ANGLAIS ANNEXIONNISTES
Nous l’avons déjà vu, mais nous allons le répéter pour bien faire comprendre la situation des esprits au Canada—le manifeste annexionniste de 1849 à été surtout l’œuvre des colons anglais. Sur des milliers de signatures on ne trouve à peine que quelques noms canadiens-français.
Le même phénomène se produit aujourd’hui: il n’y a qu'une ligue d’organisée en faveur de l’union politique du Canada avec les Etats-Unis; cette ligue à son siège dans l’Ontario et son se crétaire est M. Whyte, un aiglais.
C’est de cette province essentiellement anglaise et protestante que part le mouvement, comme ce fut des Anglais protestants que partit le mouvement de1849. Et le seul homme politique occupant une position officielle qui ait osé, dans ces derniers temps faire valoir les avantages de ‘ annexion, est le procureur général de la Nouvelle-Ecosse, l’hon. M. Longley, un des esprits les plus larges et un des Canadiens les plus distingués.
Voiei ce qu’il écrivait il n’y à pas longtemps dans une revue de Toronto :
‘6 A l’avenir, à mesure que cette question des destinées du Canada deviendra de jour en jour plus pressante e: plus urgente, je prêterai une attention respectueuse à tous ceux qui auront des arguments à faire valoir. Je ne craindrai pas d’ouvrir les yeux à la lumière, d’où qu’elle vienne. J'’écouterai tout ce que me diront les partisans de l’union politique avec les Etats-Unis et j'y atta. cherai autant de considération qu’à ce qui me sera représenté par les impérialistes. Je soutiens positivement et dela manière la plus emphatique que tout citoyen du Canada, au service de la couronne ou non, à autant de droit de défendre dans une assemblée publique; par des arguments honnêtes, la cause de l’union avec les Etats. Unis, qu’en a tout autre citoyen de soutenir la cause de la fédéra.
tion avec l’empire ou celle de l’indépendance. Au Canada, il n’y a pas de serviteur de la couronne, depuis le premier ministre jusqu’au plus humble employé, que son serment d'office puisse empêcher, dans n’importe quelle assemblée publique, d’exprimer à ses concitoyens, quand il devient de son devoir de le faire, ses convictions sur la meilleure ligne de conduite à suivre pour décider des destinées du pays.??