LIVRE SIXIEME
I. P(i(jc o^(3. — Le siège et riialjitacle de ràiiie liuniaine
Le problème de la localisation de l'âme humaine fut une des questions les plus agitées dans l'anliquité et au Moyen Age. Au seizième et au dix-septième siècle, la querelle entre les Cérébraux et les Cardiaques était encore des plus vives, en Allemagne surtout. Je reproduis exactement dans ce chapitre les arguments des deux Écoles, si burlesques qu'ils ])araissenl au premier abord.
Paye 3<S8. - ■ LMme a le nvuv pour résidence, le cœur pour capitale
« Animal esse instar civitatis benè legibus institutiu, . situs cordis sedem obtinet principalem : in medio enim est, ut undique attingi non longo intervallo possit. » Thomas Reixesius, Schola jurec'jnsultonim medica. — Leipsick. 166L' — Voir également l'ouvrage de Joannes Imperialis, intitulé : De humano inrjenio.. L. I. page 50 et ssq. — Venise. (1640.)
Parjc 389. — L'àme est assise dans le cerveau, son véritable trône
« Ke]i(]uum igilur est ut potissima liuinamc uienlis sedes in cerebro collocetur : quod quum omnium viscerum excellentissimum sit ac cœlo propius ; magni instar régis in elalà arce prœsidet, sensusc^ue omnes quasi apparitores ac satellites liubet... Coelum excelsum est, et cœlum deorum est domicilium, ila cerebrum rationalis animœ sedes aeslimari débet. Reixksiu.s. L. III, loe. cit.
Page 389. — Deux àuies rationnelles ou simplement une âme?
^'oir dans Ucinesius et dans ie médecin Iiupcrialis cette
NViTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. Ô2^>
grotesque et trop véritable histoire. Ce fut à Païenne qu'eut lieu le mémorable débat au sujet de Teufant à deux têtes, vers l'année 1612. La question posée devant les diverses Facultés était la suivante : « Duone capita an duo pectora ad duo animalia efformanda requirantur? »
III. Piuje 404. — On fait trafic dans nos prisons d'un mélange de savon et de stramoine
Voir le Procès criminel du sieur Claude Le Brun de la RocHETTE, au mot : Question, 1. II. page 132.
Page 404. — Un capitaine de voleurs s'est endormi... .
« J'ay veu en Tannée 1608. que de qualres voleurs qui » estoient prisonniers . le chef nommé Grand François, » homme d'une hauteur gigantale, appliqué à la Question, » s'y endormit, et luy furent à force de tirer emportés les » poulces des deux pieds sans qu'il fist aucune desmontra- » tion de douleur et jusques à ce que l'un de ses compagnons » descouvrit qu'il avoit mangé du savon, qui a force de stu- » péfier les nerfs : et le remède contre ceste ruse est de don- » ner du vin. . .» Id.. ibid.
Paye 404. — Nous lui raserons les cheveux et la barbe
« Debent capilli capitis et barbse t.bradi...» Les divers détails qui suivent sont empruntés aux D'isquisitiones Maglcœ de Del Rio {édit. Cologne 1599]; au Maliens Maleficoriim de Springer (édit. Lyon i592); à la Demonomania de Bodix [édit. Paris 1580 ; au Discours des sorciers de Boguet [édit . Paris 1603): au Tableau de l'inconstance des démons de Piebre de Lancre édit. Paris 1012).
Page 405. — Huit amulettes qui éteignaient la flamme
Cette histoire est rapportée par Springer, et commentée par Del Rio. Ces amulettes se trouvaient être des reines d'abeilles i^-eges apiiim). Je n'ai pas osé donner ce dernier détail par respect pour mes lecteurs.
Page 406. — Serre d'épervier, griffe de chat
Nous l'avons déjà dit plus haut : ce sont les signes même de la possession démoniaque. Tous les démonographes sont unanimes à cet égard. Nous ne reviendrons pas sur ce sujet : le texte du récit contient en lui-même une explication suffisante.
Page 408. — <Jn enduit de ce philtre
« Quod maleficiuin tradunl Inquisil,ores Germanicomponi ex corde vel aliis membris infantuli non baptizati, violenter necati, et in pulverem redacti ; quibus cineribus corpori inspersis, adversus .torturam hanc vim consequuntur. . . » Springer. Mail. Malefic, IX, 14. — Del Rio. Disq. Magic, V. y.
Page 408. — L'expérimentateur piqua le stigmate et fit pénétrer l'acier dans la chair
La croyance à la marque des sorciers était universelle à la lin du seizième siècle. Cette marque pouvait se rencontrer sur n'importe quelle partie du corps, suivant le bon plaisir du démon. Elle était facilement reconnaissable, quelle que fût sa forme, parce qu'elle était dénuée de toute sensibilité. Souvent même le corps entier du sorcier était absolument insensible. Je crois utile de citer ici deux exemples de ce phénomène démoniaque, l'un emprunté aux procès-verbaux des Inquisiteurs, l'autre aux procès -verbaux des Parlements.
Le procès-verbal du nommé Claude Nicolas, condamné à