‹ L'avenir francaisChapitre 26 sur 27 · ET SES · texte numérisé non relu

ET SES

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les enraye ou les atténue le plus possible. Or, cet état, on peut le qualifier d’un seul mot dont la portée s’aper- çoit d’un coup d'œil; c’est le mot de paix publique. La paix publique, en effet, sera toujours liée au travail, puisqu'il ést indispensable à la vie même, et lé travail à son tour appelle le respect de tout ce qui permet d’en recueillir les fruits légitimes. Ce travail pacifique et sans entraves artificielles permettra seul de créer non seulement l’ensemble des ressources nécessaires à tous, mais un superflu qui permette d’aréliorer les conditions générales de la vie, pour ceux-là même qui ne profitent pas directement de ce superflu.

La paix publique faite de liberté et d'ordre, veut cer- tainement que ceux qui portent atteinte à l’un ou à : l'autre, soient réprimés : il faut même qu'ils le soient sans mollesse, sans que les gens lésés craignent de se faire rendre justice ou aient toujours à compter avec les obstacles émanés des ambitions, des complaisances, des calculs intéressés des divers partis politiques. Mais Le cause de la paix gagne au moins autant à ce que | membre du corps social se sente attiré vers les autres par une sympathie le portant à la condescen- 5 ce ‘au concours mutuel, à la libre organisation

d'une coopération intelligente.

Cette coopération, nous venons d'en avoir, noùs en avons encore sous les yeux un modèle ädmirable dans la nation armée à la frontière.

C’est là que, devant le commun danger, ceux qui A avaient à le conjurer au péril de leur propre vie ont | fait tomber, pour ainsi dire, instantanément ces deux obstacles factices accumulés par les haïines de ‘4 classes et par les haïines antireligieuses, accumulés sur- tout par l'ignorance où tant de braves gens étaient les - uns des autres avant de se rencontrer sur le front. Ce L qu'on à justement appelé l'union sacrée les 4 suppri- més... puissions-nous dire pour toujours ! L'avenir

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la guider, elle en soit libre. Ce qui est sincère et réfléchi, donc vraiment libre, ne va pas sans un esprit avert des difficultés, des tentations et des pièges qui n'épai gnent personne, donc porté à l’indulgence et prêt à unir ses efforts à ceux des hommes de bonne volonté. Pour qui ne croit pas avoir personnellement missi de transformer l'humanité, ceci est déjà d’un grand secours pour assurer cette moralité publique q demande la paix et qui la donne autant qu'elle pe être donnée en ce monde à notre société. Débarrass: d'entraves surannées, de difficultés imaginaires et trot blantes, de préjugés sans preuves et aussi de ces rêves irréalisables qui se heurtent toujours à des résistances

clarté, de bonne humeur, de bonne entente et de gé rosité. :

Assurément, le progrès de la civilisation suppose grandes inventions, de belles découvertes, d'héroïques Éfforts: des fondations géniales, bref, l'introduction :

impose un joug... que le Christ lui-même a cependa déclaré vouloir « doux et léger ». Comme l'a démon

primé beaucoup plus de rites, beaucoup plus d'obs vances méticuleuses, beaucoup plus de prohibitions |

‘opposent au ni eut de la santé publique, aux progrès de la médecine et de l'hygiène ne sont pas dus

à des superstitions tenaces, à des modes gênantes, à

otre éducation À L'onale, depuis Montaigne jusqu'au jour encore attendu... n’auront-ils pas eu pour condition toute une suite d'appels au bon sens, à la nature, à la pratique droite et simple, à la modération? Supprimons donc les excitations artificielles à l'intempérance, à la débauche, à la dissension, à la recherche l'impossible, et la cause de la moralité publique, ans être, hélas! à l'abri de trop de tendances malaines, y gagnera, comme celle de la paix publique,

es deux périls. — L’effort et l'obstacle.

ril militaire, le oil civil.

2e e premier n'a pas besoin d'être expliqué ni décrit. |

oire, nous en sentons tous la formidable pression. aVONS on la Fonance de le coer et

ssaires, avec un véritable culte de la discipline. sctive et de ses exigences les plus rigoureuses. Il ait là un double devoir, mais auquel les peuples

gers se demandaient si nous n'étions pas tentés e ourner exactement le dos, indifférents aux intérêts | éraux, amis de la Dioiidee action, du moindre , du moindre sacrifice, et en même temps fron- à outrance, perpétuellement pris d’engouement

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venue d'une critique superficielle, les tentatives

d'union et de concours les plus généreuses.

Dieu merci! tous les pronostics fondés sur ces derniers griefs, nous les avons démentis jusqu'à étonner le monde. Et qui a déterminé chez nous semblable volte-face? Il faut bien l'avouer, c’est le péril même, le

péril enfin vu, enfin mesuré dans toute son étendue

par une nation qui ne voulait point y succomber, mais

enfin le péril le plus pressant, le plus menaçant, le

plus enveloppant que nous ayons jamais connu.

Oui, c'est bien dans cette lutte contre le danger commun que le pays a senti partout la nécessité d'une «action commune à tous et d’une action à la fois indivi-

duelle et collective, c'est-à-dire unissant dans un même faisceau deux genres de qualités qui ne doivent passe

laisser séparer si nous ne voulons pas que chacune des deux soit altérée et compromise par sa séparation

d'avec l’autre; car alors c'est tantôt un esprit agité

d'initiative sans suite et sans accord. tantôt le laisseraller des gens qui, ne pensant qu'à leurs petits inté-

rêts et à leurs petites passions, abandonnent à qui

veut la prendre la direction des intérêts généraux.

L'admirable réaction qui a résolu comme par enchantement le double problème, c'est évidemment à l'armée que nous la devons. Jamais elle naeu etna …

pratiqué si complètement la vraie notion de la disci-

pline, de la discipline qui, loin de supposer l'obéis-

sance aveugle chez les uns et le commandement brutal chez les autres, exige de tous une égale convergence d'application, de lucidité, d'efforts et de dévouements.

S'il est quelques sots à qui la discipline apparaisse

comme l'invention de chefs désireux de se ménager des tâches faciles, soyons sûrs que ceux-là n’ont pas

dépassé la frontière. Il est trop évident que si la discipline assujettit ceux qui obéissent, elle assujettit

encore plus ceux qui ont à préparer, à soutenir, à

développer le succès du commandement. Les éléments de ce succès, ce sont bien les chefs qui les ontaménagés et groupés ; mais, d'autre part, les soldats appelés à s'en servir n'ont pas eu à aller uniquement droit devant eux, les yeux fermés; mille faits pour un sont là pour nous prouver qu'ils ont su se donner mutuellement l'exemple du sang-froid, de la promptitude à profiter des fautes de l'adversaire, à comprendre au premier signal, l'appel attendu, à exécuter comme elle

l'attaque décisive (x).

Il n’est, en effet, aucun genre de succès qui s’accom- mode d'une obéissance passive et mécanique. La vraie vie religieuse est la première à récuser un mode aussi imparfait de discipline. Ainsi que l’a écrit un homme qui fut, ce jour-là, très digne d'être écouté, « dans les intentions de la Providence, les moyens de grâce ne sont pas destinés à nous épargner l'effort spirituel, mais à l'obtenir de nous; ils ne sont pas faits pour nous endormir dans la sécurité, mais pour nous tenir perpétuellement en éveil; ils ne nous exemptent d’aucun des devoirs de vigilance, de rétrospection, de prévision et de circonspection; ils offrent les moyens, dont nous devons savoir nous servir, de nous dépenser toujours davantage ».

(1) Avec unefamiliarité de très bon aloi. Au dernier moment. je vois cet exemple, entre une centaine d’autres : « Comme nous marchions, le capitaine et moi, en tête de la colonne, le caporal de la r'° escouade, qui venait derrière nous, se mit à dire : « Mon capitaine, le chemin devient mauvais, et il vaudrait peut-être mieux que deux officiers ne soient. pas ensemble parce que nous risquons de perdre deux. chefs à la fois. » Ni le capitaine ni moi ne songeâmes à uger déplacée cette remarque : elle nous parlait de la mort possible avec le plus grand bon sens. Le capitaine

dit: « C’est juste! »; et je me plaçai à la fin de ma sec- tion. » (Le Correspondant du 10 mars 1917.)

doit l'être, soit la retraite momentanée, soit la furie de

péril militaire, Dieu oo c'est assez visible LL l'est pas moins que ceux qui ont invoqué comme ils le devaient le secours divin ne l'ont pas fait avec cette indiffére nce résignée dont il ne faut nulle part. Mais après le péril militaire, quand il sera enfin di sipé, se fera sentir de nouveau, n'en doutons pas, le péril social, celui qui comprend à la fois le péril religieux, le Do civil, le péril des mœurs, le péril économique et, pour couronner l’ensemble, le péril politique. Devant ce péril intérieur, si complexe, pourrait d'ailleurs sortir, une fois de plus, à l'improviste, un. nouveau péril extérieur mondial : nous l'avons vu suffisa mment, l’un entraîne l’autre, et l’un comme l’autre revêt des formes insidieuses dont la menace doit tou jours nous être présente. En retour, il est certain qu'une nation qui est forte devant un genre de péril est en passe de l'être également devant tous les autres : alors les fruits de sa vaillance se multiplient, et à chaque mode de péril conjuré correspond une force de plus.

Or, ces moyens de conjurer le péril, quel qu'il soit, | sont reconnaissables partout : bonne volonté d'assurer le concours mutuel dans les œuvres, bonne volonté d'aller é galement au-devant des sacrifices nécessaires, mais en même temps attention et prévoyance indie duelles, efforts personnels constants pour ne rie sacrifier et pour ne rien gaspiller des ressources natiopales, résolution de ne pas manquer à ce grand devoir de siga aler et de décourager partout les calomnies, les menso nges et les injustes faveurs, résolution égale de n'être point jaloux des compagnons de lutte et de …

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ke np ba du ao militaire, à-dire de vaillance personnelle et du respect de

ñ s. survivants hériteront-ils en toute chose de l'hésme des morts? En seront-is fatigués, et diront-ils

mains. À nous, à nous tous, de faire triompher la meilleure! Ne soyons pas intransigeants, mais ne

uefois beau de se résigner pour soi-même à la soufance et à l'injustice, il ne l’est jamais de s’y résigner pour les autres. Or, c'est s "y résigner que de trahir le devoir électoral, et de ne pas se mettre en état de le lir par le concours étroit, cordial, désintéressé, de | ns. hommes de bonne one l a dit vrai le qui, dans la meilleure période de sa vie religieuse, a écrit ces paroles : « Si l’on pense apercevoir trop souvent le prêtre dans la politique, c’est peut-être que les iques — les laïques catholiques surtout — ne s’y

encontrent et ne s’y concertent pas assez. »

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< Que tout le sie sans exception, ait fait l'effort

aient, dont beaucoup étaient toutes prêtes, jusqu'à es bas-fonds les plus fangeux que toute société maine voit incessamment remonter à sa surface. us avons vu la contre-armée des paresseux, pessi-

presque tout entière sur les régions où elle croyait

pouvoir rencontrer ceux que ne rencontrait plus à sa portée l'amour des jouissances grossières et du dé-

sordre. À côté de ceux dont la générosité alimentait des œuvres admirables, nous avons vu les spéculateurs …

avides et les gens dont la mauvaise foi savait trop bien ;éluder des engagements qui, à n’en pas douter, pouvaient être tenus. Mais, enfin, essayons de mesurer,

sur quelques points, sinon sur tous, l'effort accompli en vue du devoir. C’est le moyen de revenir plus uti-

lement sur celui que notre avenir attend de nous.

A vrai dire, nous ne le connaissons peut-être pas encore dans toute son étendue. Nous pouvons cepen-

dant mesurer à peu près celle de nos pertes, et nous savons par mille témoignages quelle est tous les jours celle de la valeur et de l'enthousiasme réfléchi de nos soldats. Saiït-on quelle est l'importance de ce travail ingénieux, savant, mais obscur et malsain, de nos tranchées ? Elles sont dures à défendre sans doute, comme les tranchées adverses sont dures à ‘enlever ;

mais elles sont peut-être encore plus dures à creuser,

à organiser, à habiter. D’après un officier supérieur,

dans les seules tranchées françaises de nos frontières,

il a été remué autant de terre qu'il a fallu en enlever :

pour creuser le canal de Panama.

Étrange rapprochement! De ces deux gigantesques :

luttes contre le sol et contre l’aveugle nature, quelle est celle qui produira finalement les meilleurs effets pour les destinées de l'humanité? Dieu le sait! Oui, Dieu seul: car les États-Unis qui ont hérité, à peu de frais, semblait-il d'abord, des énormes travaux des

ingénieurs français, sont à se demander maintenant

s'ils n'eussent pas mieux fait de reprendre nos plans primitifs : ils commencent à faire le compte des frais nouveaux de consolidation et de réparation, le tout sans être à même de discerner sûrement à quoi le

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