LA LANGUE FRANÇAISE
m, la propagation <le ta tangae française iiH' portent il l'ordre général de la civilisation. Qaelijue chose d'essentiel manquerait aa monde, le jour où ce grand Jlambeaa clair et pétillant cesserait de II ri lier. L'humanité erail amoindrie, si ce meroeilieax instrument de ciuilisaiion venait à disparaître ou à s'amoindrir. Que de citoses éternellement bonnes et vraies ont été pour la première fois dites en français, ont été frappées en français, ont fait leur apparition dans le monde en français I Que d'idées libérales et justes ont trouvé, tout d'abord en
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français, lear formule, leur définition véritable !
,„Je dis qae le français a été une langue bienfaisante pour l'humanité. Ça été aussi une langue aimable. Oh I que d^ douces choses on a dites en français. Il n'y a pas de langue dont on puisse détacher de plus jolies phrases. Que de sentiments fins et exquis ont trouvé leur expression en cet harmonieux idiome !
(E. Renan. Conférence faite à « l'Alliance pour la propagation de la langue française) ».
C'est dans les temps où un peuple est endormi ou esclave que sa langue se couvre de mots étrangers, d'une origine différente. Mais ces mots ne s'implantent pas véritablement dans le tissu du langage national. Ils n'y adhèrent qu*à la surface. Cet alliage de mots d'une autre langue est comme une maladie; tant qu'elle dure, la langîce est impuissante à exprimer le vrai génie d'tm peuple ».
(Edgar Quinet. « La Création, vol. II, p. i8o).
Au milieu de toutes les choses obscures qui nous ont été léguées par les âges lointains ou que nous entrevoyons au fond du passé, il
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est une seule chose lumineuse, le langage. Le langage est le véhicule de la tradition et de l'histoire ; mais lors même qu'il ne nous raconte aucun fait, il éclaire l'ombre d'une vive lueur; car il nous dit les émotions qu'ont ressenties les générations humaines disparues, l'étendue, la variété de leurs impressions, la complexité de leurs sensations, leurs croyances, leurs passions, leurs misères, leurs bonheurs. '
Chacun des mots qui le constitue, indique une forme, un être, une manifestation de la vie du passé. Qu'importe, après tout, le détail des événements? Le philosophe qui connaîtrait bien la langue d'un peuple disparu sans laisser d'histojj:e- écrite, pourrait reconstituer la vie de ^ peuple. Dans la prédominance de certaines idées : justice, pitié, charité, clémence, force, bravoure, domination ; dans les unions permanentes de mots, les proverbes, les maximes, il apprendrait combien de sang il y a dans ce passé, combien d'atrocités, combien de joies calmes, quelle somme de bonheur paisible.
L'origine des langues que nous appelons langues-mères est inconnue, celle des langues dérivées est toujours obscure. C'est pourquoi elles ont l'attrait d'êtres dont la beauté échappe, dans son essence, à l'appréciation
Ifi\ l'avemu i»r PEi plk i;an\dik.n-fbanç.\is des cn'liqucs, le charme dVires uniques que 1 jamais plus on ne on'era.
Dans notre siècle de lumière, en effet, on ne concevrait pas qu'on voulût forger nne langue de toutes pièces. Le volapuk est un exemple de cet effort ridicule; l'on ne conçoit pas, | en supposant l'éternité du progrès, que dèsor-l mais aucune langue nouvelle soit créée.
Les monuments sont le souvenir de faits | particuliers ; les langues sont les portraits ] des âmes des nations. Mille fois plus barbare ] serait celui qui voudrait supprimer la langue f d'un peuple, que celui qui démolirait ses , moniimenls.
« Sous les auspices d'une providence mi- .jéricordieuse, les diverses familles du genr/t L humain, les grandes nations de In (erre i Vpersées sur toute la surface du globe habita~ I ■'J/c, ont parlé diverses langues, raconté leai* J \histoire, e.rprimé leur caractère et enfin * Uréoélé les pensées et les faits du genre I humain sous diverseji firmes de langage, ' qui ont riimlisé entre elles de beauté, rffll I richesse, de variété, de force et d'éclat, *(i)\ Ainsi la multiplicité des langues est deve— J I nue un bienlViil. De la confusion baltélique -'
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lliomine s'est fait na rempart contre cette autre confusion qui serait nécessairement résultée d*un mode de manifestation uniforme des produits de la pensée. Grâce à la variété des idiomes, il se fait dans chaque région, dans chacune des divisions importantes du globe, considérées comme centres producteurs, une sélection des travaux les plus parfaits, qui viennent prendre place dans le trésor littéraire et scientifique de l'humanité. En Allemagne, en France, en Angleterre, en Italie, le critique sait distinguer au milieu de la foule des productions journalières, l'œuvre originale, géniale, digne de vivre ; il sait la distinguer et la mettre en vedette. Il sait extraire des œuvres moins brillantes ce qu'elles ont de bon, et il livre au commerce intellectuel, si je puis m'exprimer ainsi, une quintescencc; de la production littéraire et scientifique de son pays. Supposez qu'une langue devienne universelle ; par ce temps de fiévreuse activité intellectuelle quel historien de la littérature, quel moissonneur des travaux de l'esprit pourrait -se charger de faire un choix judicieux et de signaler au public ceux de ces travaux qui sont dignes de son admiration? Combien d'œuvres sublimes peut-être passeraient inaperçues, combien de découvertes précieuses resteraient improductives! Suppo-