‹ L'avenir du christianisme: Le passé chrétien; vie et penséeChapitre 92 sur 102 · LES FINS DERNIERES · texte numérisé non relu

LES FINS DERNIERES

Joël* et le second et le troisième Isaïe parlent d\in Esprit mystérieux qui paraît être de Dieu, tout en 6lant extérieur à lui : on croit entrevoir que cet Esprit l^sL un principe de sainteté, de force et particulièrciiioiit de prophétie. Ce qui est sûr, c'est que s'exaspère alors le sentiment de la transcendance de Dieu, et que paj' là s'épanouit la croyance aux médiateurs célestes.

La doctrine des fins dernières se développe en Israël, semble-t-il, en même temps quela doctrine des anodes. Les Juifs croient, comme tous les peuples du reste, f\no le corps n'est pas tout l'homme, et donc que son iHn.^ ne périt pas tout à la mort; ils croient, maintejjanl. que lahvé punit ceux qui violent sa Loi et récompense ceux qui lui sont fidèles. Ils croient aussi que le jugement individuel n'est pas le seul qu'aieal l\ redouter les hommes et qu'un jour le grand Jugement viendra, où sera organisé le nouvel Israël^

Isaie 44, 3. Je répandrai mon esprit sur ta postérité (de Jacob) et ma bénédiction sur tes descendants ; — Ezëchielj39, 2^. E\ \v ne leur cacherai plus ma face, parce que j'aurai répandu mnn esprit sur la maison d'Israël. [Dans les textes Ez.^ 11, lîJ: 36. 26; Ps,, 104, 30, le mot esprit n'a que le sens de principe vif a!. dans l'homme. Mais les deux idées, sans doute, sont soliduircâj^

* 2, 29. « Et il arrivera après cela que je répandrai mon L'Sjjrit sur toute chair; vos fils et vos filles prophétiseront... w — JoOl est un prophète dont l'histoire est très obscure : il vivait jiL^utêtre à l'époque perse. Le discours qu'il nous a laissa \nvnd occasion d'une invasion de sauterelles pour inviter le peup]o à la pénitence ; à l'annonce du pardon divin, Joël entonne t-niirnïle un hymne d'allégresse et chante les bénédictions qui précédtTOJit le jour de l'Eternel et l'appel des nations : « Quiconque invorpiorii le nom de lahvé sera sauvé ». — Voir aussi Isaie, 11, 22 : Sur lui (le Messie) reposera l'esprit de lahvé, et Nombres. 11, 25 ; 34, "i,

OÙ les nations seront domptées et converties, où les morts ressusciteront, où la justice et le droit prendront pour jamais possession du monde. L'eschatologie juive' est tout entière pénétrée par l'idée morale^ A partir de la captivité, en raison de l'évolution individualiste commencée par Jérémie et dont les Psaumes marquent les progrès, l'idée de l'immortalité individuelle ^ prend

* Voir Ps., 37, 49, 73.

• D'après Lods., La croyance à la vie future et le culte des morts dans Vantiquité israélite, 1906, 2 volumes, Paris, les Israélites auraient cru, alors, que le souffle de vie est un principe impersonnel, commun à tous les êtres, tout en n'admettant pas que la mort fat suivie d'un anéantissement complet. Voir Ps., 104, 29 ; 146, 4 ; Jo6., 34, 14. Lagrange conteste absolument cette thèse, avec raison semble-t-il. — On croit toujours que l'àme, ou souffle de vie, réside spécialement dans le sang, et que les animaux, comme les choses, ont une âme.

L'idée de vie et l'idée de mort n'ont, chez les Juifs, qu'un contenu purement expérimental : ils partent de la personne, une dans ses deux parties, corps et âme (voir supra les deux noms, les deux aspects de l'àme, 197. n.] ; la vie résulte de la communication, la mort du retrait par Dieu de l'esprit de vie ; la mort, du reste, n'est pas l'anéantissement : c'est une vie très atténuée, silencieuse, oublieuse, la même pour les bons et. les mauvais, loin de Dieu et loin des hommes, au fond du She'ol [étymologie inconnue] [Job, 7, 9 ; 14, 12 ; Is. 38, d8].

Celte eschatologie individuelle primHive se transforme au temps des Psaumes : on croit désormais que la vie future de l'impie diffère de la vie future du juste. Le juste sera éternellement avec lahvé : la vie morale et sainte apporte à qui la pratique la vie éternelle ; lahvé est le Dieu des vivants, non des morts. Dieu, c'est la vie.

(Aux méchants...)

Le Shéol sera leur demeure.

Mais Dieu me rachètera de la main du Shéol,

car il me prendra [49, I0-I6. Voir aussi 11,7 ;17, 15 ; 73, 23-28].

Cette croyance, cette foi est aussi affirmative en son objet qu'elle est obscure en ses développements : au fond, elle ne veut

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