MARS
on interroge les oiseaux principalement les jours de fêtes, feriœ, — que ces fêtes soient propres à une gens, à une famille ou à toute la cité.
Ces dernières, fei'iœ puhlicœ, montrent quels dieux ont émergé de la foule et se sont placés en tête de leurs rivaux. Mars est le plus ancien de ceux qu'adoraient les communautés italiennes ; il porte aussi le nom de Quirinus.Deux grands prêtres sacrificateurs sont attachés à son culte, le flamen Mariialis et le flamen Quirmalis. Le mois de mars lui est consacré. Plusieurs noms propres sont dérivés de son nom*. C'est « un dieu du printemps et de la fécondation, comme le prouvent ses fêtes en mars et en octobre ; par exemple ïélévation des boucliers, les danses des Saliens et le sacrifice du cheval d'octobre, ob frugum eventum. On sait que de temps en temps la jeunesse guerrière d'un printemps lui (est) consacrée {ver sacrum) et s'exil (e) sous sa protection. Ainsi Mars (est) en rapport à la fois avec l'agriculture, le bétail, l'état, la colonisation et la guerre. Son caractère de .dieu de la
et de courses rituelles, auxquelles prennent part les prêtres. les magistrats, le peuple. C'est l'occasion de fêtes populaires. Nombreuses purifications ; nombreuses et minutieuses formules [carmind\ rythmées, tels les verba pontificalia. On ne peut pas dire au juste quelle n'est pas, dans ce rituel, la part de l'état romain organisateur.
* Marins, Mamercus,Mamurius, — Au mois de mars, on célèbre en son honneur les Eqtiina, fêtes de chevaux ; Mamuralia, fête des boucliers ; Quinquatrus^ danse des armes ; Tubiluslrium, consécration des trompettes ; en octobre, VArtnilustrium [Chantepie, 600, 614].
guerre pass(e) peu à peu au premier plan A mesure que la guerre pre(nd)plus d'importance dans la vie des noniams «.Jupiter paraît aussi avoir tenu une grande place : on lui consacre les ides, on célèbre en son honneur la fête des vendanges *. Mais son caractère prijnilif s'est altéré de bonne heure : en même temps qtjc «lieu agricole, c'est aussi un dieu de l'orage, du rii 1 cl de la lumière. Janus, Faunus et surtout Vesta s'associent à Jupiter et à Mars pour former le plus ancien groupe des grands dieux romains : Faunus est fOL(j le 21 février, Vesta le 9 juin, Janus le 9 janvier ^ ; si le ("eu de Vesta qu'entretiennent les « Vestales » vient à s'ù teindre, c'est un fâcheux présage pour l'état. Commodes dieux supérieurs, cette religion animiste semble connaître des dieux de second ordre, dieux familiers, élevés au-dessus de la plèbe divine : les Afanes, les Génies, les Lares et les Pénates. Les Mânes sont les âmes mortes, les âmes des ancêtres dont on <aiLrotient la vie par des offrandes, et dont on escompte la protection ; celles qui ont été oubliées, et dont on se ilclîe, sont appelées Lémures ou Larves. Les génies souL lea esprits protecteur* des vivants, c'est-à-dire de tous les êtres, hommes et choses et peuples : on les désigne parfois sous le nom de Semones; ils repré-
' r.LHiime dieu des vendanges il s'appelle Liber ; on le fête le 33 avril {Vinalia: on ouvre les tonneaux de l'année écoulée) [Ghanlepie, 615].
' La fôte de Faunus s'appelle les Lupercalia. celle de Janus Af/afita, celle de Vesta Vestalia [eodem loco]. Le caractère politique du culte de Vesta n'est sans doute pas primitif.
CULTES SECONDAIRES ROMAINS i6l
sentent primitivement le pouvoir procréateur de l'homme. Les Lm^es sont les dieux des divers endroits S cachés dans les terres d'exploitation qu'ils protègent ; on appelle lar familiales le dieu du champ sur lequel est bâtie la maison , et qui l'entoure : on lui offre des sacrifices aux kalendes, aux noncs, aux ides, et lors des principaux événements qui marquent dans la vie familiale. Il n'en est pas de môme des di pénates : on doit y voir, non pas des dieux individuels, mais le nom commun donné à des dieux divers [Vesta, Jupiter, Vénus, Vulcain...], qu'on adopte en quelque manière à titre de protecteurs domestiques.
Cette religion champêtre, antérieure, sans aucun doute, à la fondation de Rome 2, subit à ce moment une modification notable : elle est organisée par les familles qui établissent sur le Latium leur hégémonie sociale. C'est dire qu'elle concourt à affermir ou à étendre cette hégémonie.
La ville qui se construit sur le Palatin est une enceinte sacrée, un temple : là seulement on peut sonder les volontés divines. De ce chef, tous ceux qui ne sont pas les citoyens de la ville nouvelle sont
* « Dans la campagne et sur les chemins, les Lares compitales ou viales protégeaient les allés et venues ; on leur apportait des offrandes champêtres» [Ghantepie, 598]. L'antique chant des frères Arvales, trouvé à Rome en 1777, commence par l'invocation des dieux Lares.
tributaires de ceux qui se sont assure cet honneur. D autre part, la cité surveille le culte des morts, la iûrmniion des mariages, les rapports des familles avec k'S génies^; elle organise des cérémonies {sacra publica) où la présence des citoyens est tantôt facultative, laulùL nécessaire 2. Cette action religieuse et sociale s'exerce par l'intermédiaire de deux collèges sacerdo- LauXj IvBpontifes et les augures. Les prêtres de l'époque aiicîon^ie, Saliens, Arvales et Luperques perdent peu à peu leur autorité devant ces nouveaux venus. Le calU^gc des pontifes a pour chef le pontife suprême, ponilfex maximums ; à lui seul revient le droit de ilecich-r tous les cas litigieux. Ses collègues veillent sur le ciillr, offrent les sacrifices ^, consacrentles mariages, interviennent dans la rédaction des testaments et fixent le droit* De concert avec les magistrats, ils réparent les fautes publiques qui ont offensé les dieux et leur offi'cnt à cette fin un piaculum ; ou bien ils tâchent à so [irorurer leur appui en leur vouant ou en leur con-
^ La fien& est « Tensemble des personnes du même nom qui, sans fjiKîvoir prouver leur parenté, se regardent comme descendanl îoiUus d'un auteur commun ))[/.ea;tg'Me Gagnat-Goyau, 435]. Los genfîles portent le môme nomen gentilicium ; ils ont un culte commun.
* A fi-a sacra popularia quae omnes cives faciunt se rattachent doux fiMt s dont le sens est assez obscur : « le septimontium et la doubla procession des Argei qui se célébrait le 16-17 mars auto tir i!l' leurs 24 sacella^ et celle du 14 mai où on les jetait ûnw^ Ir Tibre » [Ghantepie, 605].
■' i\\\ appelait fiamines les prêtres sacrificateurs en général. — A rori.îiijie, \e pontifex maximus était subordonné à trois ^rancf fîaininefi [deux étaient les grands-prêtres de Mars].