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je vais (rettet l'effet st enfin avenir, a fierté et se , désirs , ACCA- Ss émi-
> notre ructeur à fourni igré de ndigent a droit bas de coudes ir une reste, autres urope.
, où ül similalus de é pour ociétés qu'il a
fondées ont subi de rudes assauts. On croirait que la Providence, à toutes les époques difficiles de notre existence, s’est plu à susciter des fanatiques et des intolérants pour dire à ceux qui commençaient à se désintéresser de la pensée de l'avenir : « Vous n’êtes pas destinés à évoluer comme des êtres inconscients, vous avez un rôle à jouer en tant que peuple, un but à atteindre; car nous sommes là, nous, pour vous en empêcher. » Ainsi l'obstacle fait lever la tête à ceux qui marchaient indifférents, et dans l'horizon ag'andi, leur regard aperçoit au loin le but.
Dans la province de Québec, notre langue et notre nationalité ne courent aucun danyer immédiat. Dans chaque ville, dans chaque village américain, les groupes canadiens-français ne peuvent se défendre contre l’absorption qu’au moyen d’une vigi'ance incessante
et de sacrifices constants. C’est pourquoi cette
élite qui, d’après une loi sociologique, se forme partout où il y a ün mouvement généreux à diriger, une ilée utile à soutenir, un combat à livrer, s’est de suite formée parmi les nôtres.
Tel médecin, tel avocat, tel journaliste qui, au pays natal, aurait passé sa vie à faire plus
ou moins machinalement son métier, adminis- “trant des drogues, pérorant sur des questions
de murs mitoyens ou écrivant des dithyrambes à la gloire des grands hommes de son parti, san: jamais peut-être donner une pensée à l'avenir de sa race, est devenu, dans la petite ville manufacturière de la Nouvelle-Angleterre, un des apôtres de j'idée patriotique, un défenseur éloquent des droits menacés de ses compatriotes. Son esprit, forcé à chaque instant de se dégager des soucis mesquins de la vie matérielle pour se livrer à l'étude de questions d’un ordre élevé, a acquis plus d’ampleur, plus d'indépendance, plus de force.
On ne trouve, chez nos frères des États- Unis, ni chercheurs d’emplois publics, ni éminents hommes d'Etat, ni illustres tribuns, mais le patriotisme chez eux est plus ardent, plus actif, plus généreux que dans la province de Québec. Ils sont mieux préparés que nous pour les créations d'utilité nationale, comme le prouvera, j’en suis convaincu, un avenir prochain (1).
Certes, tous ne sont pas tels qu’on pourrait le désirer. Certains émigrés enrichis n’ont pu mettre en oubli le dédain avec lequel on le traitait, alors que, pauvres ouvriers de fabrique, ils essuyaient les rebuffades de
1. J'ai dans l’idée que le premier établissement d'éducation réellement supérieur qui sera fondé en Amérique, .le sera par les Canadiens des Etats-Unis.
ambes 1 contre-maîtres dont ils comprenaient mal la part, 1 langue : la servitude passée et la nationansée à
lité se confondent dans leur esprit. Ils ont petite È honte de l’une ef de l’autre. Dans l’inti-
Angle- : mité, ils parleront encore assez volontiers oi ass leur langue maternelle, mais dès qu’un étrande ses ger paraît et qu’ils se sentent observés, ils ue ins- continuent la conversation en anglais. C’est s de la L ainsi qu’on peut assez souvent reconnaître aude de entre deux Canadiens des Etats-Unis, appars plus tenant, en apparence, aux classes aisées, celui : force. qui était à son arrivée du pays ce qu’on États- | appelle un gentleman, et celui qui s’est élevé ics, ni , de la foule et r’a jamais eu l’avantage de ribuns, 1 recevoir une bonne éducation primaire. Le ardent, premier se fera toujours gloire de parler sa lane la pro- que maternelle et de proclamer hautement son és que titre de Français; le second manifestera une ionale, déférence marquée pour tout ce qui est anglais cu, un et ira quelquefois même jusqu’à angliciser son nom. | ourrait | Disons-le, cependant, cette dernière catégo- | n'ont rie tend à disparaître. | | uel on | : D’autres, fidèles à leur religion et à leur | | ers de | langue, manquent cependant de la foi abso- || les de lue qui fortifie et qui conserve; leur patrio- n° tisme n’a pas ces bases inébranlables qui d'éduca-
Me + sont la fierté de la race et la conscience de remplir une mission utile; il procède plu-
K3h% L'AVENIR DU PEUPLE CANADIEN-FRANÇAIS
tôt de la religion du souvenir et d’une conception élevée des devoirs de la sciidarité ; il implique presque, semble-t-il, une pensée de “sacrifice, car ceux-là croiraient s’augmenter» en abdiquant leur nationalité, en passant des “rangs dé leurs compatriotes relativement pau- “vres dans ceux des américains et américa- ‘nisés riches.
Un certain nombre étririèes cédant à ce ‘dilettantisme naïf dont j’ai parlé ailleurs, trouvent amusant et « chic » de parler une langue étrangère. Enfin, dans les villes où l'on manque d'écoles françaises, une partie de la jeune génération nous ‘échappe insensiblement.
Ce qui fait la force des Canadiens des États- ‘Unis, c’est que, chz eux, l'élite intellectuelle, la classe dirigeante est absolument, ardemment patriote, et que son patriotisme est -actif et pratique (1). La masse, mécessairement,
1. Il n’est pas de petite ville de là Nouvelle-Angleterre, ‘comptant des Ganadiens-français parmi sa population, où l’on ne puisse trouver de nombreux membres de cette élite : médecins, négociants ou parfois simples ouvriers toujours prèts à payer de leur pérsonne:et de leur'bourse dès que les
. äntérêts.de notre nationalité sont en jeu..Ce qui n'empêche pas qu’ils ne soient, en même temps, de loyaux Américains fiers du drapeau étoilé. La’ Nouvelle-Angléterre possède quelques-uns ‘des meilleurs journalistes :de langue française d'Amérique. MM. H. Dubugue, R. Tremblay, G. de"Tannancourt, le dortaur Martel, etc., etc., qui tous travaillent avec une unanimité
” pañfaite pour l'avancement de notre race et pour le maintien
> con- k ‘suivra l'impulsion et l'exemple donnés d’en té; il i haut. sée de F Je dis donc maintenant : Acceptons d’un enter» À cœur léger le fait accompli, ne nous consunt des à mons pas en d’inutiles regrets ; tâchons :seuleit pau À ment de nous rendre compte de ce qu’exige, érica- à dans des circonstances nouvelles créées par L mpation, la préparation de l'avenir ; les nt à cp } émigrés n’ont pas quitté la patrie, ils J’ont s, trou- ! agrandie.
langue En attendant que sonne pour tous les Canan man 1 diens français l’heure de la réunion sous un a jeune même drapeau, il reste à nos compatriotes t. ! des États-Unis un devoir sacré à remplir, s États- ; celui d’entretenir à leurs frais des écoles de tuelle, | langue française. Ils possèdent déjà dans un ardem- 1 ‘bon nombre de villes des Etats de l'Est des st -actif L “—pensionnats de religieuses et des écoles de ement, | frères ; le clergé qui s’occupe de ces fondations et qui partout peut compter sur l’appui igleterre, \ “généreux des nôtres ménera, n’en ‘douton ation, où ‘pas, son œuvre à bonne fin.
de + Les peuples qui s’établissent dans des ‘pays s que les | déserts ou peuplés de barbares sont astreints che pas à de grandes ‘dépenses d'armement, d’exple- À PART | ration, de transports, souvent :m me au sacri-. mérique. il , le.dor- J de ses droits, M. Hugo Dubuque, avocat éminent du barreau nnanimité du Massachusetts est, avant tous les autres, le défenseur attitré
maintien ‘ etoutes lescauses patriotiques canadiennes.
fice de vies précieuses. Pour nous établir d'une manière permanente dans un pays de civilisation, tout en conservant notre caractère national, nous ne sommes tenus, nous, qu’à des sacrifices pécuniaires que nous sommes absolument en état de supporter. Il faudrait que chaque localité où se trouve réuni un groupe important de canadiens eut son école française, et il importe surtout que cette école puisse rivaliser avec celles de l’État et soit à la hauteur des exigences du progrès moderne.
« De bonnes écoles françaises! » En ce mot se résume pour nos frères émigrés toute la question de l’avenir.
Aux Etats-Unis comme au Canada, nous sommes les maîtres de notre destinée, mais là, plus encore qu'ici, les vingt ou vingt-cinq années qui vont suivre seront pour notre existence nationale une période décisive. Ne l'oublions pas |
En vérité, il me paraît désormais impossible que l'élément canadien-français cesse de progresser dans la République américaine, pour peu surtout que les ennemis de notre expansion veuillent bien, de temps à autre, - donner signe de vie et rappeler ceux qui s'endorment et oublient au sentiment du devoir patriotique.
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étudié les profondeurs de l'âme française, qui ignore tout ce qu'elle renferme de forces pour le beau et le bien et qui nous voit, surtout aux Etats-Unis, dans notre humble situation actuelle, ne pourra s'empêcher de sourire :
« Est-ce donc, se diraft-il, des -ruches grouillantes de prolétaires que va venir la lumière! Est-ce au sein des foules de travailleurs ignorants et courbés sous le faix que se formeront les éléments propres à constituer un peuple grand et éclairé? IL faut avoir un bel optimisme pour caresser ce rêve. »
Votre situation, en effet, ne paraît guère enviable au premier abord, Ô mes compatriotes émigrés ! Vous êtes, la plupart d’entre vous, les « ouvriers aux bras rudes », renfermés dans l'atmosphère déprimante des usines. Descendantsde héros, vous êtes les salas riés, serfs du nouvel état social créé par la grande industrie. Vous êtes les hommes et les femmes à la figure amaigrie, au teint maladif, que l’on rencontre le soir en longues files, gagnant les maisons à plusieurs logements des quartiers pauvres.
Mais qu'importe? La grandeur vient des foules. Les générations d'hommes sont comme les vagues de la mer. La vague profonde s’élève de l’abîme, elle passe entre les’ flots pressés et vient pousser sa plainte ou son cri
de triomphe à la surface ensoleillée, puis «elle se brise et s'écroule sous la poussée d’autres vagues venues de plus loin avec la même force mystérieuse. Ainsi des familles humaines. Sans cisse de la foule houleuse monte l'individu élaboré obscurément, l’aboutissant de longues générations de travailleurs ignorés, et quand il a poussé son cri à la surface, Jui aussi disparaît pour faire place à d’autres, Il faut seulement que la mer soit agitée, que dans la foule règne l’activité créatrice et que jamais ne prévale le repos, qui est la mort,
Posséder des hommes de talent et de savoir»
fournir dans toutes les sphères de la vie sociale un contingent important’ avoir des artistes, des littérateurs, des jurisconsultes, des érudits qui jettent un lustre sur le groupe total et lui constituent un rang dans l’échelle des races civilisées; puis être surtout une foule d'hommes honnêtes et travailleurs, s’occupant de travaux manuels, utilisant leurs bras ‘et leur pensée, satisfaits de remplir leur devoir dans la vie et d'occuper leur place au soleil, voilà la destinée de tout peuple à notre époque.
Lorsque, parcourant les rues des villes manufacturières de l’Est, vous admirez les résidences luxueuses des propriétaires d’usines et de fabriques et qu'ensuite vous repor-
AIS nis elle ’autres même humaimonte tissant s ignourface, autres, e, que et que 1ort.
Savoir»
la vie ir des sultes, roupe ichelle t une , S’OCs bras r leur ace au notre
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tez les yeux sur les humbles toits qui-sont les vôtres, ne soyéz pas humiliés. Rappelez-vous seulement que ‘la richesse ne fait pas le bonheur et que l'aisance est à la portée de tous les ‘citoyens de l’Union qui ont courage €:
santé. Déjà un nombre considérable de Canadiens émigrés ont fait fortune ou sont sur le chemin de la richesse, déjà des milliers d’ouvriers appartenant à notre nationalité sont propriétaires. Mais jusqu'à ces dernières années, cependant, des habitudes de vie nomade, des velléités de retour au pays natal ont été un obstacle au progrès d’un grand nombre. Aujourd’hui que l’on s’habitue peu à peu à regarder la Nouvelle-Angleterre comme une patrie, comme la patrie agrandie, nous avons toute raison de croire que la prospérité, dans les familles d’émigrés canadiens, ‘va suivre une progression encore plus rapide.
Certes, on ne saurait trop le répéter, les assises les plus solides d’une nation sont la possession de la terre : Que la question du « rapatriement » c’est-à-dire du retour dans les districts agricoles de la province de Québec, reste à l’ordre du jour. Emparons-nous du sol, autant que les circonstances nous le
permettront. Æncourageons les jeunes gens
non mariés à se faire colonisateurs, mais ne cherchons plus à ramener au pays natal les
pères de famille qui ont su se créer aux États- Unis une certaine aisance par leur travail, habituons-les plutôt à considérer la maison qu'ils habitent comme leur maison, le ciei sous lequel ils vivent comme leur ciel, et entretenons en eux le doux espoir de lunion prochaine sous un même drapeau.
Agriculteurs au Canada, ouvriers aux États- Unis, nous sommes partout des producteurs, partout nous remplissons un rôle utile. Ce rôle plus tard sera brillant ; :l suffit que nous le voulions.
Pour préparer notre avenr dans l’Union, pour retenir unis tous les rameaux de notre race, il importe, avant tout, que nous nous hâtions de nous affirmer aux yeux de nos voisins comme une entité utile, que nous nous revélions à eux comme une force précieuse et civilisatrice. Pendant de longues années encore, nous ferons tache sur le sol américain, aux yeux de la majorité pan-saxonniste avide d’unité et rêvant l’assimilation de tous les éléments étrangers ; il faut que cette tache soit une {ache lumineuse.
Entretenons dans nos cœurs la foi et la fierté, ne reculons pas devant quelques sacrifices, et avant un demi-siècle, nous serons un peuple de sept à huit millions d’âmes. Nous
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aurons conservé la province de Québec, nous serons en majorité dans plusieurs États de l'Est ; nous aurons dans l’Ouest des districts florissants, brisant la monotonie de la civilisation anglo-saxonne et allemande. De la Nouvelle- Orléans à Montréal, il y aura des villes et des villages français disséminés comme autant d’oasis gracieuses.
Et nous aimerons notre grande patrie américaine, autant que les descendants des pionniers, des Pilgrimes, plus que les fils d’émigrés européens ; car nous sommes les descendants de ses plus anciens habitants; car de l'est à l’ouest, du nord au sud, tout nous rappelle, tout nous rappellera le souvenir de nos ancêtres. |
Cet espoir, qui paraîtra, sans doute, très optimiste, enfermons-le dans nos cœurs, mais ne craignons pas de l’affirmer. Ce n’est pas un espoir de domination ; il ne peut froisser aucune susceptibilité, aucune aspiration légitime ; il est, au contraire, un gage de grandeur et de force pour le continent américain.
mn Co Imp. H. Jouve, 15, rue Racine, — Paris,