‹ L'aventure d'une âme en peineChapitre 5 sur 102 · CROIS CROISSANT CROISSANT CROIS · texte numérisé non relu

CROIS CROISSANT CROISSANT CROIS

La vingt-sixième année du règne du galant roi François fut assurément une année bénie entre toutes. A la vérité, la sécheresse fut pitoyable, la cabicule fit rage, dévorant vendanges et moissons, le pain bis se vendit plus cher que pain blanc, et le vin rôti coûta jusqu'à six écus le muid parisien; — mais cette année-là vit éclore en la boutique du sieur Borel, libraire, A la Tliémis, sous Je Palais, la première version française du traité grœco-latin de cet insigne Ponticus Lipsius, le von der Briicke do Leipsick !

Rarement, on peut le dire, docteur s'était montré plus docte, allemand plus allemand: jamais livre n'avait moins senti son cuistre et son savantasse.

« Ta -r,; ^Pjzio); Ésw-'.y.a, sive ÂtOiiHlficcB BecliiiafioiieS,,

L'AVENTURE D'UNE AME EN l'ELNE.

seu Conjunctioiies Matliematkm Cœloruin, Termrum, Marium, Animalmm, Entium ]}ev Unixersalitatem Naturœ, id est de cujuslibet Rel Entiiate, » lisait-on sur le frontispice de la grande édition d'Outre-Rhin. Admirable titre par ma loi ! que le traducteur français avait ainsi translaté, à la française : « UE intome des Amours, Eslats, Joyeusetés des dieux Olympens avec les mortels. » Dans cet encyclopédique in-folio, plein de choses profondes, admirables, sublimes, où l'auteur démontrait à chaque page la cause des causes et la fin des fins, les Aristarques remarquèrent surtout l'audacieuse ingéniosité grâce à laquelle l'omniscient Ponticus éclairait l'origine ténébreuse de la famille Le Mauldict de Martincourt.

Pareille découverte, mirifique et stupéfiante, valait presque trouvaille de Phénix, voire de dompteuse de Licorne.

Les Mauldicts, sieurs de iMartincourt et de Martinval, de Hurecourt et de Saint-Remi, occupaient alors, sur le versant méridional des monts Faucilles, d'assez vastes domaines, terres allodiales, fiefs simples, il est vrai, mais ne mouvant que d'euxmêmes, avec quatre châteaux ayant censive et droit de poteau sur quatre paroisses. C'étaient gens de bon lignage, se qualifiant volontiers hauts et puis-

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