SCENE IL
tht
JUSTINE, pORVAL, il est en habit de chasse^ vestf. galome'e , chapeau gris , guêtres , etc.
DORVAL, entrant.
Jacques, mes fusils, ma gibecière... Morbleu!... l'heure du rendez-vous est déjà passée!
JUSTINE, -^*'V^'
Soyez tranquille , Monsieur, est-ce. qu'on peut commencer sans tous?
DORVlt.
Ah! c'est toi, Justine!... que fait ma fille? '
JUSTINE
Je crois qu'elle vient de se reveiller.
DORVAL
Comment diable! déjà?
JUSTINE
Que voulez-vous , Monsieur , les apprêts de son nouveaa mariage, l'arrivée du futur qu'elle ne connaîf pas et que vous attendez dans deux jours, le souvenir du défunt , tout cela fait réfléchir une jeune femme.
DORVAL
Ma fille, réfléchir!... allons, elle perd la tête!
lUSTIHE.
Mais, Monsieur (pardonnez-moi ce doute), êtes*TOus bien certain que votre pupiîe, ce jeune Armand dont vous nous vantez si fort les agréments, puisse convenir à Madame St.- Clair ?
DORVAL
S'il lui conviendra?»., lorsque c'est moi qui l'ai choisi l
JUSTINE
A la bonne heure !... mais j'ai entendu dire qu'il était d'un caraetère....
DOBVAL.
D'un caractère charmant!... à douze ans il avait déjà une passion décidée pour la chasse... il était d'une adresse !.. il m'étounait, moi; d'honneur, il Bji'étonnail!
'"■ "' JUITINE.
Son esprit...
Des plus cultivés!.. le'meiiieurécuye'r de'^France, et, avec cela , nn fond de philosophie!...
n;sT?ifE. ,
Ainsi, Monsieur , vous êtes persuadé que ce mariage doit ^re aTantageux pour ma maîtresse ? ' '*./". ' ,
DOBiVAL. .
Très avantageux!... très avantageux!... D'abord Armand logera chez moi; j'ai besoin de quelqu'un dans mes courses, il deviendra^ mon compagnon; mes fermiers me trompent, il sera mon intendant; il achètera mes chevaux , il organisera mon écurie , ma faisanderie , surveillera mes piqueurs , et mç délivrera ainsi de miUs petits détails qui me fatiguent... Tu vois bien...
^ , JUSTINE, riflnf. , ;•■
Que ce mariage sera extrêmement avantageux pour votre fille... Je sens cela.... Mais je doute pourtant qu'un homme aui^i aimable la rende fort heureuse.
DORVAL
Qu'est-ce à dire ? N'est-ce pas moi qui l'ai formé I ( La lutinant. ) Des principes excellents !... et des mœurs !... Oh ! là-dessus moi je ne badine pas... ( Il lui caresse le bras. ) Le joli petit bras!... Parce que, vois-tu, je tiens infiniment aux mœurs; il n'y a que cela...
// veut V embrasser furtwsment.
lusTiirf.
£h ! bien,.eh!i)ien.
OOKVAL , se remettant .
Hum!... {On entend le cor de chasse. ) Ab î mon Dieu , Je m'oublie ; mes chevaux ëcnment , raes clii' ns trépignent... Fri« ponne, si je n'étais pas oblif^é départir..,, mais je reviendrai... Justine, je te recommande de disposer ma fille en faveur d'Armand j tu n'as qu'à lui rapporter mot à mol notre conversation, et elle sera persuadée que mon choix....
JUSTINE , riant.
Soyez tranquille , Monsieur, je n'oublierai aucune des bonnes raison-) que vous m'avtz données !
DORVAL
Adieu y espiègle !... je me sauve.
Il sort.