‹ L'avenir du christianisme: Le passé chrétien; vie et penséeChapitre 25 sur 102 · LA THÉOCRATIE SOLAIRE · texte numérisé non relu

LA THÉOCRATIE SOLAIRE

Le sacerdoce solaire protitait des progrès *ic son dieu : il mettait la main sur l'état au temps tic la xx* dynastie. SousRamsès IV, le pi^emiei* prophète iUïinsvh Nakhouitou est aussi puissant que le roi; lorsqta* rrirurt Ramsès XII, dernier prince de celte dynastie, llriliorou, premie?' prophète d'Amon, vice-roi d'Ethiopie, général en chef des troupes nationales et étranirrrri?^ réclame et usurpe la couronne. Le tanite SmcmUs est impuissant à la lui ravir ; et, si Sheshonq I parvit^nl h réduire ses successeurs et les exile en Nubie, ri'ux-fi y organisent un royaume indépendant autour <lr la ville de Napata, qui tend toujours à remettre lu imnn surThèbes.ll yparvientautempsdcPiankhi-Miainiïiiiii ; il restaure même à son profit, sous le règne de Sahat'uii, l'unité politique de l'Egypte. Et, s'il est détruit a sun tour par les Assyriens vainqueurs, surtout par Ivs révoltes féodales S il reste que, pendant plus iW liiiit siècles^le sacerdoce solaire a exercé une actioii dvdsive sur la vie nationale de l'Egypte'.

sa mère Nefret-em), ou des animaux sacrés [Erman, 77**<i2t lli-s cuUes populaires font penser au culte des saints dr li |n.Kiiio germanique.

* Au début du vii« siècle.

* xv«-viu«.

' Smendès est le fondateur de la xxi» dynastie, Innllt^; Sheshonq 1, le fondateur de la xxii«, bubastite (on siiU uull s'allia à Salomon). — C'est vers 730 que Piankhi-Minnmitîit i h( appelé par les barons et conquiert l'Egypte. Si le saïte Tiifn:iklnl* refoule au sud son successeur Kashto [+ 715], le fils dv Knshtf^ Sabacon [+ 7031 bat et tue Bocchoris, fils de Tafnakliiri ri n ataure Tœuvre de Pionkhi. C'est Shabitkou, le fils de Siibocon,

En manière de conclusion S on soulignera un trait également apparent aux deux époques de l'histoire religieuse de cette antique contrée.

De mystérieuses formules ont ranimé Osiris ; les

qui laisse démolir l'œuvre conquérante des rois-prêtres de Napata : il est battu à Altakou par les Assyriens de Sennacherib, il est pris et tué par Taharqou, seigneur du gebel Barkal. Mais Taharqou, battu par les Assyriens [et le parti assyrien en Egypte dont Nechao est le chef), fuit à Napata vers 670; son beau-fils Tandamani est vainqueur des Assyriens, grâce aux Ethiopiens, en 666. Nechao abandonne alors les Assyriens ; son fils Psammetik les chasse, écrase les seigneurs à la bataille de Momemphis et fait reconnaître son autorité à ïhèbes, sinon à Napata. Sa politique xénophile lui aliène la classe des guerriers : elle s'exile en Ethiopie vers 620. Cf. Wreszinski : Die Hohenpnesler des Amon. Berlin, 1904 [donne la liste chronologique de 84 grands prêtres]. * La vieille Egypte disparaît lorsque se consomme le schisme du nord et du sud, lorsque s'organisent Tune contre l'autre la royauté de Tanis ou de Sais, la royauté de Thèbes ou de Napata; et ce, tandis que les Assyriens, les Babyloniens, les Grecs et les Perses menacent, sur les frontières. Il semble que toute la vie égyptienne soit alors dominée par la lutte de deux tendances ; chacune domine au nord et au sud ; l'une est novatrice de nature et d'inspiration étrangère ; la seconde est conservatrice et nationale. — Noter pourtant que, au point de vue religieux, l'Egyptien de Sais, est aussi conservateur que l'Egyptien de Thèbes [Erman, p. J69] : le prestige de Neith, la déesse de Saïs est très grand à l'époque saïte. Un peu partout, on remet en honneur les anciens dieux, les vieilles croyances, les vieilles formules des Pyramides ; on compile le Livre des morts, on va môme jusqu'à diviniser tout à fait les anciens sages, Imhotep et Amenophis, fils de Hapi, par exemple [Erman, p. 172-175]. Hérodote se montre très frappé de cette fervente piété. Le crédit des prêtres est plus grand que jamais : les Perses, Gambyse même, — qui a commencé par tuer un Hapi — cherchent à les ménager : convaincu par le médecin Uzahorresmet, Gambyse va humblement sacrifier à Neith et il chasse de l'enceinte sacrée les étrangers impurs [Erman. p. 183]. Sous Xerxès, l'usurpateur Ghabbasch fait une donation importante au temple de Bouto [Erman, p. 205].

LEUR GARACTèRB MAGIQUE 61

prêtres magiciens, (Ker-hebou), les premiers, semblent jouer un rôle ; et c'est sous la figure d'un magicien que Thot s'offre, à nous, Thot, le diçu d'Hermopolis. Ces faits dénoncent le caractère magique de la religion de rÉgypte : « les superstitions du temps passé sont embaumées dans le cœur du peuple presque aussi sûrement que les corps des chats et des crocodiles sacrés dans les hypogées * . » Le peuple croit que les phénomènes de la nature se produisent dans un ordre régulier, inflexible ; il « est convaincu que les mêmes causes produisent toujours les mômes effets ; que la célébration de la cérémonie convenable, accompagnée parle charme qu'il faut, amène toujours le résultat désiré\.. (Le sorcier) ne supplie pas un être plus puissant que lui; il ne demande la faveur d'aucun être capricieux ou errant; il ne s'abaisse devant aucune divinité terrible ^ » ; il commande ; il menace même les plus grands dieux de la mort, s'il viennent à lui désobéir.

Les influences magiques ne semblent pas avoir exercé une influence particulière sur les cercles où s'élaborèrent la théologie de Râ et la théologie d'Amon : c'était jeux de philosophes et de politiques, qui laissaient indifférent le populaire. Mais

* Frazer : Le rameau cVor, trad. fr., 1.374. — Cf. Erman,p. 148, le livre de Wiedemann, et Hasling, UI, 207. Le secours divin est, tantôt un présent obtenu par la formule magique, tantôt une concession arrachée par la menace.

' Frazer : op. cit., I. 64.

le culle des animaux, le culte des dieux locaux, le culte des morts, qui ne perdirent jamais leur prise sur lésâmes, ne cessèrent pas d'être imprégnés et dominas par la magie.

On distingue mal Torigine des religions animales de rKirypte. Mais tout ce que Ton sait du totémisme permet de le rattacher aux croyances magiques issues de Tassociation des idées par similitude ou de leur association par proximité ^ Non qu'on puisse marquer le r.ippnrt logique qui unit entre eux les deux phénomènes; lie faïtj on n'ajamais constaté qu'une religion totémique neui'îsse sur un autre sol que celui où la magie a poussé SOS folles floraisons.

U: culte des dieux locaux est dominé par la croyance à relllcacité des rites et des formules sacrés. A titre d'exemple, voici quelques détails relatifs à Thot*.

^ La magie imitative s'inspire de ceUe idée que Teffet ressemble a la cause; la magie sympathique s'appuie sur cette croyance tiut^ les choses qui ont été en contact et qui ont cessé de l'être rujilin lient à avoir l'une sur l'autre la même influence que si leur (■OïiliK'l avait persisté. «Du premier de ces principes, le (sorcier) (Inluil qu'il peut produire ce qu'il désire en Timitant: du second il iliduit qu'il peut influencer de loin, à son gré, toute personne l'i Inut objet dont il possédai une simple parcelle ». [Frazer ; Le rameau d'Or, trad. fr. 1,4].

*Maspêro : ttisloirey I, 213-214. — A vrai dire, la magie n'était \n\?> soiiv^eraine contre le destin. Mais elle en pouvait très longit-nips reculer l'arrêt. — Ces conceptions supposent que chaque v\\\i':^{' a un nom, qu'il n'y a pas de nom sans chose, que le nom tfit uftf réalité, qui est une partie indestructible du moi. Gon- Miitli r, articuler exactement le nom d'un dieu, c'est un sûr moyen dv s<* roncilicr sa faveur, c'est prendre pouvoir sur lui. Ainsi iîVvjiUque que chaque Egyptien reçoive deux noms, le vrai et le hon, tiu le grand et le petit. « Le bon .nom ou petit nom était

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