I. E. (le L.ivcleye. « Le socialisme contemporain
texte de fraternité humaine, décréter l'abolition des patries et des nationalités. Les groupes artificiellement réunis se reformeront bientôt, car on ne pourra abolir ni les langues, ni les souvenirs nationaux, ni les affinités des races.
Du reste, l'idée de patrie, battue en brèche par le savant, mise en oubli par l'homme pratique, méconnue et quelquefois reniée par le malheureux et l'indigent, n'a jamais eu autant de force qu'en ce siècle.
Un philosophe se sera appliqué, au cours de longs volumes, à dégager l'activité des forces humaines, des formes et des cçidres que lai a assignés la foi ancienne, il aura dépouillé la tliéorie des races de toutes ses bases scientifiques, subordonné rationnellement le développement des peuples aux lois de l'évolution naturelle des individus. Il se retrouvera tout entier pour proclamer les gloires de sa race et les vertus spéciales de ses compatriotes, dès qu'un écrivain hostile aura osé nier les unes ou les autres.
« La patrie, c'est l'endroit où l'oa gagne honorablement sa vie, c'est l'endroit où l'on gagne de l'argent » dit volontier.5 l'ouvrier obligé d'aller demander î\ un pays étranger, le pain que son propre pays lui refuse. Mais, celui-là même qui se fait de ce mot lancé à
3|fi LAVEMH nir l'Ein.E CANADIEN-FHANÇAIS
toul propos une arme contre les reçjrets,! ■ contre la nustalijie, sait bien que ce n'est! I qu*un mot, La pensée du pays le poursuit] I partout, à l'usine, à l'atelier, dans les champs. I La plus douce récompense de ses succès,! I c'est de pouvoir en informer les amis restés 1 1 U-bas, au villaye natal, et quand il revient de J l'exil, c'est eu pleurant qu'il salue le toit pa— | I ternel qui a abrité sou enfance.
Nul progrés permanent ne saurait s'afGr*fl mer en niant la sainteté, l'indesfructibilité def ces (jroupements séculaires, si cliers auxcœursl des hommes. *
Notre avenir est subordonné à l'avenir i I progrès, aux révélations de la science, et no l ignorons ce qui est réservé à rbumanlté. BeaU' , coup de préjugés seront détruits, beaucoup! • de coutumes barbares disparaîtront, beau-^T
coup de choses merveilleuses verront le jour, ' mais la nature est immuable, « sous des altérations secondaires, le fond humaiu reste intact et persistant », les sources où depuis un ' temps immémorial les âmes puisent leursa ' affections et leurs sympathies ne seront poiâM " taries, I
' Quoi qu'il en soit, c'est en fortifiant dans non cœurs l'amour de la nationalité et de la patr^M que nous devons, nous, Canadicns-Français^-I préparer l'avenir. 9