M. MYERS
Et il serait bien injuste de croire que ce sentiment annexionniste est hostile aux Canadiens-français. Ceux qui ont assisté à la mémorable discussion faite en novembre dernier dans cette salle et qui ont entendu le discours prononcé par M, Myers, un des avocats distingués de l’Ontario, n’ont pas oublié les paroles sympathiques qu’il prononça à l’égard de la race française.
‘Il y a des gens, disait-il, qui pensent que l’union politique du Canada avec les Etats-Unis serait la mort de la race française en Amérique. Il y a longtemps que l’on dit que cette race ddit périr. On le disait après la cession du Canada, lorsque 70,000 Français, pauvres et abandonnés, étaient livrés au régime militaire de l’Angleterre, et ces 70,000 hommes, au lieu de mourir, sont aujourd’hui au nombre de 2,500,000, répandus dans toute l’ Amérique du Nord où il: proclament la vitalité de leur race et l’inutilité des efforts tentés pour la détruire. Après la guerre franco-prussienne, les ennemis de la France disaient bien haut qu’elle était morte ; or en quelques mois elle à payé sa rançon de 5,000,000,000 avec l’éconoie de son peuple et elle a repris depuis, grâce à une politique intelligente et libérale, la position enviable qu’elle occupait avant dans le monde européen. Les Anglais ont renoncé depuis longtemps, et pour de très bonnes raisons, à l’idée de faire disparaître la race française ; c’est une puissance avec laquelle il faut compter, c’est une race qui ne meurt point. Riche, savante, littéraire, économe et laborieuse, elle domine toutes les situations et survit à tous les malheurs. ”?
Nous avons applaudi à ces aobles paroles prononcées par une des victimes de l’injustice politique ; M. Myers avait perdu une situation lucrative sous le gouvernement de l’Ontario, parce qu’il avait eu le cœur d’exprimer son opinion et de la défendre honnêtement. Honneur à des hommes qui ont ce courage et honte à ceux qui ne l’ont point !
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