‹ L'avenir francaisChapitre 27 sur 27 · ER SAT · texte numérisé non relu

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ses eaux. Sera-ce au no pacifique? Sera-ce aux escadres de guerre ? Et le fameux canal ne deviendratil pas, un jour ou l’autre, entre l'Amérique et le Japon,

un nouveau détroit des Done. ?

D'autre part, nous savons qu'aux lignes des tran- chées françaises correspondent au moins autant de lignes allemandes; pour enlever les tranchées enne- mis, il ne faudra pas moins d'efforts et collectifs et individuels, strictement militaires et techniques, qu'il en a fallu pour organiser les nôtres et pour les défendre. Une fois la victoire obtenue, resterons-nous plus tran- quilles et plus rassurés derrière notre nouvelle fron- tière, que les Américains ne le sont devant les éboule- ments et les avalanches qui menacent à tout moment de compromettre l'œuvre de Panama ?

A l'effort militaire s'ajoute très courageusement l'effort civil. C’est ce dernier qui donne l’argent, et il en faudra encore beaucoup pour reconstituer, par un sur-

croît d'activité agricole, industrielle, commerciale, les capitaux qui auront été consommés.

De ce nouveau genre d'effort le travailleur français est on ne peut plus capable; il a fait ses preuves, au lendemain même de nos pires calamités, au lendemain dela guerre de Cent Ans, au lendemain de la guerre de Trente Ans, au lendemain des longues guerres de Louis XIV, au lendemain des catastrophes finales de la Révolution et de l'Empire, au lendemain de 1870. Il y a - d’autant moins lieu de douter du lendemain de 1916, que les travailleurs auxquels incombera la nouvelle tâche seront encore animés du feu de la vaillance et de la fierté nationales. Ils le rapporteront avec eux, ils le communiqueront plus largement encore à leur famille,

La plupart du temps, et dans le présent comme dans le passé, d’où vient l'obstacle le plus redoutable? On peut dire qu’à peu près toujours il est venu d'une forme

particulière de dodhe Le peuple français, s'il ne juge pas vite, juge bien : il fait d’abord ses affair privées et ne se demande que plus tard comment le affaires publiques ont été conduites. Or, dans ces sortes d'examen, ïil a appris à redouter plus d’une sorte d'anarchie. Ce fut jadis l'anarchie féodalé, née des prétentions opposées et des querelles des princes; l'action monarchique y mit heureusement fin, mais ce n fut pas sans guerre. Vint ensuite Van religieuse, alors que les sectes et confessions luttaient, non plus d'esprit à esprit, mais de corps d’armées à corps d'arcn mées. Ce fut ensuite l'anarchie révolutionnaire qui revint périodiquement compromettre la grandeur du … pays. Souffrons-nous en ce moment d'une nouvelle anarchie, et de laquelle? Tout le monde l’a nommée . c'est Da parlementaire. .

Pour être justes, il faut dire deux choses. D bords nous ne sommes pas seuls à en souffrir, depuis que l'Angleterre a vu tant baisser le prestige et l'influence dirigeante d'une aristocratie traditionnelle sûre de son but, sûre de ses moyens, sûre de ses plans. Ensuite, convenons bien volontiers que l'anarchie a complètement épargné notre armée et que, si elle sévit encore dans certains services du centre et de l'arrière, elle laisse intactes nos forces vives de résistance et d'action. Il est néanmoins incontesté que ni les remaniements du droit public, ni l'action diplomatique, ni l'action administrative n'ont eu la suite, la tenue et la clairvoyance nécessaires. Le mal, assurément, n’a pas éclaté tout d’un coup devant le péril; il n’a été que 1 suite de l’anarchie dont la politique de clocher, les changements ministériels et l'absence de toute action présidentielle avouée, exercée au grand jour, ont été et demeurent les HD les plus inquiétants.

L'anarchie, en effet, s'aggrave là de deux genres de désordre : en premier lieu, ce ne sont pas les compé-

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€ Te Fe pulion des uns ou des autres : second , l'anarchie n’a jamais préservé qui que ce soit — ue là — de Farbitraire et de l'esprit de persécu-

ndant la guerre, cela est vrai, mais, à chaque instant, quil s'agisse des transports dont s’est si imprudem-

se voit tout à coup livrée aux discussions incohérentes ‘une Commission et d’un sous-secrétaire d’État, vaguement amateur de sport; qu'il s'agisse de faire de l'État un marchand de viande ou un marchand de charbon, e public se sent tous les jours en présence de tergiverations, de discussions, d'essais empiriques sans méthode éprouvée et rationnelle.

Encore une fois, l’armée a obéi, avec discipline et ntraînement, parce qu'elle s’est sentie en présence, non Das du tout d'un dictateur, mais d’un ensemble de hefs compétents, dévoués à leur mission spéciale et ustement hiérarchisés. La population, dans son enemble, dans sa meilleure et de beaucoup plus consi- dérable partie, a souffert, a peiné, a consenti à résister toujours, a étouffé toute tentative grave de division et de désordre, parce qu’elle avait foi dans son génie et qu elle y voyait un gage persistant d’un nouvel avenir. Aussi, après l'anarchie spontanée, avons-nous eu la | concorde spontanée, l’union spontanée, le concours spontané. C’est là qu’aura été notre salut.

Quand il s'agira de reprendre la tâche de demain, il est à souhaiter que l'électeur s'en souvienne. IL est à soubaïter qu'il puisse, là aussi, se grouper autour de compétences éprouvées, de dévouements connus, d'’activités familiarisées avec les responsabilités d'une

action véritablement nationale. Là sera et restera le nœud de la nouvelle situation. ;

Mais le salut n’est assuré sans condition à personne,

et Dieu a voulu qu’une incertitude salutaire mît à l'épreuve l'espérance même qu'il demande de nous. … Son Evangile aime à parler du père de famille, des

« talents » qu'il fait fructifier, de ceux qu'il laisse enfouis sans avoir le courage de s’en servir et de ceux quil emploie mal ou qu'il dissipe imprudemment. En

un langage contemporain, mais sous la même inspira-

tion, car les conseils du saint livre couvrent tout à la fois des réalités terrestres et des symboles, disons que nous avons à nous préoccuper de notre fortune publique tout entière, c'est-à-dire de la fortune morale comme de la fortune économique du: pays (1). Il y a là deux

budgets, dont chacun a ses dépenses ét ses recettes,

les premières qu'il s’agit de modérer et d’amortir, les secondes qu’il est souhaitable de voir se développer spontanément par le seul effet d’une richesse croissante. Aucun de ces deux budgets n’est immobile : chacun des deux réagit sur l’autre pour en faciliter ou en gêner les allures. Toute inutile déperdition d’énergie, tout vice, tout désordre, toute erreur, se traduisent par une baisse du capital moral, puis par une diminution correspondante des intérêts espérés. Une première baisse menace toujours d’en provoquer une nouvelle, comme il arrive chez un particulier ou dans un État qui ne paient pas leurs dettes et n'ont pas au degré voulu la terreur du déficit. En retour, il n’est pas une vérité morale, pas une découverte, pas un acte de vertu ou

d'héroiïsme qui ne contribuent à l'amortissement de notre

(1) A partir d'ici, Fauteur se permet de reproduire une des conclusions de son discours à la séance publique de l’Académie des sciences morales et politiques de décembre 1916.

dette spirituelle. Ainsi est mis à notre disposition un

rage, en lucidité, pourront aller toujours en augmentant.

Des deux côtés, La loi est la même, ou, si l'on veut, le déterminisme est le même. Seulement, il apparaît clairement que le déterminisme n'est ni simple, ni rectiligne. Après coup, sans doute, une fois le conflit ter- miné, il est relativement facile de retrouver la marche et de mesurer les efforts de celui qui l'a emporté; mais, d'avance, qui s'en chargera? Lorsqu'il n'entre en jeu qu'une série d’influences du même ordre, comme les mobiles intéressés, qui subissent eux-mêmes la pression de forces naturelles immuables et identiques, on peut encore envisager des vraisemblances qui touchent d’extrémement près à la certitude. Nous sommes, par exemple, bien certains que notre vie économique reprendra, que nos usines rouvriront, que nos finances se rétabliront peu à peu, que la fécondité de nos inven- tions scientifiques et industrielles poursuivra son cours. Dans le monde moral, tout risque incessamment d’être remis en question, parce que tout y subit des attraits, des sollicitations, des secousses dont les répercussions nous créent, à chaque instant, des obligations, des difficultés imprévues. Qui donc prophétisera si, le péril une fois passé, l'esprit d'union l'emportera encore sur l'esprit de division, de lutte intestine, si le dévouement à la famille vainera l'esprit individualiste et jouisseur, si, enfin, nous allons remonter ou redescendre encore

prendre la natalité de notre pays?

Ici, le doute n'est pas seulement inévitable, donc permis. Il est commandé, comme l'est le doute provisoire du savant. Le second est surtout un hommage à la majesté de la vérité, laquelle ne veut pas de faux

accroissement de valeurs dont les revenus et les ré- serves disponibles en bon cœur, en bon sens, en cou-

la terrible pente sur laquelle la guerre est venue sur-

adorateurs. Le premier est surtout un hommage liberté humaine ; il est aussi une mise en demeure de

côté une balance toujours instable et agitée. Un pareil - doute, excitateur des volontés inertes, et ennemi des illusions vaniteuses, n’a rien de commun avec le scep ticisme ; il en est même si bien l'opposé, qu'entre les deux il faut choisir. On trouve des gens pour douter de toutes les grandes choses, parce qu'elles les dépassent ; à ils doutent de la vérité, de la justice, du droit et dé leur Auteur éternel; mais dans les petites choses, qu'ils croient plus à leur portée, ils ne doutent plus de rien, de ni de la supériorité de leur jugement, ni de leur mérite personnel, ni de la parfaite justesse de leurs vues, ni de la valeur esthétique de leurs moindres fantaisies, ni surtout de leur droit individuel, dédaigneux de toute dépendance et de toute limite. C’est au contraire celui qui croit aux grandes choses, qui commence toujours par douter des petites et Le combinaisons fragiles qu'on en espère. Il en doute, non pas cependant pour à les mépriser toutes également, mais pour les ajuster aux exigences des premières ; c'est alors seulement qu'il les maîtrise, et leur communique une valeur que, réduites à elles-mêmes, elles attendraient toujours. Qui croit trop aux petites, perd de vue les grandes et, finalement, se brouille avec les unes comme avec les autres. Quant à nous, sommes-nous bien engagés sur la voie qui conduit à la possession solidement assurée des grandes choses dont nous soubaitons | l'achèvement ? Ayons le courage de provisoirement | je en douter. Convions notre jeunesse à en sonde les incertitudes, non pas pour paralyser son action, mais pour l’enflammer, en lui rappelant qu’elle seule aura la responsabilité de notre fortune à venir, comme elle est appelée à en avoir, si elle le veut, l'honneur.

littérature? e L2 L e e 2 L] [2 . L] . ° [2 L3 L e. . — Le présent et l'avenir nos trois partis politiques... .., ” RS ARS

— L'avenir de l'officier. . .

- L'avenir du patron, . . . ou

— De l'extension du travail des femmes après RO ne da a Ve à te vo EOR

L'avenir de la moralité publique . . . . . . 915

Le Les deux périls. — L'effort et l'obstacle. . . 227

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