M. Guizol
-NOLS DU SOL.
On peut, je crois, élablîr en principë~i f tout jeune homme, d'une énergie et d'une intel-'-l ence moyennes, et possédant quelques cen- J I taines de dollars, qui se résignerait à vivre eal gueux, à travailler ferme, à se priver de toute i jouissance, pendant sixousept ans, disons depuis fl l'âge de dix-huit jusqu'à vinyl-ciiiq ans, peu< Se faire dans l'agricullure, au Canada ou au» Etats-Unis, ime situation indépendante, prospère, et s'assurer pour l'avenir, une vîéj honorable, autant que saine et agréable. ( peut dire avec aulant de vérilé que le môni jeune Jiomme, Iravaillanl, en qualité d'ouvrieft
l'ayenir ou peuple canadien-français 275
dans une fabrique ou une usine, également de dix-huit à vingt-cinq ans, serait, après ces sept années de servitude, aussi pauvre et aussi peu avancé qu'auparavant. Pourquoi un si grand nombre de nos compatriotes reculent-ils devant les nobles travaux du défricheur, pour aller compromettre leur santé et abrutir leur intelligence dans l'atmosphère lourde des fabriques de la Nouvelle Angleterre ? J'ai expliqué plus haut, quelles sont les causes de l'émigration canadienne aux États-Unis. Les cultivateurs canadiens désertent leurs terres, parce qu'ils ont été ruinés par l'abus du crédit, l'usure, la dépression agricole ; parce qu'ils ont manqué de prévoyance et de prudence. Ils ne songent pas î\ refaire leur fortune, en colonisant des terres nouvelles ou, tout au moins, à encourager leurs fils à se faire défricheurs, parce que jugeant mal les causes de leur insuccès, ils en sont venus à la conclusion que l'agriculture, au Canada, est une profession ingrate et qu'il est presque impossible, en s'y adoiniant, de gagner sa vie.
On a fait naufrage parce qu'on n'a pas su éviler les écueils de la route, et l'on n'ose entreprendre une nouvelle traversée.
Etant donné nos habitudes de bien-être et de comfort, un jeune cultivateur ne devrait pas songer à se marier avant d'avoir, outre une
376 l'aVEMR du PEI PLL i;A.\"ADI[i.\-FRANÇAIS
ferme en Itoii élal de d<!rricheraeul et susceptible de rapj'orter, mt>iDc dans les niau années, une somme suffisaute pour couvrira toutes les dépenses d'exploiialîon et de subsistanee, un certain capital en numéraire dcE>iï| liné à parer aux accidents imprévus. Or, c'eB^ généralement le contraire qui arrive (1). Da 1870 à 1880, un culii*aieur à l'aise, de la province de Québec, a donné à chacun de ses cinq ou six fds une ferme d'une valeur de trois à quatre mille dollars, aiec maison, granyes, bétail, iustrumenis araloires, etc., mais il j laissé à chacun d'eux une detle hypothécaire d mille à quinze cents dollars, dont Tintcrêt était| payable à une banque, à sept ou huit pom cent, soit de 70 à 120 dollars par an. Les pleins de conliauce, se sont mariés dès lem entrée eu possession et Ont continué la vieillg routine qui avait réussi à leur père peadaal les années d'abondance précédant 1S70. Ils c eu un grand nombre d'enfants, les dépenses^ des ménages se sont accrues; ne parvenant J pas à économiser les înlérfils annuels qu'il devaient payer, ils ont conlraclé de nouvelle^ dettes hypothécaires, escompté des billets 1 ordre, et dix, douze ou quinze ans plus tard)!
I. Le célèbre èconoiniBle Mac Cullorli prérend qu'un cuIHp ïnlcur lievmil toujours posséder un rupilal plulùl aupërieiU
l'avenir du peuple ganadiex-français 377
plusieurs d'entre eux, la plupart peut-être, sont partis pour les Etats-Unis, après avoir connu tous les ennuis, toutes les vexations, toutes les humiliations de la lutte contre l'usure et les {|ens de loi, de cette vie cruelle où les mois se comptent par les échéances de billets à payer ou à renouveler. Cette histoire est celle d'un (jrand nombre de familles canadiennes.
Toutes les statistiques, toutes les études des économistes ont établi que, dans l'état actuel de l'agriculture, un cultivateur, surtout lorsqu'il est charcjé de famille, ne peut payer un intérêt de 6 0/0 sur une hypothèque grevant une partie importante de sa propriété. Cette vérité n'a pas encore pénétré jusqu'à nous. Il est trop tard aujourd'hui, pour dire aux pères de famille : Economisez, prévoyez, ne vous endettez pas, mais aux jeunes gens disons ceci : Imitez l'Écossais et l'Allemand, dont les établissements agricoles sont si prospères dans toutes les parties de l'Amérique. La supériorité de ces peuples consiste dans leur sens pratique, qui les porte à prévoir, à apprécier à leur juste valeur les chances d'avenir et qui les empêche de faire des calculs trop optimistes.
Jusqu'à présent, nous avons encouragé autant que possible les mariages précoces et en conséquence, les familles nombreuses dans le but
278 LAVKMH m i-tl l'LI^ I:A^ADIE^-FRAKÇA1S ^M
patriotique d'aoïToiCre notre force nationale. Le ri'Hiillat a été Meii iliiTércnt de celui que nous attcudions, notre population u'auijinentjî^ pas dans la province de Québec, el l'iiypothèi que dévore nos patrimoines.
« // // a H*ser longtemps, dit M. FréchetU
• que la f'^voudité de nm femmes fait le thèrA
de nos dit/tyrambes patr/otiqaes et se charge
■de prouver an monde entier la supérîortU
de notre race. »
Dans la question de notre développemenl national, nous avons adopté ce mot d'ordi « Emparons-nous du sol. » La conquête dat sol, si favorable au maintien de notre nationa-^lité, présente des avantages plus grands encore" peut-être au point de vue économique.
Il u'esl dans noire pays aucune iudustrie, si productive qu'elle soit, qui puisse se com-iJ parer au défricbement de la terre, ni pour btj somme des richesses produites, ui pour l'^J qnité de leur répartition.
Calculons, eu effet, ce que peut rapporter î travail de deux cenis ouvriers pendant un espad de trois ans, dans une industrie très prospère) Je suppose que le capital placé : capital IùmS^ capital roulant, capital de consommation, soit seulement, de cent mille dollars. L'industriel a réalisé, avec la protection du gouvernement, un bénéfice net de 15 0/0; soît, eu^l
trois ans, l^ryOoo dollars. De cette somme, je suppose encore que 20.000 dollars ont été consommés et que le reste a été employé pour accroître la production future ou pour la rendre plus facile ; il reste donc dans le pays une augmentation de richesse de 25.000 dollars. J'admets, en outre, que neuf ou dix employés supérieurs, commis, contre-maîtres, aient pu économiser sur leurs appointements, chacun deux cents dollars, par année — quant aux ouvriers, f/s ont vf'cu — cette augmentation se trouve portée à 3r.ooo dollars. Elle a prohahlement eu pour effet, d'un autre coté, en raison des tarifs protecteurs en viqueur, de faire payer a toute la population du pays un prix plus élevé pour lui certain nombre d'objets de consommation.
Passons à rarjriculture : Les deux cents ouvriers ont obtenu du qouvernement des terres non défrichées, cent arpents chacun, à trente sous par arpent. L'n homme défriche fiicilement, pendant la belle saison, dix arpents de forêt, y compris le fossoyaqe, l'abattarje des arbres, etc. Le colon possède donc, au bout de trois ans, une terre de cent arpents, dont trente en culture, que personne ne songera à évaluer à moins de mille dollars. Nous nous trouvons en présence d'une augmentation de richesse non consommable, pour
280 l,'AVfi.\ni Ur r'EII'Lfi CANADIEN-FRANÇArS
la province, de 190.000 dollars '. De plus | défricheur esl maiiiteiiaiit en étal de vivre, va chaque aiiiit^c aiif|meiiter la valeur de t proprif^ti', acheter dos instruiueiits aratoire^ du bétail et, s'il est prudtnl, s'il a soin de i pas s'eiidetler, île ne pas se marier trop tdt^l dans dix ans il aura une inslnllalion commode,,' sa ferme sera toute diTrichée, amélînrëe et vaudra cinrj mille dollars. De p/iis cettp atigmenlalion de richesse n'aura pas seulement profité à (ler/.r on Irais famiif es, mais à deux cents. Quelle calamité si, au lieu d'élre utilisè-ia dans notre pays, le travail de ces deux centftl ouvriers sert à enrichir l'élrantjer, si, aulieil^ d'avoir ajouté à notre patrimoîue une plu»«9 value de 190.000 dollars, nous avons perda deux cents chefs de famille 1
On pourrait faire à ce calcul un nomlire d'objections. Ainsi, il faut au défiJ cheur un petit capital pour acheter des outilq quelques inutruments aratoires indispensables) du bétail, etc., il lui faut manger et se véti pendant qu'il travaille au défrichement, et 1 capital, s'il ne te possède pas, il ne peut l'eifl prunter, car au taux de six, surtout pendaiâ
I. Si l'on diatreil de rflle somme celle de THOt représenlaril la vnliiiir At ao.nii:) arponls de lerre n ohée, et par ronsÉii iienl d'iuiciiii rujiporl, nous rciî n ifain de 1 84-000 dolliirs.
l'avenir du peuple GANADIEN-FRAiNÇAIS 28 1
les premières années, alors que la terre ne lui donne qu'un très mince revenu, il sera bientôt ruiné. Mais, à vrai dire, un bon nombre de jeunes yens qui pourraient s'adonner avec profit au défrichement, possèdent ou peuvent se procurer la somme nécessaire, d'autres peuvent la gayner en travaillant comme bûcherons, pendant l'hiver. C'est ainsi qu'ont été colonisées avant 1870, alors que les produits agricoles trouvaient un débit facile, la plus grande partie des terres des cantons de l'Est. Une somme de cinq cents dollars pour chaque colon, — correspondant aux cent mille dollars que j'ai supposés placés dans l'industrie, — serait amplement suffisante.
Créer un « crédit agricole et de défriche-ment », procurer aux cultivateurs et aux défricheurs des capitaux à trois ou quatre pour cent, voilà la question qui devrait s'imposer avant toute autre à nos législateurs.
Sur le terrain économique, tous nos efforts doivent tendre, pour le moment, à un but unique ; développer nos ressources naturelles, étendre le champ de notre colonisation. L'avenir est sans contredit à l'agriculture ; la richesse principale c'est la terre. L'industrie donne autant qu'on le veut, il n'y a pas de limites à sa production, et si elle contiime à ne pas tenir compte des besoins réels des con-
■aSa l'avemh i>ii peiiplk casadiex-frasçais summuteur», biuiiliM Ions les marchés Bcn encombrés.
Les faltriqiies ne soûl pas toujours coiistrui les pour ri'ponilre à des besoins du marctu înteruatioiial, doiil l'élal est diliicile (t couiialtr
h et à apprécier, mais la plus souveiil, au cotb ttaire, pour placer el ulJliser des capî-
\ 'taux.
Autour des fabriques et des usines donl
■ sont remplis les ijrauds pays industriels, dei
I villes entières out été construites, des mîllieraS ' de familles d'ouvriers se sont yroupées ; t I bleu petit uouibrc sont propriétaires de leurs ,. maisons, mais toutes out des meubles, toutes se sont l^it des relations, se sout habituées à la L tùe locale. Les capitalistes, de leur ci^té, ont
■ dépensé des sommes très considérables pour I l'acliat d'un matériel, la construction de I machines, de maijasins, de bâtiments de tous R genres servant à l'exploilatiou, etc. Il résulte [de ces faits que ces fabriques et ces usiner
^ devront, par tous les moyens et quoiqu'il^ [ advienne, continuer de produire. D'un autre^ I côté, la plupart des pays européens, qui ont u surcroit de population, et quelques-uns d'im-
ses populations d'tndigenls, sont naturel- ' lemeut forcés d'encouraijer et de développer l'industrie. Leurs youvernemenls se préoccu— J peut peu des conditions de l'offre et
demande à l'étranger ; ils ne songent qu'à créer une industrie nationale.
Des pays nouvellement nés à la civilisation, et qui n'étaient autrefois, au point de vue industriel, que des consommateurs, comme l'Inde, le Japon et môme la Chine, commencent, eux aussi, à construire des usines et des fabriques. L'industrialisme, se développant dans ces conditions difficiles, ne peut que continuer à donner les résultats que nous avons déjà constatés; grouper les victimes du paupérisme, augmenter la division des classes, créer des richesses individuelles et préparer des désordres sociaux. L'encombrement des marchés rendra nécessairement avant peu les profits de l'industrie inférieurs, s'ils ne le sont déjà, à ceux de l'agriculture.
La production agricole, au contraire, est nécessairement limitée, et quand toutes les terres seront colonisées, ce qui ne saurait se produire de sitôt, elle ne pourra s'accroître que par la substitution de la culture intensive à la routine actuelle.
Il s'agit pour nous d'empêcher une partie de notre population de passer dans les rangs du prolétariat, et de multiplier, dans des proportions normales, le nombre des familles de propriétaires. Il s'agit enfin d'assurer à nos compatriotes, préférablement aux étrangers,
t 3S4 l'aVEMR du PEIPLR CA^'ADIE^-FHA^ÇAIS ■
1 les nombreux avantarjes qu'offre noire pays,! I-Au point du vue de l'acquisition du bien-être et.a K de la ronslilulioii, dans des conditions relali- I rvemeul faciles, d'un patrimoine sûr et Irans- 1 f uissible. I
I Parmi les descendants des 3. 250.000 cotons ■ I qui peuplaient les États-L'nîs, lorsdc la guerre,! f de l'indépendance, ily aceriainement, à l'heure ■ k»ctuelle, fort peu de journaliers, d'ouvriers,! [ de fa])riques et de valets de fermes. Tous ou I [■presque tous sont propriétaires. Il devrait en 1 [ £tre ainsi pour les Canadiens-Français. I
I La question de la colonisation et du râpa- I Llriement est cclli! sur laquelle tous nos compa- J C:triote6 s'entendent le mienx; seuletneut nous I lue pourrons Jamais la résoudre au moyen de fl f discours patriotiques et d'articles de journaux, f P Tout le monde s'accorde à constater ceci :fl I L'agriculture n'est plus en faveur ; les jeunes.l L'^ens, dont la plupart se marient trop tât, n'ont ^ rplus l'éneryie nécessaire pour faire de bons \ rdé fric heur s, ils aiment mieux hériter d'une | I terre eu valeur; mais yrevée d'une lourde <l [ hypothèque, dans la paroisse oii ils sont nés, ,1 I être commis à la ville, ou émiqrer aux Etats- ! ! Unis, que d'aller passer quelques années dans^ [ia foréf, au milieu de la fumée, exposés aux^ r piqûres des moustiques, mal nourris et mal -1 t itêtus. Quant à l'avenir, ils n'y songent guère. ^
Ce mal ne peut avoir pour remède qu'une initiative patriotique prise par les classes diri- (jeantes.
Qu'on me permette, avant d'aller plus loin, de citer deux lettres que je viens de lire dans un journal hebdomadaire, publié à Londres, a « Ca/iadia.2 Gazette » (numéro du i®"^ février 1894). Un employxi de commerce écrit au directeur dd cette feuille :
« Je vous serai obligé de me donner quelques renseignements^ relativement au Ca^ nada, c'est-à-dire au Manitoba, aux territoires du Nord-Ouest ou à la Colombie anglaise. Je suis âgé de trente-deux ans, et bien que J'aie été employé pendant quinze ans dans un bureau, Je suis suffisamment robuste, ma santé est bonne, et J'aime beaucoup r exercice en plein air. Je suis absolument dégoûté de la besogne dont Je m'occupe et dans laquelle Je n' entrevois pas un avenir bien bril^ lant.
Crogez-vous que Je puisse réussir et gagner de l'argent dans l'agriculture au Canada ?
|96fi l'avenir DL' PEIPLE CANADIEiS-PRANÇATS
Je pourrai toucher environ cent //tjrwl l'^oo dollars), lorsque j'aurai passé un a/iau ' tÇanada, et piutdant ra/i/ire, j'uiinil peut-être mpa faire quelques rconomies.
Je suppose que f aurais à traviiillrr comme %Valet de ferme pendant un an. Ce travail estpV dégradant et difficile?
Cette vie peut-elle convenir ti un r/entle- ^.foa/t ? »
Le reste de la lettre se rapporte ou climat. iOn le voit, le « Cili/ ijentleman », bien' que ' nlisposé à Iravailier de ses mains, n'est pas tUETérent à la question de diijiùté, et H , inteuU ne pns déclinir aocinlement.
f Le rédacteur dt: la Ca.indiaa Gazette comiiifpia la lettre au capitaine Andrew Hamil^ bien connu an Canada ; j'extrais de la léponse de ce dernier les bijnes suivantes :
... « Le capital de ce>i( livres n'est pas fop considérable et ne devra pas être entamé^ w.tt que son possesseur ne connaîtra pas dcot* ■ }as ses plus menus détails la question t Vffgricullnre rfn,ï.ï les prairies: Avec dit, \ sanceseldu travail, cette somme sera j mt-à-fait su ffisaate ; votre correspondant ] fourra la doubler la première année, ou fa ierdre en son entier, s'il l'emploie imprit— Vtmmenf. Ou il ifarjne sa vie- et s'instruise ' hut d'abord. C'est ce que font mes amis. Le
l'avenir du peuple CANADIEN-FIiANÇAIS 987
quatrième de mes fils a gagné sa nourriture^ ses habits et ses passages sur /'At/antiquey en travaillant comme valet de ferme {dans une excellente famille avec laquelle il vit sur un pied d^ intimité) depuis l'âge de quinze ans. Il a aujourd'hui dix huit ans et demi» Le travail ne dégrade personne au Canada. Je suis revenu en Angleterre avec un mon-sieur très bien^ qui me parlait avec enthousiasme de la vie des prairies ; il y avait travaillé^ comme valet de ferme, pendant trois ou quatre ans et se proposait d'y retour- • ner^ si la besogne à Londres ne lui convenait pas. Quant à ce que peut être cette vie pour un ge.dleman, naturel lemCtU cela dépend de r espèce de gens avec lesquels il se trouve. Il y a beaucoup de gentlemen qui cultivent^ il y a beaucoup de gens respectables^ mais il y en a aussi qui sont tout le co/itraire. . ... . .
Aprrs une expérience de douze ans d.e la vie des colons et émigrants canadiens, je suis ahs(tlnmrnt convaiiiru <jtj'u/i homme ayaut les dis/:o\'iti(fns^ la détermitcation et la position soci(i/(\ à Londres, de votre correspoudant, est / resque mieux j r^'yaré pour réussir que riu mme qui s'est df'jù occupé de travaux mn,nie/s réellement /té/tibles, ou qui a fait différents métiers, a été cocher ou même valet de ferme. y>
ta88 l'avemr dv peuple canadien-fbaxçais
Ce sont des hommes de celle trempe (i) qui .j Dont donné à l'AïKjleterre son vaste empire,' I cotouial.
Tous nos ancêtres, à nou», se sont occupés J
Lde travaux manuels, tous, sous la domlaation J
r&'Ançaise, ufficiers et soldais, ont également
I travaillé dans les champs et fait la traite des .
pelleteries avec les Indiens, comme ils onl.j
bataillé et exploré. Ainsi ont Fait aos voisins,
les pionniers de la république américaine. ]
Mais voilii qu'uu préjugé a pris racine au sein
r de notre population : il semble maintenant que
llb fait d'avoir quelque instruction a pour con- '
L séquence nécessaire l'exercice d'une profea--i
; lion libérale, l'entrée dans une carrière où' j
I l'on n'ait pas de fatigue physique à supporter, j
Y Le commis qui addilioime, huit ou dix heures
L par jour, des colonnes de chilîres, étabbt en
T belle ronde le droit et l'avoir de ses patrons,
r'MM. Jones et Cie, ou, debout derrière un ]
t> comptoir, mesure, trois cents jours par année, \
I Mquisse dèli<
1 poème < The Pnncess », Tennjst euse de ce type d'Anglais ;
lo lillle lily-hsnded Baronet, lie ; A greal, hroad-shouldcred, génial Englishm A lord of fal prize oxea and ot shecp, A raiser of huç|c melons and ot pinc, A patron ot some [hirty cdarilics, A pamplileteer on guano and on grain, A quarte r-ïCRsiODB chairman ; abler none.
des milliers d'aunes de drap et de toile, ne doute pas de sa supériorité sociale sur le vaillant défricheur, sur le travailleur des champs. Tant mieux, si cela peut lui faire mieux apprécier son lot dans la vie ! Dans notre Amérique démocratique, l'homme dont l'esprit est élevé et le cœur courageux, quelle que soit la carrière à laquelle il se destine, quel que soit le travail auquel il doive se livrer, peut se considérer comme l'égal de tout autre homme, et personne ne le trouvera ridicule d'avoir cette fierté.
Ce qu'il faudrait aujourd'hui, dans notre province, ce sont des jeunes gens ayant reçu une bonne éducation, comme les fils du capitaine Hamilton, qui ne craindraient pas d'aller affronter les rudes travaux du défrichement, et qui, par leur exemple, enseigneraient à tant de leurs jeunes compatriotes qui n'y songent pas quelle différence il y a entre le labeur pénible du mercenaire, dans une fabri- ({ue étrangère, et Toeuvre du colon, du pionnier.
Seulement nos qualités de race, différentes de celles de l'Anglais, exigent que nous procédions autrement que ce dernier.
L'Anglais peut isolément s'en aller conquérir un héritage dans les pays nouveaux ouverts à son activité ; la solitude ne lui pèse pas; le but à atteindre, toujours présent à ses
L agO I. AVESIK DIj PtlPLE CANADtEK-yaANÇAlS ■
■ yeux, le soutient et l'encouraige. Le Fraiiçais^ L 4ui, n'aime pas la solitude. Il ne sait pas b<ï9 E passer d'amis, de compa<{tioiis ; il tient à eau— 1 |-ser en travaillant; il subit surlout l'eulraîue-l I ment de sou eiitourai/e. « Les Français ne 1 r sont tout-puissanls qu'eu masse », disaita I Mme de Staël. Cle que l'Aniilais accomplît is(v>a W lémeu^ c/iaciin pour soi, u'ohéissaut qu'à SIL'I
I aeule imtiative, nous pouvons l'accomplir en'v
II groupe, chacun pour tous et tous pour chacun^ I I en vertu d'unu impulsion donnée par im esprit^ I diriijeaiit et aceeplée par la masse, d'uo^ C exemple venu de milieux influeiils, ■ L 11 ne serait pas beaucoup plus diflicile étm I 4oauer un nouvel eHsor à la colonisation eM l d'entraîner à cette ouvre des milliers de jen^ l.oeB <jens, qu'il n'est dilTruilu d'entratiier ces9 P>4n£nies jeunes ijens à aller applaudir des spee^im me/tes insiijnilianla et à aiî passionner pour desl lf)hrases creuses, si l'oji montrait la mémeB 1 -ardeur à la propagande. I I ÎV'oublions pas k-s leçons de noire passévfl EiVotre histoire n'est pas l'œuvre d'ItommesiaoV I4és; elle est l'œuvre de compar|iiies de solj^ I dats, de partis d'explorateurs, de courenrin [des bois, de yroupes d'aveuturiers, et plusfl L tard de socii^tés de palxiotes. ■ i L'associalion sera, si nous le voulons, unefl ■très (jraiide force dans notre développementB
l'avenir du peuple canadien-français agi
éducationnel et économique. Au moyen d'associations basées, non sur des vanités mesquines, mais sur des sentiments élevés, généreux et pratiques, nous pourrons accomplir ces deux grandes choses : doter notre province d'Etablissements d'éducation rivalisant avec celles des pays de haute civilisation, tirer parti des ressources de notre sol, retenir nos jeunes gens chez nous, agrandir notre domaine agricole.
Je suis mi^me convaincu que, dans cette question du défrichement, dont les travaux sont si pénibles, le succès est presque impossible sans le concours de beaucoup d'efforts réunis. La forêt est une place forte dont on ne saurait s'emparer si l'on ne dispose d'un nombre d'hommes suffisant, d'engins et d'armes appropriés (i).
Le Canadien français suit volontiers l'exemple du guide qui s'impose, il aime à conformer sa conduite à la conduite d'hommes éclairés, il subit facilement l'ascendant d'une élite. Aussi les efforts sincères que feraient en
I. I.cs lourds Ironrs d'arbres à entasser, les souches à extraire du sol, etc., etc., tout cela demande les forces unies de beaucoup de bras. Je n'entrerai dans aucun détail, mais l'expérience a prouvé que viinjl iiomnics travaillant en commun et av^.*c méthode peuvent détVicIier trois fois pl«is rapidement vin(jt lots de terre contiijus que s'ils travaillaient isolement chacun ])our soi.
isg^ L Aviism m; pki ple ca.nadiek-fra.nçais ■
I rêveur de la colonisation des oitoyeus patrioteal
' el jouiasaiif. d'une cerlaine influence, seraieuta
j. certainement couronnés de succès. I
Je voudrais donc voir se Tormer des sociétés'fl
de colons composées de jeunes ijeos ayantiV
étudié dans nos collèijes, de fils de cultiva-^
. teurs se destinant à l'agriculture, de fds d'émi-A
grés revenant des Etats-Unis : de jeunes gensH
I' qui sentiraient revivre en eux le courage et laM
ilerté des ancêtres, pour aller fonder desl
' paroisses dans la partie encore inculte de lai
province de Québec et continuer l'œuvre du J
' regretté Myr Isabelle. I
La conquête du défriclieur, voilà la première 1
(le toutes les œuvres de civilisation. L'homme ■
qui, ik la place de la forêt humide, crée lea,M
' champs verdoyants, la maison riante, les voie«
L ombreuses, les jardins fleuris, cet homme eslfl
t le vrai conquérant. Une société de jeunes gen^l
I intelligents, instruits autant que possible, qii«
f seraient décidés & ne pas reculer devant le^|
fatigues et les privations de quelques année Si M
alin de se faire un avenir indépendant, qui coa^
sacreraient leurs moments de loisirs à aug-«fl
monter leurs connaissances agricoles et autres,1
qui auraient le bon esprit de ne se marier quea
lorsqu'ils seraient à la tète d'une belle etj
grande ferme, qui prendraient surtout desl
habitudes de prévoyance et de prudence pro-^a
près à leur assurer une prospérité continue : une société ainsi constituée réaliserait des merveilles.
Le Nord-Ouest nous est fermé, grâce à la loi injuste et rétro(jrade votée par la législature du Manitoba et prohibant les écoles françaises, mais nous avons encore les trois quarts de la province de Québec à coloniser. S'il est plus difficile de défricher la forêt que de mettre la prairie en culture, d'un autre côté, notre province nous offre de nombreux avantages sur le Manitoba au point de vue du climat, de la facilité de l'irrigation et de l'arboriculture, et en outre elle constitue un centre presque exclusivement français.
« Qii^oa V entende donc bien^ dit Mgr Du-panloup^ il ^rHij a personne^ ni homme, ni femme, ni gra.id .seigneur, ni grande dame que ce soit, qui doive craindre de se rabais^ ser, en s* occupa.it d'un labeur aussi noble , aussi utile que celui de l'agriculture. » L'agriculture ne mène jamais à la grande fortune, mais elle conserve ce trésor inappréciable : la santé ; elle assure à celui qui ne
«94 l'avesir nr pti ple ca-vadies-français r cousidère pas le travail manuel comme v
châtiment, une vie Lien remplie, embellie par j 'de saines jouissances, et s'il a reçu une ins-J I (ruction suffisante et possi^de un pou de sens I r artistique, je dirai des jouissances d'un ordre I [élevé et pures par dessus tontes (i). « Aai fde^ré d'inslrtiction que deura posséder ra~-\ P ffricu/teur progressif , tout le. monde recQii~m [ ftai'tra que, de métier qu'il est encore trop'\
Êoaifeut anjourd'fuiiy l'art agricole perfec-^
tionné devient la plus noble des carrières^'T \ peut offrir à l'homme itistruit le théâtre /el I plus élevé des connaissances humaines, l(t\ fiplus noble et la plus indépendante des pasi-^ \Uons sociales et rend à l'agriculture la /ire^l ^mière place qu'elle doit occuper dans la prof. faction matérielle. »
A la vérité, le jeune colon qui, sans capitaiix,.4 Ptiura défriché une Terme au Canada, ne pourrai bison^er tout d'abord à faire de la culture'! L'intensive et naturellement dispendieuse. Ill ï devra se contenter d'améliorer ses procédés,: I se déyaijer de la routine, faire la meillenre L culture extensive possible el ne se permettre I d'expériences scientifiques que sur une petite f échelle et dans la limite absolue de ses i [ eources. En revanche, pour peu qu'il ait Ida
l'épln Lehalleii
é par Mgr Diipsnloup.
Ii'av£nir du peuple canadien-français 295
goût du beau, il pourra se procurer toutes les jouissances du poète et de l'artiste.
Il y a, sur les bords du Saint-Laurent et dans les cantons de FEst, de fort belles propriétés, certes; mais jusqu'à présent, on a trop négligé dans nos campagnes le côté pittoresque et artistique. Nulle part en Amérique, les chemins publics ne sont plus mal entretenus que dans la province de Québec, nulle part on ne s'occupe aussi peu d'embellir les environs des fermes et de faire des plantations d'arbres. Voilà pourquoi l'agriculture ne possède aucun attrait pour le plus grand nombre de nos compatriotes et n'est considérée que comme un moyen pénible de (jagner sa vie. On ne songe pas à Faugmentation du bien-être et même de la richesse, que le développement du goût artistique, du sens de la beauté, apporterait au Canada français, au charme que donneraient à nos campacjnes les routes bien entretenues et ombragées d'arbres, les maisons entourées de parterres, de parcs, de vergers, etc. Et, remarquons-le bien, ce sont là des améliorations qui ne coûtent presque rien, ne demandent que fort peu de travail et n'entraînent le sacrifice d'aucun profit, d'aucun avantage pratique.
E,i ouvrant de nouvé/les paroisses^ il faut songer à ij acclimater tout d'abord la beauté. En vérité, j'aurais plus confiance dans le succès
jgG l'aïe-mr dl" peiple caxadien-frasçais jeunes colons ûihaljilu^s au inaaiemeiit de la ] baclie ef de la liéchc, maïs couraijeux, iiitelliffenlti, unissant à une iiialruclion suflisautc, le ijoùt du beau, des habitudes d'ordre et de
'évùyance, qu'en celui de défricheurs simple- ' Inent robustes et habitués aux plus durs tra- , vaux.
Pour bien aimer la campagne, il faul qu'une âme soil éclairée d'un rayon de poésie ; il faut que i'œil de l'ayriculleur puisse apprécier une belle vérjétation, une belle aurore, qUe son cœur puisse savourer cette douce paix, :ette calme harmonie qui se défjatjent de tout ce qui l'environne.
Dans les villes, l'iiomme passe, indifférent à presque tout ce qu'il rencontre; à lacampague, ,il s'attache A tout, aux 6tres et aux choses; rien n'existe dans son eatouraije qui ne lui -'«oit familier et qui n'ait une place dans ses aHections.
Les yens des villes habitent, pour la plupart, des maisons qui ne leur appartiennent pas; selon leur caprice ou ceux d'un propriétaire, ils déménagent à intervalles irréyuliers, et chaque terme voit de lourdes voilures charyées de meubles se transporter d'un faubourg 1 autre, d'une rue à une autre. Ces migra-
Etïous ne se font pas toujours
egret,
Pielles ne s'effectuent pas sans que des meubles
soient détériorés, des Iwbelots sacrifiés. On monte des escaliers, on s'installe et Ton cherche à donner au nouveau lo()is, autant que possible, l'aspect de celui que l'on vient de quitter, car on s'est habitué à telles dispositions de pièces, à telle distance entre un meur ble et un autre, tant il est vrai que Ton aime à localiser son bonheur entre certains espaces déterminés, entre certains objets matériels permanents. Cette vie nomade, en multipliant nos souvenirs, leur enlève de leur intensité et par là même, de leur charme.
Le chîUelain, le grand propriétaire rural qui habite le vieux manoir ancestral, la maison qui l'a vu naître, éprouve un bien autre attachement pour son fover ; mais rien peut-être n'écjale l'amour du défricheur pour la terre qu'il a créée et fertilisée. Cette terre, elle lui doit tout ; avant son arrivée, il y avait à cet endroit une forêt sombre, des massifs d'arbres séculaires, des fouillis de broussailles, des pins, des sapins morts jonchant le sol, enclievêtrés dans une végétation sauvage, pourrissant sous des tapis de mousse humide.
Il a conquis cette terre par la hache et le feu, chaque parcelle de ce sol représente des journées d'un labeur pénible ; il a travaillé là pendant les belles années de sa jeunesse, rêvant du bonheur prochain, de l'amie qui vien-
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ribnit partager son foyer, tics enfaiiti; ^uj
■ réyavepaieiit. Il a vieilli, créant toujours, I atjrHndissaiit i-t emljcIliMsarit son patrimoine, f Coiitinunnl son o'uvre de oivilisalioii et de lpro{jr<^s. Toute sa vie est là; A chaque instant
■ il peut jouir de toute son œuvre, et q^uaud il • reyarde cette hclle ferme qui est sienne, CCf ■M'est pas seulement la vanité du propriétaire »'qui s'aflirine, c'est l'orgueil du créateur. Je pTOudrais que ce fût encore la jouissance raffil-née de l'arliste.
I J'aime à me Tiqurer qu'un jour, quand la I science, fauchant les préjurjés et ouvrant les Cernes, aura accompli une partie de sa misl'Bion, chaque cultivateur fera à i'nrl une part I dans sa vie, chaque champ, chaque prairie,.
■ sera comme une toile où l'homme, avec la cotllaboralion de la pluie et du soleil, cherchera l non-seulement k produire les Liens de la terre^ f lirais aussi à rér.liser la beauté, ce r^ve éter- I Bel de tout organisme supérieur. 11 fera boa l< alors s'en aller, joyeux pèlerin, par les monts I' et les vallées, le long des routes ombreusesJ F comme dans un musée oi'i tout sera réuiû L pour plaire, où tous les sens seront charmés.: k Depuis les temps les plus reculés, je le sais; [ certaines plirases consacrées ont constamment I fait ressortir la noblesse de l'état d'agricul I leur, l'agrément de la vie des cJiamps; tout
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bonheur poétique rôvé s'est toujours localisé au fond d'une vallée ombreuse, dans une chaumière entourée de fleurs. Cependant, jusqu'à présent, la poésie des champs n'a guère été savourée que par des dilettantes et des rêveurs, rarement par des aqriculteurs pratiques.
Les poètes qui ont chanté l'Arcadie ont simplement entrevu l'avenir, ils ont représenté dans un monde chiméri([ue du passé ce que la civilisation seule pourra créer.
Si tant de nos jeunes (jens qui terminent, à l'heure qu'il est, leurs cours classiques, ou commencent leurs études universitaires, et par conséquent se rendent compte du peu d'avenir que leur offrent les carrières libérales, pouvaient s'élever à une conception noble et grande de la vie et du devoir patriotique, nous verrions, dans quelques années, moins de politiciens besogneux dans la province de Québec, moins de chercheurs d'emplois publics. Mais il y aurait des sociétés de colons à l'œuvre, nous aurions, dans la vallée du lac Saint-Jean, des bachehers soucieux en môme temps du beau et de l'utile, travaillant à créer de nouvelles paroisses, et encourageant par leur exemple, dans les autres classes de la population rurale, les habitudes d'économie, de prudence, de travail et de simple élégance.
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Trop longtemps on a considéré comnij incoinpalibles ces deux choses ; le Iravi manuel et le savoir, le maintien d'un ran social et l'accomplissement de ce devoin « ijagner son pain à la sueur de son front. Suivons l'exemple de l'Anijlais, que ni son édttf cation, ni ses haliîLudes bureaucratiques pèchent de se faire colonisateur et môme valel de ferme, lorsqu'un jour le désir de l'indéi pendance et de la vraie liberlé s'empare < son cœur.
L'homme idéal, l'homme tel qu'il sera dai l'avenir, n'est-ce pas celui-IA dont l'âme esâ assez grande, assez éclairée pour jouir ( lout ce que la nature et l'art offrent beautés, dont le couraye est assez haut, '. ' forces viriles assez développées pour lui per-»l mettre de lutter contre les forces ailverses du sol, du climat et d'en triompher?
Que les inditjenls qui, chaque année, L versent l'Atlantique enrichissent les iiidu! Itriels américains et assurent la prospérité c
leurs usines, ce n'est pas un rôle qui nou) I convienne à nous, fils des premiers piomuen l de ce continent. Rappelons-nous ceci [professions libérales sont encombrées; nous^fl [■avons dans la province de Québec dix-sepi I collèges^ dans chacun desquels deux ou troiâi fcccots élèves reçoivent, à l'heure qu'il est, une^
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éducation classique ; des milliers de jeunes ([ens émigrés aux États-Unis, ou sur le point d'émigrer, dès que les hypothèques grevant leurs propriétés l'exigeront, seraient heureux d'aller coloniser et ouvrir des terres nouvelles, s'ils étaient sagement conseillés, encouragés d'une manière efficace, si surtout l'exemple leur était donné par des compatriotes auxquels une instruction un peu supérieure prêtât un certain prestige. Ne voit-on là rien à organiser, rien à créer, aucune initiative à prendre dans l'intérêt de notre race?
Emparons-nous du sol!
Tous les physiologistes sont d'accord sur ce point, c'est que rien ne peut mieux ou aussi bien favoriser le développement d'une race vigoureuse, intelligente et d'aptitudes supérieures que la vie à la campagne, dans certaines conditions d'aisance et de culture intellectuelle.
« luBs campagnes, sont en quelcpie sorte ^ le laboratoire où se créent les forces du bien (i). »