LES MÉDIATEURS CÉLESTES
qu'un être néfaste y contrarie son action? \owi paraître le Satan, incarnation du mal, créature révoltée de lahvé, qui poussait jadis à la révolte Eve et Adam 1 En même temps semblent, sinon apparaître ^ ri m moins se multiplier les anges ou se préciser l'ulùc qu'on s'en formé ^ De tout temps, Iqs Juifs admettaient l'existence d'êtres surhumains qui habitaiont au ciel, et qui descendaient sur terre annoncer les volontés ou exécuter les ordres de lahvé. Mais cotte croyance n'avait pas pris beaucoup de relief flans les temps qui précèdent l'exil. Il n'en est plus de même aujourd'hui. C'est un ange qui transmet, un ange qui explique àEzéchiel età Zacharie les volonU'fii de Dieu : l'ange est le « fils de Dieu » d'autrefois, investi de fonctions nouvelles. Dans la perte définitive de leur liberté, on l'a vu, les Juifs prennent un senti-
1896 [admet l'authenticité d'EIihu] ; J. Royer. Die Eschatoïoifiit des Bûches Job..., Fribourg, 1901 ; K. Kautzsch. Dos sogeuaunie Volkshuch von Rioh., Tùbingen, 1900 [admet rhomogénéili> du livre]; Delitzsch. Das Buch Hiob.y Leipzig, 1902; Van lIoonHkrr. U7ie question touchanl la composilion du livre de Job [R. UlhL^ 1903, ICI] ; Hontheim. Das Buch Joh, Freiburg, 1904.
* Dans les vieuxrécits, le mot mara/c désigne souvent lal'oriin:sensible que prend Dieu dans une théophanie. Maisl'expressiun lahvé des armées semble impliquer l'existence d'esprits côlnslrs [et supra p. 212. note]. — Sur l'Ange de lahVé, cf. un artîtlt* ili^ Lagrange : Revue Biblique, 1903, 212. — Sur l'angélologie juive, cf. l'arlicle de Davidson dans le dictionnaire Ilastings, un nxii i article de Hackspill dans la Revue Biblique, 1902, 527 ; Kanf/^rb, loco citato, 643, 679. Les sept anges [Tobit, 12, 15] se ratlat'liiint à la tradition de Ezéchiel, 9 et de Exode, 25, comme ils annuncent les sept flambeaux de l'Apocalypse. Gunkel pense qu'iU ni\\ été suggérés par les sept dieux-planètes (?) de Babylonr [iv laud,, 41 ; Cf. Ilénoch, slav., 27, 3].
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ment très vif de leur faiblesse humaine : au fond de leur détresse, ils trouvent leur néant. S'ils se sentent perdus et petits, c'est que la grandeur de lahvé les oppresse : leur conscience creuse de plus en plus profondément Tabîme qui, de l'homme, sépare Dieu. Et de là, les cris désespérés des psaumes; et de là, la peur nouvelle qui saisit les croyants et qui les retient de prononcer le tétragramme sacré; de là, enfin, le besoin de Dieu qui crie dans leurs âmes. Comment donc sortir de cette alternative d'épouvante? C'est de toute la hauteur de l'infini que Dieu s'élève au-dessus de l'homme; et pourtant, l'homme renonce à vivre plutôt qu'à tendre vers Dieu ! Cette angoisse mêlée d'incompressible espérance répand de plus en plus l'idée que des êtres intermédiaires ont été crées par l'Éternel : sans se souiller par le contact du péché, par eux TÉternel parle à l'homme ; sans être accablé par son péché et enseveli dans son néant, par eux l'homme communique avec Dieu.
Il faut ajouter qu'à ce moment certaines idées apparaissent, encore confuses et complexes, mais qui sont appelées à un étrange avenir. La Sagesse parle dans les Proverbes : elle semble, d'abord, une simple abstraction de l'auteur; peu à peu, néanmoins, elle s'anime, elle prend un tel relief qu'elle paraît être, plus qu'une qualité divine, je ne sais quelle puissance de Dieu, distincte de lui. — Et tout de même, Ezéchiel^ et
* 36, 27. Je mettrai au dedans de vous (Juifs) mon esprit, cl je ferai que vous suivrez mes ordonnances ; — Isaie, 63, 10. Mais eux (Juifs) se révoltaient, ils affligeaient son esprit saint; —