes n priori, est pourtant, dans le détail, accueillante et conciliante, apporte les mêmes dispositions en économie politique, comme aussi en politique — où elle est l'école libérale. » Le libéralisme est appuyé sur les droits de l'bumanité.... 11 se réclame des vérités éternelles », dit Cliarles de Rémusat, et ces droits ne sont respectés que dans des gouvernements mixics. {Poliliquc Htjérale;\oir Ferra?., op. cit., pp. i02 sqq.)

l'inégalité règne et qu'il y ait impuissance réelle d'agir. Le progrès est la loi, mais Tindividualisme a tort ' : il faut, pour progresser, que la société s'orf/anise, qu'elle devienne de plus en plus société; elle n'est pas soumise à des nécessités métaphysiques, mais régie par des lois positives; et c'est en se connaissant par la méthode positive qu'elle peut s'organiser d'une façon toujours plus parfaite -.

Qu'il y ait une science des sociétés, qui se rattache à l'ensemhle des sciences et qui rattache la société à l'ensemble do la nature; qui constate, qui explique le progrès passé et qui, conscience du corps social, prépare le progrès à venir : voilà l'idée nouvelle qui se fait jour en France avec le socialisme des débuts du xix*" siècle. Ce socialisme dilîère de celui du précédent siècle, lequel, d'ailleurs, joua un faible rôle '' : il n'est ni étranger à la science, ni hostile à la richesse; il se rattache ainsi aux encyclopédistes et aux économistes : mais il dépasse les encyclopédistes en ajoutant une science aux sciences existantes; et il s'oppose aux économistes en absorbant dans une science plus large l'étude de la richesse. Ce problème des rapports du tout et de l'individu, que le xvni" siècle — en dehors de l'Allemagne — était impuissant à résoudre, tend à s'éclairer un peu, — s'il y a une solidarité positive de l'individu et de la société, un intermédiaire, le corps social, entre l'individu et la nature. Une vue tout expérimentale des choses intègre les sociétés et leur histoire * dans la série des sciences — comme dans les systèmes rt/?r/or/ ridée, en son évolutio)i, devenait l'Histoire et se réalisait par les divers Etats \

1. Voir, sur l'individualisme el ses diverses catégories d'adversaires, H. .Michel, ridée de l'Èlat.

2. Écoles historique et socialiste. Turbot, Adam Smith rattachaient déjà dans une certaine mesure l'économie politique à la vie sociale et à l'histoire. Voir Espinas, op. cit.: cL Janet, Histoire de la science politi'pie, Saint-Simon et le sainl-simonisme; Ferraz, Socialisme, Naturalisme, Positivisme; A. Comte, Cours de philosophie posilive.

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