L'ESPRIT DOMINANT
Quoi que l’on puisse faire, l'influence du peuple vainqueur et disposant de la première dignité dans l'Etat, se fait toujours sentir, surtout lorsque ce peuple est jaloux de cette influence et possède une supériorité numérique sur le peuple vaincu.
Dans un pays comme le nôtre, où la race victorieuse constituant la majorité s'appuie sur la population de tout un continent, ayant les mêmes prédilections et vouée au culte des mêmes dieux, il est difficile qu’elle ne fasse pas, au moins, prévaloir son esprit, qu’elle n'impose pas peu à peu son idéal de ce qui est bien, de ce qu’il faut admirer. Or cet idéal, c’est la richesse : du nord au sud, de l’est à
ice du peu-
première sentir, Surx de cette ité numéri-
où la race s'appuie Sur t, ayant les culte des Ile ne fasse prit, qu’elle 1 de ce qui Or cet idéal,
d, de l’est à À
l'ouest du continent américain, l'esprit mercantile et adorateur du veau d’or plane, rayonne, séduit, remplit tout ; comme je lai dit plus haut, il commence à pénétrer certaines couches de notre population.
(1) « L'or est naturet/ement et incontestablement l’idole de l’Angl:-saxon. Il est sans cessé sur la brèche pour en gagner ; il évalue tout en numéraïre ; il s'incline devaat un gros sac d’écus et sourit de mépris en passant devant un petit sac. Il a une admiration énstiactive et naturelle pour la richesse eh SO. »
« Dans notre pays, dit M. Hamerton (2), les gens des classes moyennes sont fiers de la richesse des riches. Ils parlent des reveaus considérables de la noblesse avec un tutérêt qui est peut-être un reste de sentiment féodal, la satistaction d’orgueil que tire un vassal de la grandeur de son suserain. C’est un plaisir pour eux de penser que le duc de Westminster peut sortir d'Eaton Hall avec ses énvités en une procession formée de ses propres voitures.
« La nature britannique est si bien faite pour être heureuse dans la richesse que lors-
1, Bagehot. Essays, 2. French and English.