SCENE X
Les Mêmes, PEDRO, DIEGO.
PEDRO
Tu veux donc mettre ma palinice à bout?
DIEGO
Il faut que votre cher oncle soit inlrouvabîe, vous dis-je : j'ai demandé à plus de vingt portes le seigneur Gustnan.
GUSMAN
GusmanI
Ouf!
Ce sont eux !
Nous voilà bien I
Payons d'audaQ(;!
MORALES, à part.
RAPHAËL, brîs à Morales.
MORALES, bas.
RAPHAËL , de même.
GUSIWAN.
■Vous cherchez le seigneur Gusmau ?... c'rst moi, Messieurs.
PEDRO , courant à lui.
Vous!... queî bonheur!... Ah ! mon oncle! permettez que ma joie...
GUSMAN , le repoiissanl.
Qu'est-ce à dire , mon oncle?... Un moment, s'il vous plaît.
PEDRO , étonné.
Votre accueil doit me surprendre! ne me reconnaissez vous pas? Je suis Pedro, votre uevcu,
ZAPHAEL , GUSMAN Ct BASQUJÎ.
Pedro !
GUSMAN, à Paphaèl, Comment tronycs-tu cc!ui-l^ ?
RAPHAËL , de même.
Ce sont des & ipons !
'' GUbMAN.
Je sens cela d'une lieue.
MORALES
Laissons-les, Seigneur.
GUSMAN
Non pas ; voyons les venir... il ne faut jamais perdre l'occasion de faire pendre un coquin , quand on le peut.
PEDRO
11 inc semble, mon oncle, que \ous étiez prévenu de mon arrivée, et que votre surprise...
GUSMAK.
Vous faites un joli métier, à votre àgcl
A-t il perdu !a tête?
PEDRO
Que signifie...
GUSMAN , à Raphaël.
Ils sont comme cela une bande d'inlr!g.;nts qui cherchent à s'introduire dans les meilleures maisons.
MORALES
En vérité!... mais il n'y a donc pas de police à Madrid? PEDRO , à Giisman.
Je vois qu^iine absence au^si longue a lout-à-fait effacé mes traits de voire mémoire... mais, Scit;neiir, vous en croirez sans doute les lettres que vous m'écriviez , le portrait d'Elvire que vous m'avez envoyé ?... Que vous faut-il de plus?
GUSMAN
Dos lettres? {btrs à Raphaël. ) Ah! le pauvre diable! comme il s'enferre lui-même !( haut. ) Des lettres !.. Oh I mon Dieu , je n'en demande pas davantage pour être convaincu.
PEDRO
Vous allez ê're satisfait. Diego , cours vite chercher à mou hôlel mon porte feuille et le portrait... tu sais... dans ma valise.
GUSMAN, bas à Raphaël.
Oui , cherche , cherche.
die'go.
Ce n'est qu'à deux pas ; j'y vulc et je reviens.
SCEINE XL
Les Mêmes , hors DIEGO.
PEDRO, un peu ému.
Il m'est bien pénible , mon oncle, d'avoir besoin de preuves pour être reçu dans votre maison !
GUSMAN , bas à Raphaël.
A-t-on idée d'une pscçibe elFionterie ?
BASQUE
Par S.uut-Jacques de Composleile , voilà de hardis Coquins .'
RAPHAËL , bas à Gusman.
Pour un fripou, il n'est pas encore très adroit... C'est un début, à ce (ju'il paraît... Voyez- vous comme il a l'air inquiet , interdit! GUSMAM , de même.
Parbleu I je l'avais déjà remarque'.
PEDRO , très ému.
J'espère que bientôt vous me rendrez plus de justice , et vous serez persuadé...
GUSMAN, ai'ec ironie.
Je 'le suis déjà, mon cher neveu; vous avez un ton de vérité... ah! ah! ah!
// rit aux éclats.
PEDRO , à part.
Qu'est-ce que cela signifie ? d'houneur je m'y perds !
GUSMAN , riant toujours.
Quelle confiance !.. c'est incroyable ! ah! ah ! ali I i! ne s'attend guère... des lettres !.. un portrait!., je suis curieux de voir jusqu'au bout... ne disous rien, il faut nous amuser... ah ! ah ! ah !
RAPHAËL, avec un rire force.
Âh ! ah ! ah !... oui, il faut nous amuser.
MORALES , riatit aussi.
C'est très plaisant! ( u4 part. ) Je suis sur les épines I
GUSMAN , riant toujours plus fort.
Peut-on imaginer... ah! ah! ah I... rien de plus impudent... ah! ah! ah!
Baphaël et Morales , Basque , vojani Gusman rire ainsi, partent tous trois à!un éclat. Pedro est confondu.
PÉnRO.
Allons, c'est un ve'ritable délire! on m'expliquera peut-être ce mystère.