‹ L'avenir du peuple canadien-français [microforme]Chapitre 66 sur 97 · Pour ne citer qu’un exemple, l’histoire de la libération · texte numérisé non relu

Pour ne citer qu’un exemple, l’histoire de la libération

de la Suisse serait-elle aussi connue sans le « Guillaume Tell » de Schiller ?

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11 me semble avoir lu, dans un auteur ancien, que certaines villes de la Grèce professaient cette croyance naïve et poétique qu’une muse venait s’asseoir sur la tombe des héros et pleurer sur leurs cendres jusqu’à ce qu’un poète ou un artiste vint donner à la mémoire du mort un autre gardien pour léternité. Les muses qui pleuraient ainsi sur notre sol n’ont pas toutes été relevées de leur pieux devoir, bien que des poètes et des historiens aient sauvé de l’oubli la plupart des mémoires qui doivent nous être chères. Beaucoup encore reste à faire.

Pour l'artiste, toutes les manifestations de la "vie ont aujourd’hui, leur intérêt, leur beauté, leur côté pittoresque. L’esthétique moderne n’a plus les limites étroites d'autrefois, Cependant celui qui voudra rester fidèle à l'idéal unique du passé : l'idéal de la beauté, de la vertu et de la force, aura toujours choisi /a metlleure part. Chaque fois que l’art s’est mis au service de la vie mesquine, intéressée, sans envolée, sans rien de ce que Fichte appelle « l’idée divine » il n’a produit qu’une impression passagère.

Pour répéter une vérité très banale, il n’y a de réellement grand, que l’homme agissant sous limpulsion d’un noble sentiment, d’une pensée d’héroïsme, de dévouement et de

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sacrifice ; l’art n’élève les âmes que par la représentation de la grandeur et de la beauté.

Où l'artiste cherchera-t-il l’inspiration dans notre Amérique ? La nature est éternellement belle, mais que lui offrira la vie ? L'activité industrielle, les ruches de travailleurs, les homes confortables, les étalages de marchandises avec les patrons corrects et les commis avenants. Pusiness ! Business ! Voilà, disait un chroniqueur parisien, les mots que l'on gravera sur les frises des Parthénons futurs. Le chemin qui conduit vers l'avenir passe en ce siècle, et surtout sur ce continent, à travers un territoire sans cachet, sans caractère, au point de vue de l’art, et sans beauté.

L'artiste canadien-français n’aura qu’à feuilleter les annales de notre passé pour y trouver l'inspiration qui fait éclore les œuvres yrandes et durables,

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Bien souvent, songeant aux scènes d’autrefois, aux jours héroïques de la Nouvelle France,

1e me prends à regretter de ne pas être pein-

tre. À mesure que les visions évoquées acquièrent plus de ccnsistance dans mon esprit et se dégagent des brouillards du rêve, elles se Jroupent sous des couleurs lumineuses, elles se condensent sur des espaces étroits, elles

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