‹ L'avenir du peuple canadien-françaisChapitre 9 sur 61 · I. Histoire de la Nouvelle France, vol. III, p · texte numérisé non relu

I. Histoire de la Nouvelle France, vol. III, p

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plus purement noire langue. On ne remarque me'me, ici, aucun accent. On ne voit point en ce pai/s de personnes riches, et c'est bien dommage ; car on y aime à se faire honneur de son bien et personne presque ne s'amuse à thésauriser. On fait bonne chair, si avec cela on peiU avoir de quoi bien se mettre; sinon on se retranche sur la table pour être bien vêtu. Aussi faat-il ajouter que les ajustements vont bien à nos créoles. Tout ici est de belle taille et le plus beau sang dn monde dans les deux sexes; l'esprit enjoué; les manières douces et polies sont communes à tous, et la rusticité, soit dans le langage, soit dans les façons, n'est pas même connue dans les campagnes les plus écartées... Il règne dans la Nouvel le-Angle(erre et dans les antres provinces du confinent de l'Amérique soumises à l'Empire Britannique, une opulence dont il semble qu'on ne sçaif pas profiter ; et dans la Nouvelle-France une pauvreté cachée par un air d'aisance qui ne parait point étudié. Le colon Anglais amasse du bien et ne fait aucune dépense superflue ; le Français jouit de ce qu'il a et souvent fait parade de ce qu'il n'a point. Celui-là travaille pour ses hcrilicrs ; celui-ci laisse les siens dans la nécessité, où il s'est trouvé lui-même, de se tirer d'ajj'aircs comme il

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pourra. Les Anglais Américains ne veulent point de la guerre parce qu^ils ont beaucoup à perdre ; ils ne ménagent point les sauvages parce qu^ils ne croient point en avoir besoin. La jeunesse Française^ par des rai^ sons contraires^ déteste la paix et vit bien avec les naturels du pays dont elle s*attire aisément V estime pendant la guerre et Vamitié en tous temps ».

(i) « Je ne sçai si Je dois mettre parmi les défauts de nos Canadiens la bonne opinion qu'ils ont d'eux-mêmes. Il est certain, du moins, qu'elle leur inspire une confiance qui leur fait entreprendre et exécuter ce qui ne paraîtrait pas possible à beaucoup d'autres. Il faut convenir, d'ailleurs, qu'ils ont d'excellentes qualités. Nous n'avons point dans le Rof/aume de province où le sang soit communément si beau, la taille plus avantageuse et le corps mieux proportionné,

... On prétend qu'ils sont mauvais valets, c'est qu'ils ont le cœur trop haut et qu'ils aiment trop leur liberté pour vouloir s'assujettir à servir. D'ailleurs, ils sont fort bons maîtres.

... « O/i accuse encore nos créoles d'une grande avidité pour amasser, et ils font véri-

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