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LES DEMONS PERSES

iAngra Mainyui est le plus redoutable des dieux méchants.

Au-dessous de ces grands dieux, on en dise r^rni' d'autres qui paraissent moins forts : ce sont li*s génies des choses et des plantes, des animaux et dnfî hommes, des vivants et des morts, et môme dr^ déesses et des dieux ! On les appelle les frahvashis. Selon toutes les vraisemblances, ils se répartissent vu

deux troupes, comme les dieux eux-mêmes : V

secourt les hommes, l'autre leur est hostile.

L'existence de cette double série de démons rniiifi rappelle les Babyloniens. Il faut ajouter que, chez \vs Perses ainsi que chez eux, la vie de riiommr iml une lutte incessante contre les dieux mauvais : d 6î> l'importance énorme des purifications et des sac ri* fices. Innombrables sont les occasions où l'homiin^ contracte les impuretés dangereuses : contact drs cadavres, contact de la femme à certains momriiU, retard à jeter les cheveux coupés, les ongles rogïu*s; et c'est un crime que de cracher ou d'uriner dans l'rjiii sacrée des flcuvcsS un crime que d'enfouir un catîavrt^ dans le sein sacré de la terre. Que si l'on a commi^sci^s crimes, ou contracté ces souillures, il faut que li s sacrifices concilient au coupable l'appui des divxiK bienveillants : on leur immole donc des chevaux, tfr.s moutons ou des bœufs. Le feu est, par excellrfir(\ l'agent de la purilication.

* De môme en Babylonie. Voir supra, p. 94, n. 1. ^

il6 LES RELIGIONS ARYENNES

L importance des purifications fait pressentir l'importance du sacerdoce. Les prêtres s'appellent les Mfjges\ ils s'appuient sur l'autorité d'un sage légendjuTi», personnage mythique sans doute, qu'ils nomini !il Zarathustra [Zoroastre]. Ils forment une tribu à jiarijtous les membres de cette tribu ne se vouent pas aux choses de la religion, mais tous ceux qui se vouent aux choses de la religion sortent de cette tribu*. Leur influence semble avoir été très grande. Sacrificateurs et purificateurs, ils sont encore des devins et des philosophes : ils pénètrent les desseins et interprètent les Yolontés des dieux; ils expliquent l'origine des choses et prévoient la iin du monde ^. Enfin, ils se mêlent de pf^hlique. La religion des mages est une religion natiotialc. Les dieux des mages sont les protecteurs des clans ^. Darius invoque l'appui d'Ahura-Mazda. Tel, Jiammourabi invoquait Mardouk^

1 Maspéro : ojD. cit., IIÏ, 577.

' D'après Lagrange [R. BibL, 190i, 190], le mythe de Yima se ruUadieà la religion primitive. Ahura-Mazda a disposé dans une vMi-iïinte [tard] souterraine construite par Yima les germes de tiHilt'ï^ choses, qui se reproduisent tous les quarante ans; par là ïv<j repeuplera le monde, après que le grand froid y aura clùlruit la vie. — Rien ne prouve que les I*erses admissent la rCisunection.

^ TjVeissbach et Bang : Die altpersischen Keilinschriften. Leipy\L^, 1893, p. 35, § 3, de l'inscription a de Naqch-i-Roustem ; LHgronge: loco cilato, 198.

* F(Uit-il ajouter cpie Ahura-Mazda avait, comme Mardouk, un f'firnclère moral ? — Il semble que l'horreur du mensonge ait été im Irait du caractère perse. Il est encore assuré que les unions iiH'L'Êitueuses étaient courantes en Perse.

LES DIEUX MYCÉNIENS } (j

Comme l'histoire générale de la Grèce, rhisloirc Jo la religiongrecque^se divise en deux époques : cliiraut la première, qui s'achève avec le viii^ siècle (*L si^ reflète clairement dans les poèmes homériques, s'rpanouit un naturalisme mythologique; il est foHrnionL attaqué, durant la seconde, par le courant d i<ii!M's qu'on appelle généralement l'Orphisme et qui in^pln^ ht littérature de l'âge classique.

La Crète semble avoir été le principal siège ilo l;i civilisation hellénique durant l'époque mycénionni* ; les fouilles merveilleuses qu'on y a laites naguèn^ i^t'Vmettent d'entrevoir les vieux cultes qui s'y sont dt'ivi'It^Jpés. Les dieux animaux n'étaient pas rares : tels, 1-t colombe, le taureau (?), le hibou, le cheval. Les dit^ux

* Cf. Gruppe: Griecliische Culte und Mytiien, I, iSS7;Gnet:ftn^(yfw. Mythologie uncl Religionsgeschichle [manuel d'Ivan Miillcr. V,^[: Roscher, Pauly-Wissova, Daremberg-Saglio, Ghantepie, Roh^Ei* ; Psyché, 2» éd. 1898; Decharme : Mythologie de la Grèce auluitWi, 2» éd. 1886; La critique des traditions religieuses chez les »ovv,^v Paris, 1904; Fvazev : Pausanias's description of Greece, 7 yiû. lKl)i*, elles lahresberichte de Bursian,

On a discuté de tout temps la question des influenccfi l'iran* gères, et particulièrement sémitiques, sur l'origine de la rh ill:>ïttion grecque. M. Bérard a récemment soutenu la thèse t\\u li^ii" fait une grande place [De l'origine des cultes arcadiem, I'jh b, 1894] ; « presque tout l'Olympe grec, dit-il p. 364, est jït^iil-rlrt' d'origine sémitique », à commencer par Zcus Lycaid:^ c^E ]i'^ dieux de l'Arcadie occidentale. — M. Salomon Reinach cihuIjjiI résolument cette théorie.

arbres étaient sans doute plus fréquents : le figuier était adoré en Laconie et près d'Eleusis; le laurier à Délos, le palmier dans la vallée de Tempe ; les chênes, les cyprès, les frênes avaient aussi leurs fidèles. Le culte de la hache double, de l'autel à cornes et des pierres sacrées est attesté solidement : on trouve à Gnossos des traces des deux premiers; et Pausanias nous a fait connaître les trente pierres de Paros, la pierre de Tégée, etc. . Les Hermès de l'époque classique, selon toute apparence, ne sont que d'anciennes pierres sacro-saintes, à demi-façonnées en statues. — Mais les Mycéniens connaissent aussi les dieux à forme humaine : « c'est ce que suffisent à démontrer la fameuse bague en or de Mycènes, où figurent les déesses, et la peinture d'une maison mycénienne où un personnage armé du double bouclier en (orme de huit est adoré par deux femmes^ .» Tous ces dieux sont des êtres puissants, tantôt aimables — les dieux des champs, — tantôt terribles — les dieux de la mort — ; leur vie, c'est d'accomplir tel et tel phénomène de la nature. Damia et Auxesia sont des déesses d'Epidaure, en bois d'olivier, qui empêchent la stérilité de la terre; à Athènes, Thaliaet Karpo font pousser et mûrir

* S. Reinach : La Crète avant l'histoire [1902, 19, et 1904, 257, Anthropologie]. Gruppe date de cette ôpoqiie l'épanouissement du culte des revenants et de la magie. Cf. Dussaud : Questions mycénieimes [Revue llist. Relig., 51, 490S, 2i|; Evans : The Mycenaean Tree and Pillar Cuit [Journal of hell. Studies, 1901]; Kars : Alkretische Kultslatten [Arch.Reliy. Wiss., 1901, 117] : Perrot et Chipiez : Histoire de VArt, Vt, passim et Lagrange : Revue Biblique, 1907.

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