CHAPITRE XXXIV
Un livre où l'on traite d'un objet qui n'a été encore l'occasioQ ni d'études, ni de recherches, et sur lequel aucune plume ne s'est exercée, ressemble à un voyage d'exploration à travers un monde inconnu.
Que de choses nouvelles ont attiré vos regards! Mais aussi combien d'autres perdues à l'horizon que vous n'avez pu voir! Combien d'observations vous ont échappé ! Que de lacunes à combler dans les récits d'un premier voyageur !
Ainsi doit-il en être de cette étude; elle fraye le chemin, voilà tout.
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ET LES BONAPARTE. Zn
Toutefois, dès à présent il semble que certaines faces du sujet ont été assez éclairées pour que l'opinion se prononce sur les conséquences que l'auteur en a déduites et sur la proposition pratique à laquelle elle« l'ont conduit.
Il ne saurait, je crois, exister de doute sur les points suivants :
La coDsolidatiOQ du régime actuel ne trouve réeUement, dans la disposition des esprits, aucune opposition, aucune résistance insurmontable.
D'un autre côté, l'idée d'une nouvelle dynastie est sérieuse s car l'institution peut devenir l'instrument d'une grande conquête nationale que le pays ne réaliserait pas aussi rapidement sans elle.
Des deux conditions essentielles pour la fondation des maisons souveraines, l'idéal et le frein, les Bonaparte possèdent ta première, l'idéal. Le régime parlementaire leur offre le moyen de compléter l'édifice et de lui donner une base solide.
Ils y sont sollicitas par les actes du présent règne, qui tous, sauf l'initiative du Congrès, ont le caractère gouvernemental et non dynastique.
Ils y sont sollicités également par l'exemple de Guillaume d'Orange qui a satisfait à la fois les
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deux classes en possession de la vie polilique, la classe parvenue comme la classe en progrès.
Dans l'éublissemenl des dynasties, ce ne sont pas les expéditions du dehors, mais les grandes entreprises à l'intérieur qui consjlident les nouTeaux pouvoirs-, et l'organisation de la démocratie en France, sous ce rapport, offre l'analogue de ce qu'a été, en Angleterre, le travail d'unification des trois royaumes.
. Tout est préparé pour l'exécution de cette œuvre. Le gouvernement a le moyen d'y associer le concours des deux grandes forces de la sociélé libre : les influences industrielles et Buancières et le monde des lettres.
EnBn, entrer dans cette voie ne serait pas tenter l'inconnu, se lancer sur une mer inexplorée, sans boussole et sans chronomètre. Ce serait suivre, au contraire, la trace des navigateurs les plus autorisés. On serait guidé par un antécédent tellement heureux, tellement fécond dans ses résultats, que la France n'a jamais retrouvé depuis le degré de prospérité qu'elle lui avait dû.
Ces considérations méritent assurément d'être méditées par le public.
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ET LES BOMAPABTE. 325
Si l'opinion se formait à leur sujet, pourrait-ii y avoir le moindre doute sur le parti que prendrait le gouvernement?
L'Empereur seul, ii est vrai, est juge du plus ou moins d'urgence qu'il pourrait y avoir à entrer dans cette voie.
Mais, si l'on se pénètre de l'état d'incertitude et de malaise des esprits et des intérêts; si l'on réfléchit aux éventualités menaçantes que feraient surgir, en cas de minorité du souverain , les rivalités des personnes, les souffrances du commerce, les exigences du clergé, les intrigues des partis, les griefs de la presse , les entreprises des cabinets étrangers et surtout le grand vide causé par la disparition de Napoléon III, on conviendra qu'il n'y aurait rien d'impossible à ce que tout cédât au' grand intérêt de recourir aux mesures qui ont été indiquées, du vivant de l'Empereur, alors que l'autorité de son règne et sa capacité personnelle pourraient en faciliter le succès.
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