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QUELQUES CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES POUR SERVIR DE PRÉFACE

« // fut un temps où, nous auss/, nous poti- « vions créer, dans les déserts aniéricuins, * une grande nation française et balancer « avec les Anglais les destinées du Nouoeau- « Monde. La Franc.ea possédé autrefois, dans « l'Amérique du Nord, un territoire presque « aussi vaste que l'Europe entière

.... Mais un concours de circonstances, « qu'il serait trop long d'énumérer, nous a « privés de ce magnifique héritage. Partout

VIII L AVENIR DU PEUPLE CANADIEJV-FRAKÇAIS

« OÙ les Français étaient jeu ncmbreux et « mal établis^ ils ont disparu. Le reste s'est « a(j(jlgmèrè sur un petit espace et a passé « sous d'autres lois. Les quatre cent mille « Français du Canada forment^ aujourd'hui^ « comme les déljris d'un peuple ancien perdu « an milieu des flots d'une nation nouvelle, « Autour d'eu.v^ la population étrangère gran- « dit sans cesse; elle s'étend de tous côtés ^ « elle pénètre jusque dans les rangs des « anciens maîtres du sol, domine dans leurs « villes et dénature leur langue. Cette popu- « lation est identique èi celle des Etats-Unis, « J'ai donc rai son de dire que la race anglaise « ne s' arrête point aux l imites de T Union, mais « s'avance bien au delà vers le Nord-Est ».

(De la Démocratie en Amérique, par A. de Tocquevilte — vol, i^^,p, 4<)g {Ouvrage publié en i83^).

(i) « Il faut remarquer toutefois qu'ici,éga- « lement, l'élément étranger [canadi en-fran-- « çais) périclite et qu'il finira probablement « par se perdre au milieu de l'immigration « anglaise »,

(Expansion of Enyland), par J, B, Seely, p, ir^ [Ouvrage publié en i883),

I. It is howcvcr (o be rcmarked Ihat here loo (in Canada) the alien clément dwindles and is likely ullimately to be lost in the cnglish immigration.

L AVEMR DV PEUPLE CAXAIHEX-FRAXÇAIS IX

Nous commencerons Lienti^t le quatrième siicle de notre existence nationale.

Il y a près de trois cents ans, on voyait sur les Ijords du Saint-Laurent, des liomines venus de France que, déjà, on appelai! « les Canadiens ». Ils étaient braves, aventureux, intrépides et, les premiers, ils ont exploré presque toute TAmcrique septentrionale.

De nomlircuses générations de soldais et de colons, fiers du nom français, ont travaillé ;\ «^Iiïver l'édifice de noire ua(ioiiali(é pendant ers trois siècles, chacune apporlanl à l'œuvre sainte le concours de son «clivilé, l'appui de sa foi ardi'nlo. L'édifice, cimcnlé par le s!tnf( de héros cl (le niarlyrs, a (jrandi au milieu des orages, sous l'efforl des élénuMitshosl îles, rendu plus inéhranlahlc par fous les assauts suiiis.

Les fondafeuis de la Xonvelh'-l'rance vaincus, après un siècle ol demi de luMes. n'oni pas su, ou peul-élro daJijné, (ransitiirlire à leurs lils un riche hérila(|e de liieiis niiiléiiels, mais ils leur on) légué le souvenir de fails d'arnii-'S glorieux, d'aditiiraliles dévunenienls, d'exisleiices héroïques. Cel liéiiiagi- csl do ceux qui coriseivenl el foililiciil lis iialiuns. Aussi, en dé]iil de loules les prédieliuns jiessimisles, nous avons survécu à l'iiiiaiidon, à l'îsolomeiil, à l'oppression. Nous avims cnriguis le droit de vivre et de nous dévcioppcr lihre-

M^PV*"'?' ■ I V.

X l'avenir bit PEtTLK CAXADIEN-FRAW;AIS

Ljment but le sol américain, et riea n'eutrave Inliis noire léçiitime expangion.

■ Plu«, peut-être, qu'aucun autre des peuples pnouveaux qu'a vus naltr* l'ère moderne, nous [ possédons les conditions rundameiitale« çBsen-

tielles pour assurer aux fils d'une nn>uie raoe I ime vie ualionale distincte et durable. 1 Les flols de la population anglo-gerniano-

ftsxonnc s'amoncellent, il est vrai, autour de I nous ; nous ne sommes que deux millions,

alors que, de l'AlIaiilique au PaciCquej de la L Mer tjlaciale au yolfe du Mexique, près de ' soixante -quinze millions d'iioniines vivent * dans une espèce d'homogénéité, basée sur la ' prédominance habituelle delà langue anolaise. ^ Mais la Smsse française ne proyresse-t-elle

psfi, depuis plusieurs siècles, à cûlé de la [ Suisse allemande, que borne et continue géo-

flrapliiquement l'empire germain'? La Hongrie h si!a-t-elle pas, de même, conservé sa langue et [ fion caractère national au milieu des éléments |i slaves et tudesques qui l'environnent? Il ne

résulte d'aucune loi naturelle ou sociologique t que la force d'attraction de tout un contiitent L soit plus grande que celle de quelques Etats

frontières.

Au surplus, il ne saurait être isolé aumiliea

des nations, le petit peuple à" qui les mille

voix de la renommée redisent constamment

l'avenu du peuple CANADIEN-FR^VNÇAIS XI

la gloire de sa mère patrie, et qui n'a qu'à lever les yeux pour voir celle dont il tient l'être briller au sommet du monde civilisé.

Pourquoi donc l'avenir de notre peuple rcste-t-il encore un problème ?

Pourquoi la foi en nos destinées semble-telle, peu à peu, s'éteindre au cœur de plusieurs des hommes qui composent nos classes dirigeantes ?

Comment se fait-il que des penseurs dé(jagés de tout préjugé, comme J.-B. Scely, aient pu prévoir la fin de notre nationalité et qu'ils s'attendent à nous voir disparaître dans l'œuvre d'unification de tout le continent nord-américain?

C'est que, depuis un quart de siècle surtout, des symptômes de décadence se font sentir parmi nous. C'est que l'âme canadienne française, sortie de longues périodes de luttes, n'a pas encore trouvé sa voie et qu'elle s'est laissé envahir par l'apathie et l'égoïsme.

Nous ne songeons plus guère à notre avenir que comme on songe au passé : c'est-à-dire avec un sentiment de douce quiétude auquel se mêlent, aux jours de fêtes nationales, quelques élans d'enthousiasme ; nous ne cherchons

MI l'avexik du peuple canadien-français

point à le préparer. Fidèles à notre foi, à nos traditions, à nos souvenirs historiques, vaguement confiants dans la mission de la race française en Amérique, nous en sommes venus ù ne plus nous demander, même, quelle est cette mission.

D'une longue hérédité belliqueuse, il est resté à un grand nombre d'entre nous une conception fausse du patriotisme. In instinct de combativité s'est perpétué qui ne sait voir dans l'expansion active d'un peuple que la lutte contre les ennemis qui l'entravent ou s'y opposent. Or, depuis bientôt trente ans, nous n'avons plus guère de batailles à livrer pour la revendication de nos droits. Les qualités brillantes que nos pères ont déployées pour défendre le sol de la patrie et conquérir les libertés constitutionnelles, nous n'avons presque pas songé, depuis qu'une paix absolue nous est assurée, à les utiliser dans un autre champ d'action, dans la culture des arts de la paix. Les uns, cédant à leur penchant invincible pour la lutte, se sont jetés avec ardeur dans les guerres puériles des partis, les autres se sont ralliés au culte exclusif de Mammon. Presque tous, cependant, nous sommes restés patriotes, mais de ce patriotisme inactif et aveugle dont on meurt.

Notre nationahté résisterait à l'oppression,.

fIFK tcdërance, si nous ne

nous hâtons d'ouvrir des champs nouveaux à Tactivilé des esprits, à l'ardeur des tempéraments.

Chez la plupart des peuples de l'ancien continent, la patrie exige beaucoup de ses enfants, elle leur impose de lourds sacrifices pécuniaires, des fatigues, des travaux pénibles ; mais elle ne demande aucune place exclusive dans leurs âmes. Le patriotisme y est un sentiment très bien porté, agréable, peu absorbant, presque un sentiment de luxe. On le manifeste à des époques fixes, par la proclamation des gloires du passé et des espoirs de l'avenir, derrière un drapeau que la foule animée suit avec des vivats éclatants. El cela suffit.

L'amour du pays, chez les citoyens d'un grand Etat libre, peut se confondre, en dehors des époques troublées, avec les intérêts particuliers, les activités égoïstes. Des millions de sujets britanniques, de citoyens français ou américains peuvent fermer leur âme à toute préoccupation de race, de nationalité. Leur patrie n'en continuera pas moins son évolution normale avec la persistance des forces natu-

?wIV L AVEMR DU PEUPLE CANADIEX-FRAXÇAIS

relies. L'abstention des indifférents n'aura pas beaucoup plus d'effet sur le destin de ces peuples que la vague qui se meurt dans les sables de la rive n'en peut avoir sur le cours des flots du Saint-Laurent.

Pour nous, fils de la Nouvelle-France, il n'en est pas ainsi. Notre patriotisme doit rester actif, prévoyant, toujours en éveil. Nous n'avons pas le droit de nous retrancher dans un mol égoïsme. Chacun des descendants des 6/j.ooo vaincus de ij6o doit compter pour un.

La Providence, ne l'oublions pas, nous a tracé une tâche privilégiée entre toutes. Perdus au milieu d'innombrables populations étraagères, nous ne pouvons maintenir notre existence distincte qu'en nous élevant au-dessus du niveau général. Nous ne pouvons être un peuple qu^à la condition d'être un grand peuple.

Quelques-uns de nos compatriotes, ai-je dit, doutent de l'avenir ; mais, pour l'immense majorité des Canadiens-français, la disparition ou l'assimilation de notre race en Amérique ne paraît pas plus vraisemblable, dans les conditions de liberté et de sécurité où nous vivons, que l'effondrement d'une haute mon-

l'avenir du peuple canadien-français XV

lagne ne parait possible^ sans un cataclysme, à ceux qui ont toujours vécu à son ombre.

Dans une de ses plus jolies œuvres, le poète allemand Ruckert, met en scène un dieu de rOlympe qui, à des intervalles de cinquante siècles, avait l'habitude de visiter le même endroit du globe. Il y trouvait tantôt une forêt, tantôt une ville, tantôt une mer. A chaque voyage, le dieu prenait un ironique plaisir à s'enquérir de l'origine de ce qu'il voyait, mais la réponse qu'il recevait des habitants mo»mentanés de ce coin de terre était invariablement la même : « Il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi » disaient-ils avec assurance.

La pensée d'une manière d'être différente de celle que la nature semble avoir indiquée, ou que l'habitude nous fait considérer comme nécessaire, s'impose difficilement à l'attention de la plupart des hommes. Une idée de perpétuité et de stabilité absolue s'attache aux grandes masses ethnographiques comme aux grands corps géologiques.

En parcourant la province de Québec, après avoir traversé des centaines de villages où la langue française est la seule langue parlée, où chacun nourrit la ferme volonté de continuer à être ce qu'il est, où persomie ne conçoit même la possibilité de devenir

autre, comment douterait-on de la vitalité de notre race? Comment, surtout, ceux qui vivent dans ces villayes, ne considère raientils pas comme oiseuse toute pensée donnée à notre avenir?

Cette foi absolue, qui n'éprouve pas la nécessité de s'affirmei;, qui n'a, pour ainsi dire, pas conscience de soi, constitue une très grande force pour un peuple. Cependant elle ne suffit pas. 11 faut que, parallèlement, les classes dirigeantes aient une foi éclairée, qu'elles étudient, veillent et prévoient, afin d'indiquer la direction à suivre, l'écueil à éviter.

A rhomme qui s'isole par la pensée dans le temps et dans l'espace, les grandes entités cessent de sembler immobiles. Elles se révèlent à lui avec leurs proportions changeantes, dans leur éternelle mutabilité. Les pays, les continents ne sont plus à ses yeux que de vastes fourmilières où de la somme des activités individuelles résulte une évolution continue; où, sans cesse, des transformations s'élaborent et s'opèrent. Et l'observateur, peu à peu, se rend compte des lois qui président à la grandeur ainsi qu'à la décadence des nations. Il voit comment, sous l'action de forces fécondes qui sont : la foi, la fierté, l'activité, et de dissolvants tels que : l'apathie, l'ignorance, l'égoisme, les peuples s'élèvent ou

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s'alîal&sent ; il volt comment, au sein de masses profondes, et en apparence immobiles, le terrain lentement se creuse, les molécules se désayrègen*, les fondemenis s'ébranJent; comment enfin il vient un moment où rten ne peut plus empêcher l'écroulement.

Si plusieurs de ces lois semblent changeantes elles-mêmes, si le contingent des événements imprévus et l'intervenlion du hasard ne permettent pas toujours de dégager nettement leur action, il en est d'autres qui sont invariables et qu'il est aisé de mettre en lumière.

l'Avenir est à nous; maïs il faut que nous ne perdions pas de vue les conditions qui seules peuvent nous en assurer la possession; il faut que nous sachions le prévoir cr le préparer.

Le peuple canadien-français est appelé eu Amérique à un développement qui ne peut se guider ni sur la marche historique des peuples de l'antiquité, ni sur l'évolution de l'Europe actuelle; tout au plus les annales du passé peuvent-elles nous servir d'uliles averlisscments.

A mesure, en effet, que les nations anciennes ont grandi, le passé s'es(,pour ainsi direi

XVni L AVEMR DL PEITLE C,V.\AniF,N-FRANÇAIS

rerermé derrière elles; les fastes de leur histoire ne les ont suivies que comme une oïnbre Wtastique très vague, presque iiidislincte, appelée léyende ou tradition; et les générations se sont succédé, obéissant à leurs passions brutales, à leurs préjugés, à la si^ I perstition, sans presque rien apprendre, saiu I éclairer l'avenir de l'expérience acquise i t coure des siècles révolus.

Les pairies européennes ont de même lentes à se créer. Leur élaboration a été loi temps inconsciente. Ce furent d'abord peuplades et des tril^us réunies au hasard d batailles, constitui'^es par des çiroopes d'hom s ne demandant à la vie qu'une nourritu] grossière, des plaisirs barbares, et qui Haie] I volootiers leur destinée au drapeau du cb( [ dont ils attendaient la réalisation de leur {aire Idéal.

« Dans le chaos que produisirent I rencontre et le conflit des races l'aincum 1 st des races victorieuses, dit M. Peu I Ja/iet, la violence individuelle dut avoir i ( plus grande part. Une socit'té se forme comme elle peut ; la force eut le dessus, comme il arrive toujours; la faiblesse fat heureuse I de se cacher à l'ombre de la force : un ordre arli,ficiel les enchaina l'une à l'antre, et ?e qu'on appela la soc iiHé féodale.

l'avenir du peuple canadien-français XIX

Ainsi donc, l'union des princes, des seigneurs et des vassaux, ne fut pas basée d'abord sur l'intégrité de frontières naturelles reconnues, sur l'homogénéité de la race, des coutumes ou même du langage (i).

Peu à peu cependant, le fait d'avoir obéi à un même chef et vécu sous de mêmes lois donna naissance à des désirs et à des aspirations identiques. Les souvenirs du passé recueillis par les chroniqueurs constituèrent un domaine commun dans lequel chacun eut sa part ; des courants ataviques transmis à travers les â<|es, des forces mystérieuses surgirent et resserrèrent les liens encore lâches qui unissaient les individus, amahjamèreiit les races, établirent une cohésion intime entre les éléments divers.

Ce continent « découpé par le sabre en compartiments inégaux et aux bordures hérissées de fer » s'est développé, en réalité, sous le souffle impérieux des passions égoïstes et des dévouements héroïques, mais aveugles; sous la poussée des grands courants belliqueux, sous l'efl^ort des haines, le choc des rivalités, l'inspiratioa du fanatisme.

L'idée du droit, de la justice égale pour

I. Le mot « patrie » ne se rencontre clans les auteurs français qu'à partir du xvi« siècle » (A de Tociiueville. De la dé/nucratie en Amérique).

XX l'avenir du peuple canadien-français

tous, a été impuissante, pendant des siècles, à pénétrer ces agrégations diverses, à s'implanter au cœur de ces foules, à gagner ces classes artificiellement superposées. Aujourd'hui encore, le passé barbare et intolérant exerce sur l'Europe une funeste influence.

L'Amérique, au contraire, a été colonisée en des siècles de lumière, depuis que les nations ont acquis la conscience de leur existence propre, depuis que le patriotisme a mis dans chaque peuple un sentiment profond de solidarité avec le passé et de responsabilité en vue de l'avenir. C'est incontestablement une pensée civilisatrice qui a présidé à l'établissement des colons anglais et français sur les bords du Saint-Laurent, du Mississipi et de l'Hudson.

Nous avons, sur les peuples qui ont grandi à des époques plus reculées, cet incalculable avantage de pouvoir et de savoir enregistrer nos victoires, de pouvoir et de savoir constater nos progrès, de pouvoir nous assigner un but et de savoir y marcher.

La préoccupation de l'avenir ne se présentait même pas à l'esprit de nos ancêtres gaulois, celtes et germains; nos esprits ne doivent pas s'en laisser détourner.

Des voies diverses s'ouvrent devant nous; il nous faut choisir celle qui pourra nous con-

l'avenir du peuple canadien-français xni

duire au Lut que la nature, les circoiisiances et les exigences spéciales de notre civilisation nous ont assigné. Comme le géomètre, qui dans l'arpentage d'un terrain, espace ses jalons autour de l'endroit où il opère et se rapporte à des points déjà connus, ainsi nous devons, en dirigeant notre orientation nationale, tenir compte de notre passé et des circonstances ambiantes.

La marche en avant du peuple canadienfrançais implique un effort continu, une vigilance incessante ; et cette condition particulière de notre existence sera, peut-être, ce qui contribuera le plus à nous assurer, en Amérique, une place enviable.

« l^a peuple qui^ par un prioilrge fiuirsie, pourrait subsister sans travail^ disait Leplaij (i), serait vouéy par /à-nieme, à une infériorité relative ». On peut en dire autant d'un peuple qui pourrait subsister sans pi'<M>ccupations patriotiques; car, chez celui-ci, toutes les forces résultant du sentiment de la solidarité, des souvenirs historiques, de la fierté nationale, de l'émulation (jénéreusc en vue du bien public, toutes ces forces s'éteindraient bientôt pour faire place à un mortel égoïsme.

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