La création », p
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civilisations antérieures ; descendu au milieu d'eux comme d’une autre planète... Que faire dans une inégalité si profonde ? Perdre l'espérance et avec elle le désir de vivre ; s'asseoir au bord des atolls, aspirer l'air tiède et mourir ».
Ainsi des anciens maîtres de l'Amérique, il ne restera plus bientôt qu’un souvenir poétique : quelques poèmes, quelques légendes fantastiques, quelques ballades ; l’éternel rêve fait de mélancolie et de regret, qui flotte au fond des âmes pour toutes les choses disparues.
Mais non, un peu ce ce qu’’ls ont été survit et survivra. De l'alliance des plus aventureux parmi les anciens coureurs des bois avec les femmes indiennes, une autre race est née, une race fière et vaiilante, les métis du Nord- Ouest, qui ont conservé l’usage de la langue française.
Le commerçant, l’homme d’affaires qui passe devant l’humhle cabane d’un métis peut regarder d’un œil hautain et méprisant ces fiers chasseurs, pauvres, et ne parvenant que difficilement à se plier aux travaux de la vie sédentaire; nous n’en reconnaissons pas moins en eux des frères.
Leurs pères, les coureurs des bois, étaient d’invincibles soldats, semblables à ceux dont Napoléon a fait les généraux et les maréchaux
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de la grande armée. Leurs mères étaient indiennes, mais le sang indien diffère-t-il beaucoup du sang de nos ancêtres germains et aulois ?
D'humeur belliqueuse, parlant avec esprit et se battant bien ; tels étaient les Gaulois du temps de César.
lFéroces, pérorant avec sagesse et éloquence -* se battant avec ruse et courage, tels étaient les Indiens d’il y a nn siècle.
Nos ancêtres se sont habitués, peu à peu, aux formes de la civilisation qui ne les a pas envahis brutalement, raais s’est pour ainsi dire insinuée parmi eux pour être rnsuite développée par eux.
L'ancien Germain se réveillant en plein dixhuitième siècle aurait-1l pu s’habituer à nos usages, surtout au milieu de peuples hostiles et le traitant en être inférieur ?
« Quel sera, dit M. de Quatretages (1), Le résultat du mélange du sang européen avec celui des races indiennes, accompli sous l’in- [luence d'un milieu dont nous avons constaté l'action civilisatrice ? Sans doute, il serait téméraire de chercher à s’en faire une idée quelque peu précise. Maïs ce qui s’est passé dans les deux Amériques, autorise déjà quelques prévisions générales.