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LES SACERDOCES

longue, pourtant, se constitue un sacerdoce professionnel^ : les prêtres soignent les statues, veillent aux ustensiles sacrés ; les plus populaires parmi eux, les Kher-heboUy sont les sorciers qui savent correctement réciter les formules magiques^. Seulement leur importance reste faible, leur rôle quasi nul ; les cultes provinciaux sont confiés aux princes des nomes et desservis par d'humbles communautés.

Mais voici l'expulsion des Hyksos et l'avènement de la xvm® dynastie : dès lors tout se transforme. « L'organisation des communautés sacerdotales dans les temples des dieux se généralise, et par là s'augmente le nombre des prêtres : comme les temples s'enrichissent et augmentent leurs biens-fonds, on doit les doter d'une administration forte. Jadis les grands de l'état revêtaient incidemment les fonctions sacerdotales; maintenant les prêtres professionnels pénètrent

jamais effacé, tout au contraire : le roi seul existe au regard du dieu, son père, soit qu'il lui fasse des offrandes, soit qu'il lui bâtisse un temple ; et cest lui seul que le dieu récompense par l'octroi de la victoire ou d'une longue vie [Erman, 5o-56].

^ Du même temps datent sans doute les progrès de l'architecture religieuse : les proportions des temples s'agrandissent, leur ornementation se fait plus brillante; les avenues qui y donnent accès s'élargissent et se parent de statues (lions ou béliers), d'obélisques, de piliers, de pylônes; l'autel se dresse dans une cour entourée de colonnes [Erman, 43]. — A la tète de chaque temple il y a un grand prêtre, c'est-à-dire un chef de la domesticité sacrée.

* Les we'h sont peulr-ôtre des purificateurs. — Tous les prêtres se distinguaient extérieurement des laïques ; une propreté minutieuse leur était imposée [Erman, 58, 74]. Voir page 32. n.

en masae dans les fonctions administratives d'état et ceux d'Amon-Râ commencent à jouer un rôle politique* . . (Us) sont divisés en cinq classes : le prophète, ou « esclave du dieu », de première, deuxième, troisième classes, le «père divin * et le « pur (ouab)... En général, (ils ont) la tôte rasée... Ils (doivent) servir le dieu d'après le rituel, ordonner et conduire les fêtes et les processions, cl présenter les offrandes... Tout... (est) minutieusement réglé (par la liturgie) ; on y mentionne jusqu'aux plus petits détails des mouvements de l'officiant, les formules et prières qui accompagnentchaque arte. Pour la toilette quotidienne du dieu et la purification de sa demeure,... à Thèbes, le rituel... prescrit environ soixante cérémonies. * »

La puissance de ce sacerdoce et de son chef, le premier prophète de Thèbes, inquiète de bonne heure les rois, C*est peut-être pour restreindre le prestige d'Ainon que Thoutmosis IV restaure le vieux culte solaire de llarmakhouti et qu'Aménothès III organise, à Thèbes même, un culte rival du culte officiel, le culte du disque solaire Atonou. Aménothès IV, son fds, va plus loin encore. Il proscrit ouvertement et dans toute l'Egypte, sauf à Tlièbes, le culte d'Amon ; il change son nom, où reparaît le radical du dieu maudit ; il change de r('\sidence, afin de le fuir ; il bâtit, dans le nome hcrniopolitain, une capitale nouvelle ; il lui donne,

* Lange : Les Egyptiens [Ghantepie... Manuel... trad. fr. llô- H7j. Sur la tonsure des prêtres d'Isis, cf. Dennison : American Jûumaiùf archeology, V, 1904, 341.

LA DEFAITE D AMON Tut

il se donne à soi-même le nom de son dÎMu Atuimn Khouïtatonou supplante Thèbes; Khouiiialoimij ^ jiiil oublier Aménoihès. Le roi exalte son pairun d;iMs rîi.s hymnes d'une belle allure. Et TÉgyptesc riMirln\ sflmcieuse, sous le caprice du maître ^.

Elle se relève bientôt. Un des gendres di* KlMuiiiiatonou et son deuxième successeur, Tfnil:>nkli;initiii, renverse le dieu parvenu et réinstalle au v^mi^ ^u[u-r\nv le patron glorieux des Thébains. Dès lors, hi <^n';ui't< fir de celui-ci ne connaît plus l'infortune, <Im fnuîit^ hifil que dure la grandeur égyptienne. ILinuh;ihî d li's Ramsès et les pharaons de la xix® dyna.'^iit* .scnrl jijus dévots envers lui, et plus prodigues enverî^sis |rm[il+"s, que ne l'ont jamais été les Thoutmosis iM 1rs Aiiu nîitv mait. La théologie est refondue afin qu'il fHji>;<oornf prr une place d'honneur : on montre en lui ji^ Ihru mmju'* organisant les éléments, et tirant de son olrr s.i fi l(ïli* et une personne, père, mère et fils de Dirii en iHi^rn*' temps que Dieu un. Des libéralités sans nuMim su < rinf^-

* Amenothès = celui à qui Amon s'unit ; Kh^iUPiiîitndisti — hi gloire du disque.

'Cf. Breastcd : A cily of Ikhenaton in Nubiti \yjL /'ur ihffftK Sprach uncl Aller lumskunde ^ 1903, 106]; Davir^i Tiff Hutk Tombs of El AmarnUy I, The lomb of Meî'ytti, Ljmthîjk VM\'A [Meryra est, jusqu'à ce jour, le seul grand-pn''hr i nniiu ifAI^. nou]. Pour Davies, « la nouvelle religion ne i iHivhn u'\ (ùilteignit jamais aucune subtilité intellectuelle, ni nncinK* imiriin^ tion sublime » [d'après Gapart, loco ci lato] ; Mî!s|hHo [nu^i' Hc même. — Amenothès IV régnait vers 1450. Son Almiim n riuîr qu'une dérivation des formes secondaires de RTi ; Tn^iis I rx-Jtation d'Atonou devait nécessairement modifier h^ tv\]i^Um hvidJtionnellc.

sent sa richesse *. Des hymnes sans nombre disent sa grandeur 2 : elles sont moins formalistes, plus émouvantes, plus vivantes que les chants des temps anciens.

« Tu t'éveilles bienfaisant, Amon-Râ-Harmakhis ! tu t'éveilles juste de voix, Amon-Râ, seigneur des deux horizons ! bienfaisant, resplendissant, flamboyant ! Ils rament tes nautonniers...! ils te font avancer tes nautonniers...! tu sors, tu montes, tu culmines en bienfaiteur...! Tu parcours le ciel d'en haut, et tes ennemis sont abattus ! Tu tournes ta face vers le couchant de la terre et du ciel : éprouvés sont tes os, souples tes membres, vivantes tes chairs, gonflées de sève tes veines ! ton âme s'épanouit ! On adore ta forme sainte, on te guide sur le chemin des ténèbres, et tu entends l'appel de ceux qui t'accompagnent derrière la cabine

• Maspéro : Petite Histoire, 326, sq. A lui revient la plus grande part du butin fait en Syrie. Thoutmosis III donne sept villes de Syrie àAmon ;en trente ans, Ramsôs III donne aux temples 113 433 esclaves [Maspéro, 11,271]. Sous Ramsès III, les temples d'Amon de Thôbes possèdent 2 393 kq., 81322 serfs, 421 362 tètes de bétail ; ceux d'Héliopolis 441 kq , 12 963 serfs, 45 544 têtes de bétail; ceux de Memphis 28 kq., 3 079 serfs, 10 047 tôles. — Un obélisque de Munich nous retrace la carrière du grand prêtre Bekenchon, sous Ramsès Ilï : il reçoit d'abord une éducation militaire, puis devient we'by troisième, puis second, puis jo/'e?/iier prêtre d*Amon à cinquante-neuf ans, titre qu'il garda vingt-six ans ; il est surintendant des travaux royaux à Thèbes [Erman, 731-

* Cf. Gardiner: Hymns to Amonfrom a Leiden papyrus [^V- 2tft. XL, II, 12] [Erman, 84-85]. — Au temps du nouvel empire, ce n'était pas des prêtresses, c'était des Egyptiennes (laïques) qui chantaient et dansaiefit devant « le beau visage » du dieu [Erman, 74].

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