AVANT-PROPOS
Tolutionsouplutôttoutesles évolutions religieuses qui agitent le monde musulman ont dans nos pos* sessions africaines un contre-coup direct, profond. Nous ne saurions rester indifférents à la prétention qu'a le sultan d'être calife ; car, si cette prétention est justifiée, les cinq millions de musulmans auxquels nous commandons en Algérie et en Tunisie sont, en dehors et au-dessus de nous, sous l'action d'une autorité spirituelle et politique qui s'impose à leurs consciences aussi bien qu'à leurs volontés. Pense-t-on que ce soit là un péril sans gravité ? pense-t-on qu'il soit permis de le dédaigner sans imprudence ?
^n a inventé depuis quelques années à Berlin le mot de « question de la Méditerranée ». L'expression est plus juste et plus complète que celle de question d'Orient. Sur la Méditerranée, l'orient et l'occident sont unis par un lien indissoluble : l'islamismeM^our bien comprendre ce qui se passe à Alger ou à Tunis, il est important de savoir ce qui se passe à Gonstantinople. Le même courant moral circule le long des rives de la Méditerranée, depuis le Bosphore jusqu'au détroit de Gibraltar. Les quelques cheiks fanatiques qui se sont empa-
4 l'avenir DB la TURQUIE
rés de l'esprit d'Abdol-Hamid et qui le bercent de rillusion panislamiqne, si peu intéressants qu'ils soient par eux-mêmes, exerceront sans doute une influence décisive sur l'avenir dû monde. C'est pourquoi leur œuvre mérite d'être mise en lumière. Je m'y suis appliqué et je m'y applique encore de mon mieux.