‹ L'avenir du Canada [microforme]Chapitre 37 sur 76 · RIEN A CRAINDRE AU POINT DE VUE RELIGIEUX · texte numérisé non relu

RIEN A CRAINDRE AU POINT DE VUE RELIGIEUX

Nous n’aurions pas plus à craindre au point de vue religieux. La constitution des Etats-Unis est tellement agencée, qu’elle rend absolument impossible tout conflit d’une nature politico-religieuse. Aussi il n’y à pas d& pays où la religion catholique soit plus

libre et plus resr ‘© °©. D'ailleurs, s’il surgissait quelques diffcultés à cet égard, 01: ::,"rrions toujours compter sur le concours

des douze ou treize millions de catholiques qui habitent déjà les Etats-Unis.

Tels sont les principaux av'ntages que nous procurerait l’u-

nion politique avec nos voisins.

avoue qu’ils sont de nature à justifier le sentiment qui s’accentue de plus en plus en faveur de cette union.

L'opinion publique est tellement préparée à cette évolution politique, qu’il n’y a pas longtemps un aviseur de la couronne, l’hon. M. Longley, procureur général dans le gouvernement de la Nouvelle-Ecosse, a publié ce qui suit dans une revue anglaise de Toronto :

“Le temps a adouci les vieilles animosités et complètement changé les conditions dans lesquelles nos ancêtres se séparèrent des leurs, Pourquoi resterions-nous plus longtemps à l’écart ? Nos intérêts sont identiques. Pourquoi formerions-nous une alliance avec un peuple de quarante millions, habitant un pays éloigné de plusieurs milliers de milles du nôtre et dont les intérêts nationaux sont absolument différents, quand nous pouvons faire alliance avec un peuple de plus de soixante millions, voisin de nous et dont les intérêts nationaux sont identiques aux nôtres ? Le peuple de quarante millions des Iles Britanniques est à peu près rendu au terme de l’expansion dont il est susceptible ; mais le peuple de langue anglaise de soixante millions qui vit à côté de nous comptera bientôt une population de centaines de millions et exercera une influence prépondérante dans le monde, Pourquoi nous charger du fardeau du gouvernement national séparé, quand, sous une fédération, un pouvoir exécutif central peut gouverner

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la totalité aussi efficacement que la moitié du continent ? Voulonsnous une destinée capable d’enflammer l’imagination ? Alors, suivons le conseil de John Bright, unissons la grande race anglaise de l'Amérique du Nord et léguons à nos enfants une perspective et une destinée sans parallèles dans les annales du genre humain.”

I1 serait difficile assurément de prêcher plus ouvertement l'annexion, M. Longley fait partie du gouvernement de la Nouvelle- Ecosse qui, comme tous les gouvernements, doit refléter les vues et les opinions de la majorité du peuple de cette province. Depui< la publication de cet écrit, la législature de la Nouvelle-Ecosse s’est réunie, elle est même encore en session, et pas un seul député ne s’est levé en Chambre pour blâmer le procureur général Long: ley, ce qui prouve que les sentiments qu’il à exprimés sont bien ceux d’une bonne partie de notre population.

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