‹ L'avenir du Canada [microforme]Chapitre 42 sur 76 · CONGRÈS CATHOLIQUE DE BALTIMORE · texte numérisé non relu

CONGRÈS CATHOLIQUE DE BALTIMORE

’ai pu constater moi-même la position que les catholiques occupent aux Etats-Unis, quand j'ai eu l’honneur d'assister, le 12 novembre 1889, au congrès catholique de Baltimore, en compagnie de mon ami regretté, feu MgrLabelle—un saint prêtre et un grand patriote—et de mon autre ami, l’hon. M. James MeShane, un autre grand patriote et un ami des Canadiens-français.

Ce congrès avait pour but de célébrer le centenaire de l’établissement de la hiérarchie catholique aux Etats-Unis et j’ai pu voir le respect profond que le peuple américain a pour le clergé

ra

tiquen peret au nettre par) CO, L-VOUS , Com- $ vous C'est s S’eXxs dis-

emett re les

pos’ n

on ou

walité açon.

atho-

la un reli-

UN OC e 12 #nie rand

uil

'étai pu

ru é

EE ee

catholique. Deux cardinaux—Gibbons et Taschereau un grand américain et un grand canadien—des centaines d’évêques, des milliers de prêtres et de laïques, traversant en procession les rues de de Baltimore et tout le monde, sur le passage, chapeaux bas, saluant cette force morale, armée pacifique représentant le catholicisme—voilà ce que j'ai vu et ce que je n’oublierai jamaus. C'étaient des citoyens libres qui s’inelinaient devant une religion libre, En présence de ce spectacle solennel, ma pensée se reportait instinctivement vers le Canada et je me demandais si, dans certaines villes de notre pays, une pareille procession n’aurait pas été attaquée et insultée par certains fanatiques qui constituent une partie notable de notre population ! Je voyais en imagination les religieuses et les processions dela fête Dieu insultées dans les rues de Toronto, je me rappelais les mauvais traitements et les persécutions auxquels les catholiques ont été et sont encore en butte dans certaines provinces anglaises du Canada et je regrettais que mes compatriotes ne fussent pas là par milliers pour constater la différence qui existe, au point de vue du respect pour les catholiques et leur religion, entre le régime américain et le régime britannique !

Ces réflexions m'ont inspiré les paroles suivantes, que j'ai prononcées à ce congrès :

‘ L'Eglise qu’il (l’évêque Carroll) à élevée sur le sol libre d’Amérique est aujourd’hui l’une des plus grandes églises du monde ; c’est par millions qu’elle compte ses membres. Elle respire dans toute sa plénitude l’air de la liberté, elle enseigne par le précepte et l’exemple que nulle part l’œuvre divine n’est mieux accomplie et le bonheur de l’homme mieux assuré que là où la liberté, la grande liberté, jouit d’un plus grand respect.??

En Angleterre, la loi et la constitution exigent que le souve- “ain soit protestant. Avant de pouvoir être couronné, il faut qu’il jure ce qui suit :

‘De maintenir les lois de Dieu, l'Evangile, La religion protestante réformée ainsi que les droits des Evêques, du Clergé et de l'Eglise. ??

Le serment d’office que l’on fait prêter aux principaux officiers publics, notamment aux gouverneurs et aux lieutenant-gouverneurs, sous le régime anglais, nie la transubstantiation, qui est le dogme fondamental de la religion catholique, ce qui exclue vir-

Page 1