Baillet, Sorbière, Saumaise, Ménage
3. Descaries n'aime pas à aborder les difficultés qu'on lui propose sur rinfini el sur les allribuls de Dieu en général; de même pour l'Incarnation, la Trinité, l'Eucharistie, l'immortalité de l'àme, l'enfer. Voir Principes, I, 25, 26 (Incarnation, Trinité, Infini : « ... nous ne ferons point difficulté de les croire, encore que nous ne les entendions peut-être pas bien clairement.... Nous ne nous embarrasserons jamais dans les disputes de l'infini...); lettre 47 A. M. (édition originale, li du t, II) : (« Pour le mystère de la Trinité, je juge avec Saint Thomas qu'il est purement de la foi et ne se peut connaître par la lumière naturelle ») ; lettre 138 A. M. (éd. orig., iv du t. Il) (Eucharistie : « ... je craindrais d'être accusé de témérité si j'osais déterminer «[uelque chose là-dessus », dit-il à Arnauld qui insiste sur un point après avoir eu sur un autre point des explications dans les Réponses aux IV'' ohjections); Réponses aux IP^ objections, A. M., p. llS-2(immortalilé de l'àme); cf. lettre 100
sur lesquelles il a maintenu obstinément le droit de discuter '.
L'existence de Dieu et Timmortalité de Tàme, dit-il, sont des vérités dont les fidèles sont convaincus par la grâce; mais les infidèles et les impies peuvent être convaincus par raison naturelle : et cela est fort heureux, car « quoiqu'il soit absolument vrai qu'il faut croire qu'il y a un Dieu, parce qu'il est ainsi enseigné dans les Saintes Ecritures, et d'autre part qu'il faut croire les Saintes Ecritures parce qu'elles viennent de Dieu - », ceux qui n'ont point la grâce pourraient voir là un cercle vicieux. Philosophe, il a donc mis tout ce qui relève de la grâce pure à la fois hors du doute et de la philosophie, pour ne traiter que ce qui relève à ses yeux de la raison naturelle et de la grâce tout ensemble : et il l'a fait beaucoup moins, quoi qu'il en ait dit, dans l'intérêt des infi-
A. M. (éd. orig., ix du t. 1); lettre 20 A. M. (éd. orig., ex du l. I) (Enfer : « ... Pour la question an Dei boniiati sil conventens liomines in xternum damnare, cela est de théologie; c'est pourquoi absolument vous me permettrez de n'en rien dire.... Les quatrième, cinquième, sixième, huitième, neuvième et dernier point de votre lettre sont tous de théologie, c'est pourquoi je m'en tairai, s'il vous plait »); cf. lettres 55 (éd. orig., xvi du t. il) et 134 (cxxiv du t. lll), et Réponses aux F/'" objections, A. M., pp. 221, 222, 22G.
1. " ... Dans la Sainte Écriture mên.e, les hommes sont souvent invités de tâcher à s'acquérir la connaissance de Dieu par raison naturelle; et celui-là aussi ne fait pas mal, qui pour la même fin ôte pour un temps de son esprit toute la connaissance qu'il peut avoir de la Divinité. » Lettre 7o A. .M. (éd. orig., x du t. II). « ... Moi je dis qu'on peut connaître par la raison naturelle que Dieu existe, mais je ne dis pas pour cela que cette connaissance naturelle mérite de soi, et sans la grâce, la gloire surnaturelle que non.-; attendons dans le ciel : car au contraire il est évident que cette gloire étant surnaturelle, il faut des forces plus que naturelles pour la mériter. Et je n'.ii rien dit touchant la connaissance de Dieu (jue tous les théologiens ne disent aussi; mais il faut remartjuer que ce qui se connaît par raison naturelle... peut bien servir à préparer les infidèles h recevoir la foi, mais non pas suffire pour leur faire gagner le ciel; car pour cela il faut croire en J.-C. et aux autres choses révélées, ce qui dépend de la grâce. » Lettre 6.3 A. M. (éd. orig., LX du t. II). Voir la Lettre à messieurs les Doi/ens et Docteurs de la Sacrée Faculté de Tkéolorjie de Paris, en tête des Méditations; Réponses aux II"" objections, A. M., p. 110 ; Lettres 2 (éd. orig., civ du t. II) (-• Pour votre (juestion de théologie, encore qu'elle passe la capacité de mon esprit, elle ne me semble pns toutefois hors de ma profession, pour ce qu'elle ne touche pas à ce <|iii dépend de la révélation, ce (jue je nomme proprement théologie; mais elle est plutùt métaphysiipic, et se doit examiner par la raison humaine... ..) et m (éd. oi-ig., xxxv du t. 1).