LES ANGLAIS EN
Il y a des gens qui sont assez injustes à l’égard de l’élément français ou assez peu au courant des évènements de 1837 pour dire que les Canadiens-français furent seuls déloyaux à cette époque. Cette erreur peut, il est vrai, se justifier par le fait que des français seuls furent exécutés sur les échafauds ; mais cette préférence, remplie de bienveillance pour les nôtres, ne devrait pas, ce me semble, faire oublier le grand rôle joué par certains apglais dans la rebellion., Les deux Nelson, deux hommes de tête et de cœur, et Brown, un grand patriote, étaient des anglais pourtant, ils étaient à St-Denis et à St-Charles, et si les canadiens-français qu’ils y commandaient doivent recevoir l’épithète de traîtres, quel nom les loyaux de nos jours ne doivent-ils pas donner aux Nelson et à Brown ?
Et Lyons McKenzie ! n’était-il pas à la tête des rebelles dans le Haut-Canada ? N’a:-t-il pas défendu avec courage et habileté la noble cause des patriotes ?
Non! ces cris à la déloyauté sont aussi injustes que ridicules et en défendant ce soir la cause de mon pays, je ne crois pas être déloyal ; mais si, pour défendre cette cause, il faut être dénoncé comme déloyal, qu’on me dénonce et je répondrai : ‘Je dois ma loyauté au Canada d’abord et non à des pays étrangers.??