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LE PAN-SAX0NNIS3IE. FEDERATION IMPERIALE. INDJÉ

PEXDAXCE STATU QUO.

Le pan-saxonuisme, dont persouiie n'a encore soiujé à constater les progrès, est de nos ennemis extérieurs le plus acharné, sinon le plus redoutable.

Le sentiment auquel je donne ce nom existe si bien, on le sent tellement que nous n'osons plus nous permettre de pronostiquer ouvertement notre avenir dans FEst de l'Amérique, et que lorsque l'un de nous a cette audace, nous serions portés à lui crier ; « Imprudent, que faites-vous! » Comme si notre développement plus accentué sur un même point du continent américain, en vertu du droit de notre expansion légitime et de la loi naturelle

([ui rapproche et maintknit ensemble des hommes nuis par des Sj^flïpfelhies communes, ronune si notre croissance entant que peuple cfait une injure faite à Tame de l'Anglo-saxon. On ne riijnore pas pourtant, ceux qui naîtront de nous, si nomhreux fussenl-ils, n'empiéteront jamais sur les droits de leurs concitoyens ; ils travailleront, ils occuperont leur place au soleil, ils seront soumis aux lois.

(^oml)ien de nos compatriotes anglais qui rt^vent d'une fédération impériale, d'une union de toutes les colonies britanniques avec la nuWropole, d'une fédération de tous les peuples (le langue anglaise dans laquelle entreraient même les Etats-Unis.

Ce rêve n'est pas sans grandeur, cet espoir prend sa source dans un sentiment que nous pouvons admirer.

I/expansion anglaise, si rapide en ce siècle, devait nécessairement inspirer cette ambition (le créer une puissance impériale dominant le monde.

Les s(atis(ici(Mis se sont plu î\ faire le bilan (les conquêtes du drapeau et de la langue d'AIhion, et à en prédire la continuation. A riieure ([u'il est, disent-ils, l'anglais est parlé par plus de cent vingt millions d'hommes; dans cin(|uante ans, il le sera par plus de deux cents millions, par deux-cent-cinquante, trois

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cents millions, que sais-je? Faire une Amérique exclusivement anglaise, une Océanie ancjlaise, une Afrique anrjlaise, une Asie soumise à la suprématie britannique... Voilà le rêve de l)ien des fiers Saxons. Et après cela? Après cela, doit se dire tout bas le Pyrrhus impérialiste, TEuropc n'aura plus qu'à nous tendre les bras.

Voilà pourquoi nous sommes une épine cruelle aux flancs du pan-saxonnisme.

L'histoire est pleine de ces rêves de grandeur et de domination jamais réalisés.

II n'y a quére plus d'un siècle, en 1788, racadémie de Berhn mettait au concours la question suivante :

On^ est-ce qui a rendu la faïufue française universelle ? Pourquoi mérite-t-elle cette prêrofjative ? Est-il à prf'sumer qu^elle la conserve ?

Rivarol dont le « Discours » fut couronné par coMe académie ne craignit pas de s'exprimer ainsi: « Le temps seml)le venu de dire le niftnde français^ comme autrefois^ le monde romain^ et la philosophie lasse de voir les hommes toujours divises par les intérêts divers de la politique^ se réjouit maintenant de les vtfir, d'un bout de la terre à Vautre^ se former en république sous la domination dUme même laïKfue ».

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A la dernière partie de la question, le spirituel écrivain répondait affirmativement: 4k On ne peut prévoir la Jîa de V Europe^ et cependddt la langue françti'se «.' 'tjiil suruivrey les Etats se renverseront et notre langue sera toujours retenue dan^ la tempête par deux autres : sa littérature et sa clarté ».

La (jrande majorité des Anglais pratiques, renseignés et habitués à ne pas prendre leurs désirs pour des réalités, sont loin de partager cette illusion.

« Les grands empires comme ceux de ran-rien monde n^ existent plusy dit M. Seely (i) et le domaine colonial de la Grande-Bretagne reste le seul monument dUin état de choses qui a presque disparu ».

« Et quand nous pourrions retenir sous notre drapeau^ dans une union fédérale, plusieurs pa;/s frch éloignés les uns des autres^ ajoute le même auteur, gardons-nous hien de croire que cela soit de tous points désirable. Des populations nombreuses et un vaste territoire ne constituent pas nécessaire-ment la grandeur; si en restant au second ra ig des nations, au point de vue de l'étendue et de la population, nous pouvons garder le premier rang moralement et intellectuel-

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