‹ L'avenir du peuple canadien-français [microforme]Chapitre 27 sur 97 · SOU · texte numérisé non relu

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Aussi, satisfaits du côté matériel, ou, dans tous les cas, ne s’en préoccupant quère, ils ne songèrent qu’à se faire une part plus importante dans l’administration et le gouvernement, et ils mirent d’autant plus d’ardeur dans leurs revendications qu’ils se heurtaient à plus d'obstacles. Je lis ce qui suit dans une pétition adressée par les Canadiens-français au prince-régent, en 1814 :

« Chaque fois que les Canadiens encouraqés par l’idée de leur constitution ont essayé d'en joutr, ils ont été terrassés, comme opposés au gouvernement ; ils ont encore le cœur brisé des traitements qu'ils ont éprouvées sous le gouverneur précédent. IL leur semble ètre le jouet d'une contradiction étrange, comme st, d'un côté, une constitution leur eût élé donnée, sans doute, pour en jourr, et que, de l’autre, il eût été placé un gouvernement exprès pour les en empêcher. »

Pendant toute cette période de luttes parlementaires, la vie municipale s’est organisée sur des bases très libérales. Des écoles ont été établies partout. Dis 1831, sur 100.000 enfants pouvant participer à l'instruction primaire, 45.203 fréquentaient ces écoles. Des établissements d'éducation secondaire furent dés, et bientôt ils distribuèrent dans les fonvilles et les villages les médecins, les notai-

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res, les avocats, considérés comme nécessaires dans tout organisme social dont les rouages commencent à se compliquer.

Ainsi donc, de 1763 à 1867, le peuple Canadien-français n’a pas d’histoire économique proprement dite. Le défrichement des terres s’est étendu dans des proportions très satisfaisantes ; de nouveaux cantons ont été ouverts à la colonisation; quelques industries locales se sont fondées.

L’instruction primaire s’est répandue et est devenue à peu près universelle. Nous avons obtenu toutes les libertés possibles, La vie rurale et urbaine s’est constituée sur les bases les plus cordiales qui se puissent imaginer.

En un mot, 6.000 soldats, friands d’expéditions, d'aventures et de batailles, se sont transformés en un million de citoyens paisibles, aimant leurs foyers, attachés à leur religion, à leur langue ; heureux de vivre, qgais et contents.

À ce dernier point de vue, nous. n’avons pas changé non plus depuis vingt-cinq ans :

La gaieté, la sociabilité semblent être l’élément naturel de nos compatriotes. Les rapports entre tous sont courtois, sympathiques, pleins de cordialité ; il est probable qu’il s’épanouit plus de Jolis sourires et qu’il retentit plus d’éclats de franche gaieté dans la seule province de

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Québec que dans tout le reste du continent américain.

Au moment où nos vainqueurs célébraient le centenaire de la conquête, le Canada, grâce surtout à un traité de réciprocité commerciale, conclu avec le gouvernement de Washington, jouissait d’une prospérité jusqu’alors sans exemple dans notre histoire. Il l'emportait même sur les Etats-Unis.

De 1850 à 1860, la population du Canada s’est accrue de 40.87 pour 100, pendant que celle des Etats-Unis n’a obtenu qu’une augmentation de 35-58 pour 100. En 1860, la terre arable était évaluée au Canada, à 20.87 dollars l’arpent (fres 104.35) et aux Etats- Unis à 16.32. Le rendement des fermes, le progrès du défrichement, la valeur du bétail et des instruments aratoires servant à l’exploitation de ces fermes ont été également plus considérables, pendant cette période décennale, chez nous que chez nos voisins. À l’époque où nous avons obtenu de PAngleterre notre constitution définitive, nous étions le peuple le plus prospère du monde.

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