NOS COLLÈGES ET NOS COUVENTS
Nos collèges et nos couvents, si nombreux et si prospères, reçoivent déjà un certain nombre d’américains qui demandent à nos institutions enseignantes l’instruction classique dont ils ont besoin. Personne, cependant, ne peut nier que ces institutions recevraient cent fois plus d’américains si le Canada était indépendant, au lieu d’être une colonie anglaise. Les Américains sont pratiques, essentiellement pratiques, et il leur répugne d'envoyer leurs enfants dans nos collèges et nos couvents parce qu’ils eraignent que notre instruction, dans l’état colonial dans lequel nous nous trouvons à tort ou à raison, à tort je crois, ne soit pas en harmonie avec les conditions nécessaires à leur état social et politique, Puis, les Américains n'aiment point l'Angleterre et s’imaginent toujours trouver dans une de ces colonies une instruction qui ne convienne guère à leurs enfants. L'émancipation coloniale ferait
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disparaître ce préjugé et décuplerait, j'en suis convaincu, Île nombre des enfants d'Amérique qui viendraient fréquenter nos collèges et nos couvents, parce qu’elle donnerait plus de garantie d’une instruction pratique et nationale, dans laquelle la liberté convenable aux Américains remplacerait l’état de sujétion dans lequel se trouvent nécessairement les esprits avec l’état colonial.