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lié et que les Canadiens purent regarder autour d’eux, ils constatèrent qu’il ne restait plus que quelques petits villages d'Indiens, puis, plus tard, qu'il n’en restait plus que trois ou quatre, dans la province de Québec.
Bientôt ceux-là même ne seront plus qu’un souvenir, Ainsi, sans doute, l’a voulu la loi qui régit toutes les sociétés humaines. Les Indiens ont dû céder la place à des races d'une civilisation supérieure. Pendant des siècles, ils avaient vécu en maîtres dans ce continent; tatoués, vêtus de peaux de bêtes et conservant des instincts de fauves, sans avoir même jamais pensé qu'ils pouvaient améliorer leur vie. Heureux peutêtre, ils ne participaient pas à cette évolution éternelle qui entraîne le monde vers le mieux. Ils ont passé, sans laisser aucune trace.
Rien d’eux n’a survécu, pas un tombeau, pas une ruine, pas une pierre. Comme les petits oiseaux qui meurent et dont on ne retrouve presque jamais les os, ils ont disparu tout entiers, et jamais le laboureur n’a heurté, du soc de sa charrue le squelette d’un de ces terribles Peaux-Rouges.
Il reste encore aux Etats-Unis quelques peuplades indiennes, mais la civilisation les repousse sans cesse, toujours plus loin, hors de la vie. Qui oserait blâmer la civilisation ?
Longfellow a représenté, dans son poème d’'Hiawathà, un sage indien qui cède d’un cœur soumis à la fatalité du progrès (1) :
Hiawatha, le chef, a vu, en réve,' des villes Jflorissantes s'élever dans la solitude, la hache abattre les arbres séculaires, la forêt disparattre. Il a vu ses frères dispersés comme les feuilles d'automne qu’'emporte Le vent. Il a vu l'avenir. Et le matin, à son réveil, il accueille l'étranger, le prêtre en robe notre et les soldats dont le navire vient toucher la rive. Il leur offre l'hospitalité dans son wigwam, et pendant qu’ils dorment, lui s’en va pour toujours. Il ne murmure pas, il bénit le progrès. Il s’en va sur la mer et son canot se perd dans la purpurescence des flots que baigne le soleil levant.
I! s’en va vers la patrie d'où l’on ne revrent Jamais (2).
(1) Saw the remaunts of our people Swseping westward, wild and woeful, Like the cloud rack of a tempest, Like the withered leaves of automn f
Came the Black-Robe chief, the yrophet, He the priest of prayer, the Pale-Face, With his guides and his companions.
CAES UE Sinking in the purple distance.
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Dans quelques pag®s aussi poétiques (1), mais d’un sentiment plus réel, Edgar Quinet expl.que la disparition des indigènes de l’Océanie : « Quel est le fond de l’homme sauvage?
dit-il, lorqueil. E€ qu'est-ce que l’orgueil pour lui? Le sentiment d’un étre qui n’a pas encore connu sa limite. [Il se croit souverain de tout ce qu'il voit, la forit inextricable est à lui, l’Océan est à lui. Quand ce seutimeut qui soutenait l’homme est entamé, l’homme s'écroule. La hache a atteïnt le cœur du chêne, il tombe.
« IVe savez-vous pas comment l’homme se dégoûte de vivre, quand il sent que tout lui devient hostile et qu'il n'a plus aucune résistance à opposer? Ne savez-vous pas ce que c’est que l'exil? Ne savez-vous pas qu’il abrège la vie humaine, que les femmes y devreanent stériles, que les mariages y sont inféconds, que Les populations y tarissent sans cause apparente. Oh! que je comprends, il me semble, le vrai mal de ces Océantens el combien il est sans remède ! Is sont maïntenuut des exilés dans leurs petites iles, depuis qu'entre chaque chose et eux s’interpose un étranger, un maître. Et quel étranger? Séparé d’eux par toute l'échelle des