‹ L'avenir du Canada [microforme]Chapitre 58 sur 76 · NOS CITÉS ET NOS VILLES · texte numérisé non relu

NOS CITÉS ET NOS VILLES

Tous ceux qui ont voyagé aux Etats-Unis ont pu remarquer la merveilleuse rapidité avec laquelle, sous le souffle puissant du progrès américain, les cités et les villes naissent, progresser” et deviennent importantes. Québec est plus ancien que Boston ou New-York, et pourtant constatez la différence défavorable pour nous entre ces trois villes. Montréal, un peu plus jeune que Québec, date de 1642, et nous allons célébrer dans quelques jours le 250 ème anniversaire de sa fondation, Malgré les deux siècles et demi de son existence, il serait ridicule de comparer notre métropole avec cent autres villes de la république voisine, Pourquoi nos cités et villes sont-elles restées stationnaires, quand d’autres plus ieunes, aux Etats-Unis, atteignent un degré de prospérité qui n’est pas toujours constaté dans le vieux monde ? et pourquoi d’autres qui sont nées dans les cinquante dernières années, chez nos voisins, étonnentelles le monde par leur richesse et leur splendeur ? Pourquoi Chicago, né dans ces dernières années et sorti des cendres d’un grand incendie, compte-t-elle plus d’un million d’habitants et recevra-t-elle cet été le monde entier dans cette grande Exposition Colombienne qui fera sa gloire en même temps qu’elle célèbrera la

découverte de l’ Amérique ? Pourquoi ? sinon parce que les Etats- Unis, qui sont capables de faire ces grandes choses, sont indépen’ dants, libres de toute entrave européenne et en état, sans l’intervention de qui que ce soit, de prendre sous l'égide du drapeau de l’indépendance leur place parmi les peuples libres et souverains ?

Imaginez donc, vous qui voyez clair, ce que seraient Montréal, Québec, Toronto, Ottawa, Winnipeg, Regina, St-Hyacinthe, St- Jean, Sherbrooke, Valleyfield, Trois-Rivières, Beauharnoiïis, Sorel et nos autres cités, si, placés dans les mêmes circonstances que le peuple américain, nous avions pu leur donner cet essor vigoureux vers la prospérité, que les Américains ont donné à leurs anciennes cités et à leurs cités naissantes.

Canadiens, mes chers compatriotes, ne constatez point ce fait pour vous humilier, car vous ne méritez pas l’humiliation, mais pour vous engager à pousser de l’avant dans la voie du progrès et à cesser d’être les inférieurs de ceux par lesquels vous vous êtes laissés dépasser.

Sursum corda ! élevez vos cœurs, entrez dans la voie du progrès vers laquelle vous convient vos nobles aspirations et devenez quelque chose, des hommes libres, indépendants, de progrès, pour vous assurer à vous-mêmes et à vos enfants la place que vous devez occuper sur ce continent américain, où tous les hommes sont quelque chose, quand ils le veulent.

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