LE TRIOMPHE D*AI10N
en poussant des exclamations. Les nautonniers de ta barque, leur cœur est content; le seigneur du ciel est en joie; ... le ciel est en allégresse, la terre est en (liesse), les dieux et les hommes sont en fôte, afin de rendre gloire à Rà-Harmakliis, lorsqu'ils le voient se lever dans sa barque et qu'il a renversé les ennemis à son heure!...
«Lève-toi, Râ, dans l'intérieur de ta cabine. Fort est Rà; faible, l'impie ! Haut est Râ ; foulé, Timpie ! Vivant estRâ ; mort, Timpie ! Grand estRà ; petit, Timpie ! Rassasié est Râ ; affamé, Timpie î Abreuvé est Râ ; altéré, l'impie ! Lumineux estRâ ; terne, l'impie ! Bon est Râ; mauvais, Timpie! Puissant est Râ; faible, l'impie! Râ existe ; Apôpi est anéanti !
« Oh! Râ, donne toute vie au pharaon! Donne des pains à son ventre, de l'eau à son gosier, des parfums à sa chevelure ! Oh ! bienfaisant Râ-Harmakhis, navigue avec lui, en prière!... Honneur à toi, vieillard qui se manifeste en son heure, seigneur aux faces nombreuses, Uraeus qui produis les rayons destructeurs des ténèbres! Tous les chemins sont pleins de tes rayons ! C'est à toi que les cynocéphales donnent leurs offrandes...! Tu as illuminé la terre plongée dans (la nuit) ; tu adoucis la douleur d'Osiris ! Ceux qui goûtent les souffles de la vie, ils poussent des exclamations vers toi...! O bienfaisant Râ-Harmakhis ! Epervier saint à l'aile fulgurante ; phénix aux multiples couleurs ; grand lion qui estpar soi-même...! bienfaisant Râ-Harmakhis! Tu te rues, mâle sur les femelles, taureau la nuit, chef en
plein jour, beau disque bleu, roi du ciel, souverain sur terre, Râ, créateur des êtres!...
a II a créé le sol, l'argent, Tor, le lapis vrai, à son bon plaisir! Il fait les herbages pour les bestiaux, les plantes r|j>iit se nourrissent les humains! Il fait vivants les plissons dans le fleuve, les oiseaux dans le ciel...! Si HS béni pour tout cela. Un unique multiple de bras ! . . . Saïat à toi ! Louange à toi, parée que tu demeures parmi nous ! Prosternations devant toi, parce que tu nous crées! Tu es béni de toute créature...! Les dieux s'inclinent devant Ta Sainteté ! Les âmes exaltent qui les a créées ; ... elles te disent : « Va en paix, père des pcres de tous les dieux, qui as étendu le ciel, suspendu la Lcrrc... ; nous te faisons des ofl*randes parce que tu nous as créés ! nous te faisons des bénédictions parce ijuc tu demeures parmi nous ^ ! »
' Papyrus de Boiilaq, II, pi. 11 ; cité par Maspéro, petite Ilistt'ii^e, 329-334. — Amélineau retrouve là le monothéisme judéotfirCiien. D'après Maspéro, « ces idées élevées demeurèrent l'upiinage d'un petit nombre de docteurs ; elles ne pénétrèrent l>ïis la masse de la population. Loin de là. » Voir la note 2, p 44. Le Conte des Deux Frères atteste la croyance à la création L^l à la providence: Horus est considéré par le peuple comme nit justicier qui parcourt le monde.
Le mouvement théocratique, l'absorption progressive de la religion traditionnelle par une classe sociale, la confiscation des Jjcux parles prêtres, tout cela semble avoir suscité une religion nouvelle dans les classes populaires : les petites gens avaient ijL'Boin de protecteurs qui fussent bien à eux. De là, sans doute, Irs petits dieux qu'on aperçoit à ce moment : Neschmet, Bes, Tdëris, Patake, Onuris, Nefer-tem, Imhotep, Beki.On trouve leurs images dans les maisons ; ils chassent les mauvaises bètes. Sur Imhotep, voir G. Foucart : Rev. hist. relig. 48, 1903, 362.— i}n iidjoint à leur troupe d'anciens rois populaires (Aménophis I,