‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 187 sur 232 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

FRONTIN , seul

Maîtra du château ! . . Ma foi une belle propriété !. . Madame est absente... monsieur est parti... [Se frottant les mains ). Je me doute à peu-près pour quel motif.. En conscience, il était temps ! Ma place de valet de chambre ne me rapportait presque plus rien... et j'avais déjà demandé celle d'intendant , mais heureusement cela s'annonce bien... Et cette petite Denise qui n'arrive pas!... A ce battement de cœur précipité, on ne se douterait guère que c'est ma femme que j'attends. ( regardant autour de lui ). Ma femme !.. Ah ! mon dieu , si mon maître savait que je suis marié malgré ses ordres... ce serait fait

de ma fortune. .. Est-ce étonnant, moi, qni dans ma vie, n'avait

jamais en de goût pour le mariage... Depuis le jour où mon

maître me Ta défendu... impossible de résister.

Air : De Julie.

M'al<!;ré son ordre et mes justes allarmes ,

J'^ n'ai pu vaincre iia fatal ascenlant;

Ce qu'on défend a toujours tant <le charmeô. . .

Nous sommes tous enLns d'Adam!. ..

Moi je le sui; , et dieu sait c rarne ,

Au point que si l'on m'ordonnait

D'être fripon. . . cela seul suffirait

Pour que je devinsse honnête homme.

Par bonheur , je suis seul aujoui'd'hui , j'ai mou château et mes gens... Je peux recevoir Denise chez moi et lui donner une certaine idée de la considération dont jouit son mari... Cette petite fille , qui n'est jamais sortie de son village , ne se doute pas de ce que c'est qu'un valet de chambre!.. ( On frappe en dehors). Voilà le signal... C'est Denise. ( Il va ouvrir la petite porte ) .

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