NEO
tuellement les eatholiques de tous les emplois. En effet, le catholique se trouve dans la nécessité ou de refuser l’emploi, ou de jurer qu’il ne croit pas à un dogme fondamental de sa religion. Ce cas s’est présenté lors de la nomination de l’hon. Masson au poste de lieutenant-gouverneur. Homme franc et catholique sincère, M. Masson a refusé carrément de prêter ce serment traditionnel et il à fallu altérer la formule en usage jusque-là.
Il n’y a rien de tel aux Etats-Unis, où le catholicisme est sur un pied d'égalité avec toutes les autres religions, où tous les emplois publics, même la présidence, sont accessibles aux catholiques comme aux protestants.
C'est-à-dire que sous le régime britannique, nous avons la liberté, mais non l'égalité religieuse, au lieu qu'aux Etats-Unis, nous aurions les deux—la liberté et l’égalité—distinction qui a bien son importance.
Au Canada, la constitution énumère spécifiquement les pouvoirs des législatures et laisse au parlement fédéral tout ce qui n’est pas compris dans cette énumération. Cette prédominance des attributions fédérales sur les attributions provinciales donne lieu, comme on le sait, à bien des conflits et permet au gouvernement fédéral de poursuivre une politique de centralisation et d'empiétement qui menace de tout envahir.
Aux Etats-Unis, c’est tout le contraire ; les limites du pouvoir central sont spécifiquement circonscrites et tout ce qui est en dehors de ces limites est du ressort exclusif des législatures d’Etat, qui peuvent à leur guise légiférer et agir sans restriction aucune dans tout ce qui n’est pas défendu par la constitution.
Cette distinction, ou plutôt cette différence, a une énorme importance pour une province située dans les conditions où se trouve la nôtre, au point de vue national et religieux, à tel point que pour beaucoup de gens, ces considérations mènent à la conclusion que la province canadienne-française de Québec serait infiniment mieux sous le régime américain que sous la domination britanique.