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L'AVENIR DE L'OFFICIER

longue, ils n'ont jamais rien de si subit. Puis il est en toutes choses, absolument téméraire de tabler sur les exceptions possibles, de faire plier d'avance devant elles des nécessités, des convenances, des ressources

beaucoup plus générales. Jaurès a eu le bonheur de le

voir et de le proclamer. « En donnant, dit-il, ou plutôt en exigeant de donner à tout le monde une instruction supérieure, on donnerait à chacun l'illusion de l'avoir acquise et le droit de prétendre à un avancement qui le conduirait aux gra des les plus élevés de l’armée. Comme il est, d’autre part, impossible de donner ces avantages à tout le monde, on crée le mécontentement de tous ceux — et ce sera la majorité — qui resteront en ar-

| rière. »

Ce que Jaurès paraît avoir encore bien vu, c’est que le chef ainsi formé, même en vue de l'action militaire proprement dite, « ne perdra jamais les autres aptitudes, tant scientifiques que pratiques, réclamées par la vie générale de la nation ». Il a trop d’aptitudes à cultiver d’abord, et il en aurait trop à utiliser partout.

Certes on a prétendu abuser de l'officiér en lui impo-

sant toutes sortes de tâches qui ne le regardent-pas.

On aurait voulu qu'il enseignât, à la caserne même, la mutualité, la botanique, la métallurgie, l'agriculture.

Tout cela était ridicule. Ce qui ne l'est pas, c’est qu’il acquière, développe autour de lui et se tienne prêt à employer — même en dehors des champs de bataille, — des talents propres à la construction, au repérage des

distances, à l’ajustage, à la rédaction d'un rapport

clair, à l'aménagement d’un terrain, mais par-dessus tout au groupement, à la direction, au commandement

d'hommes conduits à la française, non à la prussienne.

Beaucoup de connaissances formées dans l’industrie, dans la culture... ont trouvé d'heureuses applications

dans la préparation des combats ; mais il faut retourner __ la proposition. Beaucoup de dons éprouvés dans la

préparation des combats ont aussi à vices de plus d'un genre dans ia vie civile. La diversité

des applications n’empêehe pas lunité d’une formation intellectuelle et plus ou moins scientifique apte à rendre .

rendre des ser-.

de grands services dans des carrières en apparence “ee

bien différentes.

Hi y a en effet un don qui, à la guerre, non pas exclu

sivement, mais plus qu'ailleurs, importe encore plus que la science, c'est. le caractère et 1a volonté. « En

France, à dit Napoléon, on ne manquera jamais ee

gens d'esprit, ni de faiseurs de plans; mais on n'aura: jamais assez d'hommes de grand caractère et de vi-

gueur, enfin d'hommes ayant le feu sacré. » Mais le feu. 0

sacré, où s'allume-t-il ? où s’enflamme-t-il? où s’alimentetil, où dévore-til ceux qui ont à le transformer en énergle, sinon chez ceux qui aiment leur carrière avant toute

Atro? Ce sont ceux-là qui seuls peuvent communiquer Re

à leur tour la flamme nécessaire et entraîner ceux qui le plus souvent en attendent le spectacle contagieux. Sur tous ces points les officiers serbes, comme les offi-

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