‹ L'avenir du christianisme: Le passé chrétien; vie et penséeChapitre 42 sur 102 · LES GRANDS DIEUX H · texte numérisé non relu

LES GRANDS DIEUX H

les récoltes; Pandrosos envoie la pluie printamièrc, Hersé la rosée, Aglaia l'air pur. Opaon dore les raisins et Maleatos les pommes; Calligénie, Ipliigéiiîo i^t Ilithya veillent aux naissances, Kourotrophos a la prospérité des nourrissons, latros, Paian, Hygie,IasoBT Ghiron guérissent les malades, Sozon, Orthopolis, Sosîpolis protègent les familles patriarcales ou les cités..., ^ De cette foule innombrable des dieux-fonctions, cvrtains émergent peu h peu, se localisent ou voyagea T \ au gré de circonstances qu'on ignore. Le fort abi^orl^i* le faible; le dieu des vainqueurs s'assimile le dieii dos vaincus; celui dont on cesse de comprendre le nom sr subordonne ses rivaux. Lycos, dieu de la lumièrr <mi Attique, en Béotie et en Arcadie, est absorbé parZous, le grand dieu de la lumière, et par Apollon, le grand juge : ainsi naissent ZeusLycien, Apollon Lycien. Mnsl se forment des divinités composites dont les élénicMils divers s'assemblent-sous un seul nom, et qui se fîxral. dans un pays donné. — Une seconde évolution, sfais doute contemporaine de la première, fait prédominai" les dieux hommes parmi tous les autres, à l'épi n[nr minœnne sans doute : les dieux sont conçus comme ilrs hommes, plus forts, plus heureux que le commun, mais aussi passionnés, parfois aussi malheureux: ; (ai pénètre leurs volontés parles oracles, on la flécl>ilpar les sacrifices. En revanclie, et comme pour voni-

* Hophaislos était d'abord dioii de Lemnos, Hadôa diivi d'Elis(?), Poséidon de Thcssalie, ïR-ra d'Argos; AgamcmDor) il Hélène semblent être des dieux locaux laconiens ou argiL^tis.

penser cet anthropomorphisme, se développe l'idée fVun Destin, supérieur aux dieux comme aux hommes, i[i(\\orable et impartial : « c'est la Motpa5'j«5wvufjioç, oO.oyî, xpzTitTi ^ » Cette double évolution semble achevée quand paraît Homère ^

On peut ranger en trois séries les dieux qu'adorent SOS premiers lecteurs. Parmi les anciens dieux, qu'on continue à considérer comme tels, mais dont le culte (îr^c^line, il semble que les divinités des eaux soient au [in^mier plan : « Okeanos est le père dont tous les (hrux sont sortis; les fleuves et les Nymphes sont appelés quelquefois à l'assemblée » de l'Olympe. Gaia, qii ou vénère surtout à Dodone, à Delphes et à Olympi<\ Hestia, la déesse du foyer et du bonheur domes-

* Les âmes des morts ne sont pas des dieux : ce sont des ombres, i ri :il heureuses et dangereuses: pour détourner leur colère (fif^vi;), lin liMir fait des offrandes qui les aideront à vivre leur triste vie, et ïitii prend toutes sortes de précautions : « on couvre les portes de ])\n\, de feuilles d'aubépine mâchées» jChantepie, 497] La mort l'si |ji seule différence notable qui distingue un homme d'un dieu. L<s morts vivent chez lladés, sous terre; on n'y voit pas<!lair: Ct'i'hére empêche de remonter; on n'y pénétre pas tant qu'on n'a |Ki^ été enseveli. — La moralité est sans rapport avec l'autre vir. L'idée contraire apparaît une fois dans la Nekya ; mais le |)iiHsage [0</.XI,5G6-6311est peut-être une interpolation orphique, il > a peut-être rapport entre cette idée d'une justice après la lïiutt et la légende des îles fortunées. — Les ancêtres, communs i\ [dusieurs familles, recevaient un culte domestique quotidien, d*nit le foyer était le centre : le foyer était conçu par rapport au hjiriljeau.

* Homère vivait vers l'an 900, peut-être à Milet. 11 semble i^jn/ier les mythes de Démèter, Koré et Dionysos. [On devrait HiirlfT des deux Homère : il est sûr que V Iliade n'est pas du rm^nie poète que V Odyssée].

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