‹ L'avenir du peuple canadien-français [microforme]Chapitre 32 sur 97 · M. Wilfrid Laurier · texte numérisé non relu

M. Wilfrid Laurier

constants ; nos ancêtres étaient des soldats. Pendant cent cinquante ans, ils sont restés, pour ainsi dire, sur le champ de bataille, «ils détestaient la paix », comme disait Charlevoix, et c’est la mort dans le cœur qu’ils enterrent la hache de guerre et renoncent à leur vie aventureuse. Les circonstances les jettent dans les luttes politiques, et voilà qu’ils s’'acharnent sur ce nouveau champ de combat.

Quand lobjet pour lequel ils luttaient est obtenu, leur ardeur ne diminue point et ils continuent à batailler les uns. contre les autres.

Heureusement que les qualités d’impressionnabilité et d'enthousiasme qui nous distinguent, sont accompagnées d’un correctif qui saura en prévenir l’abus, quand notre peuple aura su prendre une direction logique et adéquate à sa mission. Ce correctif, c’est l'horreur du ridicule, le sens esthétique et la lucidité de l’esprit. Que l’on fasse sentir aux Canadiens-français que leurs emballements électoraux sont risibles, que. les vocations artificielles qu’ils ‘encouragent, occasionnent une déperdition d’énergie et de forces intellectuelles qui compromet notre avenir, et bientôt l’on verra s’éclipser tous ces ineffables « conducteurs de peuples », ces « éminents hommes d’Etat » et ces « illustres tribuns ».

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