‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 120 sur 232 · CÉCILE, ARMAND · texte numérisé non relu

CÉCILE, ARMAND

CECILE , à part , en le regardant.

Oli ! mon Dieu , quel gros soupir !... pauvre garçon , son embarras me touche.

Elle rit.

ARMAND , a part.

Comment enf.imer la conversation? {ffaut.) Il est bien mallienrciix que tn ultiiioisoUe Dorval soit brouiile'e avec Monsieur vo're pèie.... cela vous prive du plaisir de vivre avec elle.

CECIÎ.E.

Oli I nous savons nous arranger pour cire presque toujours ensemble, nous nous aimons beaucoup.

ARMAND

Cet attachement est d'autant plus naturel que je ne connais pas de leirime plus aimable.

CECILE

Elle vaut mieux que moi , n'est-il pas vrai ?

ARMAÎND.

Je ne dis pas cela, Madame !

Non , mais vous le pensez , et vous l'avez dit et répète' il n'y «pas une heure.

ARMAND

IVLdame, pouvez- vous croire?

CÉCILE

Cela n'est pas étonnant, quand on aime une femme, on déprise toutes les autres

ARMA^D , h part.

Mademoiselle Dorval lui aurait -elle appris...!! Quelle indiscrétion I

CÉCILE

An surplus , Monsicor , je ne puis m'empêcher de lover votre choix : vous n'aimez pas les tètes éventées j il vous faut «Je la ma-

ttirile, et pour etia je convieiis q'ie les tantes sont prefëiabics aux nièces.

ARMAND

Daignez m'expiiquer celle e'iii^me.

CECILE

Il n'y a point d'énigme. {Elle l'i/nife. ) Ma tante est une personne Lien timide, bien modeste , bim iiinocenlc ; vous biûl(Z pour elle , elle s'eiiflamrae aussi pour vous , je suis sa confidente. ARMAND, avec feu.

Quoi! je serais assez heureux?... Ah! ne m'abusez pas!

CÉCILE, ^aiment.

Mais ce que vous ignorez, <;'est que ma chère tante, quoique beaucoup plus âge'e que moi, ne fait rien sans me consulter; elle suit mes conseils, et vous ne rèponserez qu'autant que j'y consentirai ; c'est mol qui suis sou mentor.

ARMAND , riant.

Vraiment !

CÉCILE

Ne riez point; tâchez plutôt d'obtenir mon consentement ; faitesmoi la cour pour que je vous m,irie avec elle. ARMAND, fiant.

Je me croirai heureux d'avoir votie agrément.

CÉCILE

Ah!... à la bonne heure, je vous promets d'y penser. Je devrais pourtant vous en vouloir pour les jolies choses que vous lui avez dites de moi.

ARMAND

Ail ! Madame, e'pargrcz-moi, je suis loin de croire...!

CÉCILE

Allons, je vous fais grâce; d'ailleurs, pour un oncle, je vou5 trouve fort bien , et je m'amuse d'avance du respect qu'il faudra que j'aie pour vous.

ARMAND , souriant.

Du respect! je vous en dispense.

CÉCILE

Non, vraimfnt, je suis péuéirc'e de mes devoirs! [Elle lai fait une grande révérence.) Et je vous prie, mon cher Oncle, dt m'accorder votie bienveillance.

Elle rit.

ARMAND , vivement.

Âb ! c'est la vôtre dont j'ai le plus grand besoin!... Vous connaissiez mes sfntnnents pour votre aimable tante, daigncï la d'icider à me douu&i' sa main...

CECILE, rla7it.

Eh! maïs... pourquoi pas? raon rô!e deviendrait assez piquanL

ARMAND

Pardonnez , mais si je pouvais la revoir... pendant l'absence de M. votre père; elle est je crois dans cet appartement ( il le lui montre ) , et vous êtes si bonne...!

CÉCILE

Trop bonne en veVite! Resttz ici , je vais la faire venir; d'honneur, je mets à tout ceci le même intérêt que si c'était mon affaire personnelle!

ARMAND

Oh! vous êtes charmante ! '

ce'cile.

Charmante! prenez garde, vous volez cela à ma tante.

Elle sort.

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